Ukraine : Poutine propose des pourparlers directs entre russes et ukrainiens !
La Russie après une démonstration diplomatique le 9 mai, avec une trentaine de pays, dont la Chine, le Brésil et plusieurs figures du Sud global, présents aux festivités de la célébration de la victoire sur le nazisme à l’occasion du 80e anniversaire de la capitulation de l’Allemagne hitlérienne, a affiché des signes de bonne volonté, ce 11 mai, pour mettre un terme au conflit en annonçant qu’elle serait prête à des « discussions directes » avec Kiev. C'est totalement nouveau et ouvre une porte à l'espoir et à la paix.
Le président russe, Vladimir Poutine, a proposé que ces pourparlers aient lieu à partir du 15 mai à Istanbul, en Turquie. Selon lui, cet effort diplomatique viserait à « éliminer les causes profondes du conflit » et à permettre « de parvenir à la restauration d’une paix durable à long terme ». Il se réfère aux premières négociations en direct – déjà entamées en Turquie en 2022 –, mais qui ont échoué, tout en précisant que celles-ci ne comporteraient « aucune condition préalable » pour Kiev.
Cette proposition russe a été accueillie plutôt favorablement par les autorités ukrainiennes. « C’est un bon signe que les Russes envisagent enfin de mettre fin à la guerre », a déclaré Zelensky, en ajoutant que le monde entier « attendait cela depuis très longtemps. ». Mais il a aussitôt mis des obstacles en proposant un cessez-le-feu de 30 jours. Proposition à laquelle Vladimir Poutine s’est montré peu réceptif, repoussant l’éventualité d’un arrêt des hostilités après le démarrage des pourparlers d’Istanbul. Il a précisé : « Nous n'excluons pas qu'au cours de ces négociations, il soit possible de se mettre d'accord sur de nouveaux cessez-le-feu », a-t-il ajouté, rappelant que Kiev avait violé à de multiples reprises de précédentes trêves ou moratoires sur les frappes sur les installations énergétiques.
Les "va t'en guerre" font grise mine et cherchent à bloquer la porte qui s'ouvre pour la paix, ainsi Macron a fait savoir qu’il n’appréciait guère le délai que propose la Russie. Il estime que les négociations « directes » proposées par Moscou sont « un premier mouvement mais pas suffisant », précisant qu’un « cessez-le-feu inconditionnel » ne saurait être « précédé de négociations ». Selon lui, l’initiative russe serait l’illustration que Poutine « cherche une voie, mais qu’il y a toujours chez lui la volonté de gagner du temps ». Il a fait passer son message à Zelensky en martelant qu’il « fallait tenir bon avec les Américains », pour dire que le cessez-le-feu est inconditionnel et qu’après, seulement, « on peut discuter du reste ». Peu après, le chancelier allemand Merz a également estimé que la proposition russe de négocier directement avec l'Ukraine est « un bon signe » mais est « loin d'être suffisante ».
La réponse rapide et expresse de Macron est symptomatique de la coalition des perdants qui veulent la poursuite de la guerre. Cela ne surprend guère. Macron s'est érigé en Seigneur de guerre en Europe .
En fin de journée dimanche, Donald Trump a, lui, mis les pieds dans le plat. Dans son dernier message posté sur son réseau Truth Social, il a fortement incité l’Ukraine «à accepter IMMEDIATEMENT» d’aller en Turquie. «Au moins ils seront capables de déterminer si un deal est possible et sinon les leaders européens et les Etats-Unis sauront à quoi s’en tenir et pourront agir en conséquence.» Et de conclure en lettres capitales : «FAITES CETTE RENCONTRE !!!» Coupant l’herbe sous les pieds aux Européens occidentaux et accordant le bénéfice du doute à Poutine.
Le président russe a reproché aux Européens de traiter la Russie « de manière grossière et à l'aide d'ultimatums » et a estimé que l'instauration d'une trêve devrait s'inscrire dans des discussions « directes » avec Kiev. « La Russie est prête à des négociations sans aucune condition préalable (....). précisant qu'il s'entretiendrait dans les heures qui viennent avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier, en contact régulier avec son homologue russe, a plusieurs fois proposé d'accueillir des pourparlers de paix.
Erdogan a estimé qu'un « tournant historique avait été atteint dans les efforts en vue de mettre fin au conflit entre l'Ukraine et la Russie, que cette opportunité devait être saisie et que la Turquie est prête à apporter tous les soutiens possible, y compris en accueillant les négociations, afin de parvenir à un cessez-le-feu et à une paix durable ».
Les cartes ont été rebattues par l'élection de Donald Trump, qui a entamé un rapprochement avec Poutine. Le Kremlin a décrété unilatéralement une trêve de trois jours pour les commémorations des 80 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie, qui s'est achevée dans la nuit de samedi à dimanche.
De son côté, le pape Léon XIV a lancé un appel aux grandes puissances du monde afin qu’il n’y ait "plus de guerre", dans son premier message dominical adressé aux fidèles sur la place Saint-Pierre depuis son élection comme souverain pontife.
A suivre
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