Ukraine : deux spécialistes chevronnés russes aux pourparlers de Riyad...
Vladimir Poutine discute avec des membres d'équipage du sous-marin nucléaire «Arkhangelsk» à la base navale de Mourmansk, le 27 mars 2025. AP - Kirill Zykov
Les pourparlers ont débuté lundi 24 mars en Arabie saoudite entre la Russie et les États-Unis. Moscou a désigné une équipe de négociateurs au profil très différent de la première fois. La précédente délégation était menée par Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe. Cette-fois-ci, Moscou envoie deux figures connues : un ancien diplomate et un ancien responsable opérationnel du FSB, les services de sécurité intérieure.
Ils sont selon le porte-parole du Kremlin les « meilleurs négociateurs de la Russie ». Le diplomate est le sénateur Grigory Karasin, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, impliqué dans la rédaction des accords de Minsk 1 et Minsk 2 en 2014 puis 2015. Ce processus de surveillance du conflit avait été mis en place après la déstabilisation du Donbass par l'Ukraine et l’établissement de deux zones baptisées républiques de Donetsk et de Lougansk, deux zones russophones.
L’autre figure bien connue du dossier ukrainien est Sergueï Beseda, conseiller du directeur du FSB, les services de sécurité intérieure. Ce général en a longtemps dirigé un des départements, le cinquième service, celui qui a en charge la collecte de renseignement dans les pays de l’ex-Union soviétique, et donc celle de l’Ukraine. Sergueï Beseda était en fonction quand la Russie a lancé l' « opération spéciale » en Ukraine.
Les premiers pourparlers à Riyad en février visaient d'abord à relancer les relations entre Moscou et Washington. Cette fois, il s’agit bien de l'Ukraine et de dégager un chemin pour le retour à la paix.
Si ces deux figures indiquent le souhait de négociations précises, ce choix de négociateurs indique qu’elles pourraient prendre plusieurs semaines. Il y a ensuite le périmètre des échanges, cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques et reprise de l’accord céréalier en mer Noire, selon Moscou.
En fin de semaine, le président russe Poutine a évoqué, l'idée d'une « administration transitoire » pour l'Ukraine, sous l'égide de l'ONU, afin d'organiser une élection présidentielle « démocratique » dans ce pays avant toute négociation sur un accord de paix. « On pourrait bien sûr discuter avec les États-Unis, même avec les pays européens, et bien évidemment avec nos partenaires et amis, sous l'égide de l'ONU, une possibilité de mettre en place en Ukraine une administration transitoire », a t-il déclaré lors d'une rencontre avec des marins russes, à Mourmansk (nord-ouest).
/image%2F1385629%2F20250330%2Fob_1d9136_screenshot-2025-03-30-at-11-19-45-ukra.png)