Le métro de Lyon : un colosse aux pieds d'argile

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Le métro de Lyon : un colosse aux pieds d'argile

 

L'arrivée de la RATP pour gérer le métro lyonnais, n’aura donc pas changé grand-chose aux pannes soudaines et aux galères vécues par les usagers

 

Des pannes à répétition 

 

Depuis le début d’année, pannes et incidents ont repris et dans une ampleur notable lorsqu’à 3 semaines d’intervalles, par deux fois, les lignes se sont retrouvées hors circuit. Un black-out survenu à des moments cruciaux avec la rencontre de foot entre l'O.L et Manchester et le matin de la rentrée scolaire du 5 mai. De quoi douter de l’état du métro lyonnais et renforcer la grogne des usagers. 

 

Pourtant, la régularité des métros lyonnais demeure satisfaisante. Elle était située au-delà des 99 % pour les lignes A, C et D en 2024, et à 98,4 % pour la B, un peu meilleure qu’aux premiers jours de l’automatisation. 

 

Sur 235 millions de voyages effectués en une année, la très grande majorité se fait donc sans problème. De même, le dispositif de substitution mis en place en cas de panne, donc le lien entre les bus gérés par Keolis et le métro géré par la RATP, est opérationnel lors de ces incidents. 

 

La fréquentation du réseau TCL reste élevée 

 

Pour le reste, force est de constater plusieurs défauts : une communication minimaliste en cas de panne et la persistance d’un problème électrique structurel pouvant abattre le réseau comme un château de cartes. Déjà en 2022, la Métropole promettait d’y remédier de manière durable, confrontée à une série noire et aux pannes répétées de ses lignes. La fragilité demeure… Si l’on ajoute l’interruption d’un nombre important d’escalators et d’ascenseurs, on pourrait douter de l’efficacité du métro, jusque-là l’un des plus performants d’Europe.

 

À ce jour encore, la fréquentation du réseau TCL n’en pâtit pas. L’année dernière, elle a même progressé de 6,6 %, addition d’une tendance de fond et des efforts entrepris pour favoriser les transports publics. 

 

Le métro lyonnais est à la croisée des chemins entre des infrastructures vieillissantes et une volonté politique d’en augmenter la capacité. La métropole l’avait prévu, en préférant consacrer d’importantes ressources (1,7 milliard d'€ d'ici 2035) à la modernisation plutôt qu’à la création d’une nouvelle ligne vers l’ouest. Et pour un objectif élevé : atteindre 99,5 % de régularité. 

 

C’est l’une des conditions pour faire baisser l'usage de la voiture. Car en cas d’instabilité chronique du réseau, il ne faudrait pas longtemps pour que la grogne des usagers voire leur colère, fasse regretter des investissements massifs engagés pour l'avenir.

 

Sources : La Tribune de Lyon

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