Intervention de Jean Marc Durand au CN du PCF du 15 mars
L’exacerbation de la crise internationale, c’est-à-dire des relations entre peuples et nations et particulièrement des rapports du « monde occidental » au « Grand Sud », correspond en fait à l’approfondissement de la crise du système capitaliste qui, dans sa phase d’accélération, cherche à se frayer un chemin, à trouver des issues pour maintenir la domination de son modèle : politique, économique, monétaire et militaire.
Et cette domination est intimement liée à celle du Dollar. Un dollar dont le rôle et l’hégémonie sont particulièrement ébranlés par la montée en puissance des BRICS mais aussi par la déstabilisation qu’engendrent les énormes déficits américains, commercial et budgétaire. Tout le comportement, tous les agissements de Trump sont à analyser et à comprendre à l’aune de cette réalité.
Que dire dans ce contexte du choix de l’Union Européenne et de Macron en particulier, de pousser au développement d'une économie de guerre, qui malgré les coups de mentons, est une réponse aux vœux de Trump appelant l’UE à devenir la béquille de l’OTAN en Europe et en cela, à prendre le relais du financement militaire qu’assume les USA.
Mais à économie de guerre correspond propagande de guerre et donc de désigner un ennemi. Et cet ennemi ce serait la Russie… Il s’agit en effet de faire accepter, au prétexte d’un conflit prochain, les pires régressions sociales (temps de travail, protection sociale, services publics, emplois, salaires…).
D’abord nous devons souligner que pour nous, le seul objectif, notre objectif invariable est la paix et qu’à partir de là nous n’avons pas d’ennemi pas plus Russe qu’Ukrainien, Américain ou Chinois… Et cela veut dire, pas de force européenne d’interposition aux futures frontières entre la Russie et l’Ukraine mais laisser ce rôle à l’ONU avec ses casques bleus.
Pour autant notre choix pour la paix et celui d’être toujours capable de parler à tout le monde, ne doivent pas nous empêcher de penser à nos moyens de défense nationale, d’une défense opérationnelle dont la conscription peut faire partie ainsi que certainement de nouvelles dépenses tant pour les hommes que pour le matériel.
Ce qui signifie que nous devons agir pour mobiliser les fonds nécessaires, notamment en exigeant une nouvelle politique monétaire de la BCE et en instaurant une nouvelle fiscalité. Car il ne s’agit surtout pas d’opposer ou d’instrumentaliser les besoins d’adaptation de l’industrie de l’armement au détriment des capacités industrielles existantes et de leur développement. Plus que jamais l’enjeu est à une nouvelle industrialisation à partir de critères sociaux et environnementaux afin de répondre aux besoins des populations ce qui peut passer parfois par un mixte civil et militaire des travaux de recherche et de développement qui en un certain nombre de domaines peut s’avérer efficace. Un des enjeux cruciaux est d’assurer à la France, une réelle souveraineté industrielle ce qui passe par exemple par sauver Vencorex, Arcelor et d’autres…
Notre campagne emploi-formation dans les services publics et l’industrie doit nous permettre d’avancer en cette direction, de faire monter la prise de conscience à l’appui des luttes et pour les impulser, l’installation de nouveaux rapports économiques, sociaux et démocratiques, libérant les Hommes et les territoires de l’exploitation et de la domination capitalistes.
C’est sur ce fond que les conditions de l’arrivée d’une gauche crédible de transformation seront réunies, ce qui sera en même temps le meilleur rempart à la marche guerrière des Macron et Consorts.
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