Les Républicains de Retailleau s'opposent fermement à la proportionnelle !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Retailleau et Wauqiez doivent rencontrer F. Bayrou lundi prochain pour débattre de la proposition dans le cadre de consultations ouvertes par Matignon avec les chefs de partis. © Jumeau Alexis/ABACA

Retailleau et Wauqiez doivent rencontrer F. Bayrou lundi prochain pour débattre de la proposition dans le cadre de consultations ouvertes par Matignon avec les chefs de partis. © Jumeau Alexis/ABACA

 

Les Républicains, lors de leur bureau politique du mercredi 28 mai, ont voté à l’unanimité contre l’instauration du scrutin proportionnel aux élections législatives que défend pourtant le 1er ministre, Bayrou. Un nouveau point de rupture au sein du « socle commun » depuis l’élection de Retailleau à la tête du parti de droite.

 

Fraîchement élu à la tête des Républicains, Retailleau a réuni son premier bureau politique mercredi 28 mai. Et la toute première décision prise est loin d’être anodine. Le parti de droite a affirmé vouloir tout faire pour empêcher une possible instauration du scrutin proportionnel aux élections législatives, voulue par le 1er ministre, Bayrou. « Les Républicains se lanceront de toutes leurs forces dans cette bataille », ont-ils déclaré dans un communiqué.

 

Opposition à la proportionnelle

 

De quoi alimenter de nouveau les sujets de division au sein du « socle commun » au gouvernement, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau affirmant une position radicalement différente du 1er ministre sur le sujet. Ces derniers doivent se rencontrer lundi prochain pour débattre de la proposition dans le cadre de consultations ouvertes par Matignon avec l’ensemble des chefs de partis. Le Vendéen qui estime être « le ministre de l’intérieur le plus libre de la Ve République », sera accompagné du patron des députés LR, Laurent Wauquiez, et celui des sénateurs, Mathieu Darnaux.

 

Selon Retailleau, « le scrutin proportionnel est le plus sûr moyen de pérenniser l’absence de majorité » qui bloque à ses yeux la démocratie parlementaire. « Parce que nous sommes gaullistes, nous nous opposons au retour du régime des partis, et à la politique politicienne qu’elle implique », ajoute sa formation. Une ferme opposition à la réforme de François Bayrou, qui vient bousculer la coalition gouvernementale.

 

Point de rupture

 

La percée de Retailleau dans les sondages d’opinion irrite les macronistes, qui craignent de voir tourner l’actuelle coalition à leur désavantage. D’autant plus que Sophie Primas, porte-parole du gouvernement et proche de Retailleau, a récemment annoncé que « le Macronisme trouvera sa fin dans les mois qui viennent », ce qui a suscité l’ire du camp présidentiel.

 

Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, en a rajouté une couche : « Après Emmanuel Macron, il n’y aura plus de macronisme ». « Certainement pas. Ni maintenant, ni dans quelques mois, ni dans deux ans », lui a répondu la ministre de l’Égalité entre les hommes et les femmes, Aurore Bergé. 

 

LR et macronistes sont ainsi alliés au sein du gouvernement et en compétition pour 2027. Une fois Macron retiré, les Républicains entendent récupérer son espace politique, qui s’est sans cesse étendu au détriment de la droite.

 

« On a la désagréable impression, depuis quelques jours, d’être le paillasson des LR », observe d’ailleurs un député macroniste, qui appelle à réagir. Mais la méthode de Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, divise parmi les siens. L’ancien premier ministre a choisi de surenchérir à droite, en proposant d’interdire le voile dans l’espace public aux jeunes filles de moins de 15 ans, suggestion qu’il condamnait encore deux ans auparavant, et qui lui vaut les critiques… de son propre camp.

 

Julie Debray-Wendeling  Emma Meulenyser  Article publié dans l'Humanité

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