« 60 ans de crise du capitalisme monopoliste d’État, où on est-on ? »

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

« 60 ans de crise du capitalisme monopoliste d’État, où on est-on ? »

 

Une journée intense de réflexions et de dialogues, samedi 24 mai. À l’invitation de la Fondation Gabriel Péri et de la revue Économie&Politique, cette journée venait conclure un cycle de cinq séminaires consacrés à la recherche d’un « nouveau paradigme » par un système capitaliste dont le krach de 2008, et les troubles qui l’ont suivi, ont montré qu’il est loin d’avoir surmonté sa crise systémique.

 

Après l’ouverture des débats par Guillaume Roubaud-Quashie, président de la fondation Gabriel Péri et Denis Durand, codirecteur d’Économie&Politique, la séance du matin a été consacrée à la façon dont l’actualité la plus récente remet ces questions à l’ordre du jour.

 

  • Vincent Vicard, directeur adjoint du Centre d’Études Prospectives et d’Informations internationales (CEPII), a montré en quoi la guerre commerciale de Trump entraîne des changements probablement irréversibles dans la structuration de l’économie mondiale, tout en conservant une certaine continuité avec les efforts déployés, dès les précédentes administrations démocrates, pour raffermir l’hégémonie contestée des États-Unis. 

 

  • Évelyne Ternant, membre du comité exécutif du PCF, a mis ces événements en perspective avec la mise en cause possible de l’« exorbitant privilège » du dollar et avec le besoin d’une nouvelle mondialisation de coopération dont l’avènement exigerait que l’Union européenne, aujourd’hui vulnérable, rompe avec sa soumission à l’impérialisme américain. 

 

  • Par contraste, Dominique Bari, ancienne correspondante de L’Humanité à Pékin, a mis en évidence les ressorts du succès avec lequel la Chine s’oppose, jusqu’à présent, aux agressions de Trump, tout en affrontant les contradictions de son propre développement.

 

L’après-midi, Frédéric Boccara, membre du comité exécutif national du PCF, Sandrine Michel, professeur à l’université de Montpellier, Marie-Claire Cailletaud, vice-présidente de la Fondation Gabriel Péri, Stéphanie Gwizdak, syndicaliste dans le groupe Thales et Luiz Awazu, ancien directeur général adjoint de la Banque des Règlements internationaux, ont travaillé à discerner plus précisément les ressorts profonds de la crise.

 

Les troubles récurrents de la sphère économique et financière s’expliquent par un excès structurel de capital accumulé, au regard des profits qu’il est possible d’extraire du travail humain, dans l’état actuel des techniques et des normes sociales. Mais cette explication annonce-t-elle un effondrement inéluctable, ou plutôt un pourrissement durable ? 

 

Quelles formes prend la « Sainte-Alliance » entre l’État et le capital, constitutive de ce qu’on a appelé le capitalisme monopoliste d’État social, en une époque de politiques néolibérales où les multinationales ne sauraient néanmoins se passer d’aides publiques massives ? Quelles leçons tirer des nombreux signes qui confirment que l’exploitation du travail est au cœur de la crise écologique ? Comment interpréter les évolutions récentes de la productivité apparente du travail ? Les salariés mis sous pression par la mondialisation capitaliste, mais aussi mis en communication entre eux à l’échelle mondiale par la révolution informationnelle, ne peuvent-ils pas y inventer de nouveaux modes d’action syndicale répondant à une aspiration grandissante à l’exercice de nouveaux pouvoirs dans la cité et dans l’entreprise ?

 

Autant de domaines d’étude à approfondir dans de prochaines rencontres, dont Alain Obadia, président d’honneur de la Fondation Gabriel Péri, a esquissé en conclusion un programme possible.

 

L’enregistrement de la journée sera prochainement disponible sur le site de la Fondation Gabriel Péri (https://gabrielperi.fr/seance/60-ans-de-crise-du-capitalisme/) et Économie&Politique (https://www.economie-et-politique.org/) rendra compte de ces échanges.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article