BRICS : La Chine lance officiellement un plan révolutionnaire pour promouvoir son propre système de paiement

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

BRICS : La Chine lance officiellement un plan révolutionnaire pour promouvoir son propre système de paiement

 

La Chine, via les BRICS, trace une nouvelle route financière mondiale.

 

Au cœur de Shanghai, la Chine active son levier géopolitique le plus audacieux depuis des décennies. En lançant officiellement une nouvelle phase du Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), Pékin s’attaque frontalement à la domination du réseau SWIFT, pilier des échanges bancaires mondiaux libellés en dollar.

 

Ce système, soutenu par la Banque populaire de Chine, a déjà convaincu 1 300 établissements bancaires répartis dans 110 pays. Bien plus qu’un simple canal de paiement, CIPS incarne une volonté d’émancipation. Pour la Chine, il ne s’agit plus d’ajuster les règles du jeu : elle veut changer de terrain.

 

Pourquoi Shanghai ? La ville concentre depuis plusieurs années les expériences les plus audacieuses en matière financière. Zones franches, innovations réglementaires, connexion aux marchés émergents… Le choix ne relève ni du hasard, ni du symbole : c’est un signal.

 

 

L’axe BRICS attire les économies fatiguées du dollar

 

À mesure que CIPS s’étend, les pays émergents réorganisent leurs priorités monétaires. Les grandes entreprises chinoises actives à l’international y trouvent un avantage immédiat : plus besoin de convertir leurs revenus en dollar, ni de s’exposer aux banques américaines. Les règlements en yuan deviennent directs, rapides, et politiquement plus stables.

 

La dynamique est particulièrement visible dans le cadre de la Belt and Road Initiative, vaste stratégie d’investissement chinois en Afrique, Asie centrale ou au Moyen-Orient. Des contrats jadis bloqués par des exigences de financement en dollar s’opèrent désormais en yuan, sous supervision bilatérale ou via le réseau CIPS.

 

Du côté des BRICS, le discours s’aligne : l’indépendance financière devient l’axe stratégique commun. Le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, et même l’Arabie saoudite – historiquement alignée avec Washington – commencent à envisager des transactions pétrolières hors du dollar.

 

 

Entre audace chinoise et fragilité du yuan

 

Malgré cette poussée, le yuan reste un acteur secondaire dans les réserves mondiales, avec environ 3 % des avoirs internationaux, contre près de 60 % pour le dollar. Pourtant, les signaux convergent : chaque mois, de nouvelles institutions rejoignent le réseau CIPS, réduisant leur exposition au système occidental.

 

Cette lente mais ferme montée en puissance est soutenue par une stratégie de séduction ciblée. Pékin promet aux partenaires BRICS des coûts réduits, une infrastructure monétaire autonome et une alternative à la pression du Trésor américain.

 

Les limites restent bien réelles. L’internationalisation du yuan se heurte à des contrôles de capitaux internes, une politique monétaire opaque, et une volatilité encore jugée excessive par les grandes banques centrales. Mais l’élan est enclenché.

 

Quelles conséquences pour les entreprises européennes ?

 

 

La mise en concurrence directe de CIPS avec SWIFT crée un environnement multipolaire où les entreprises n’ont plus le luxe de rester neutres. Moins de frais lors des transactions avec l’Asie ? Probable. Mais une gestion plus complexe des taux de change et des incertitudes réglementaires s’ajoute au tableau.

 

Pour les sociétés exportatrices ou implantées dans des zones BRICS, le yuan devient une variable stratégique. Adapter ses flux, diversifier ses devises, négocier de nouveaux accords bancaires : tout devient matière à reconfiguration.

 

Les autorités monétaires occidentales, de leur côté, suivent de près cette évolution. Car derrière CIPS se dessine une architecture financière où le dollar n’est plus central. Et ce n’est pas de la théorie : plusieurs pays membres des BRICS ont déjà acté des paiements croisés en monnaie nationale, sans conversion en devise américaine.

 

Le chantier est lancé, et la Chine n’a pas besoin de renverser l’ordre existant pour l’affaiblir. En construisant un système parallèle solide, elle oblige chaque acteur à repenser ses circuits. Et pendant que les puissances traditionnelles débattent, le yuan circule déjà – en silence, mais sûrement.

 

Sources BDOR

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