Droits de douane : la colère de la classe politique française...

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Droits de douane : la colère de la classe politique française...

 

Du 1er ministre Bayrou aux oppositions (RN-PS-LFI-PCF, la classe politique française redoute et dénonce l'accord entre l'Union européenne et Trump.

 

« C'est le plus grand accord commercial jamais conclu », s'est félicitée Ursula von der Leyen, au terme des négociations avec Trump. En France, pourtant, cet accord, qui instaure des droits de douane de 15 % sur les produits « made in UE » exportés outre-Atlantique, fait l'unanimité contre lui dans la classe politique.

 

Cacophonie au sein de l'exécutif !

 

Alors que Macron, n'avait pas encore réagi ce lundi, le 1er ministre Bayrou a déploré "un jour sombre"pour les 27 pays de l'UE, dont l'exécutif a accepté « la soumission » aux diktats du président américain. Par contre, deux ministres sont plus nuancés. L'accord apportera « une stabilité temporaire aux acteurs économiques » mais « il est déséquilibré », estime Haddad qui préconise d'approfondir le marché intérieur de l'UE « encore trop éclaté » ou de revoir certaines règles de concurrence « obsolètes ». Le deal trouvé a « le mérite d'exister » et est « important » pour les exportations françaises, constate Saint-Martin. L'UE a bien dû consentir à « quelques concessions » mais « aucune des lignes rouges » réglementaires ou normatives n'a été franchie. Et en cas de non-respect, les 27 sont tout à fait « en capacité de riposter du jour au lendemain », rassure le ministre. Quant à Lombard, il a déclaré que « cet accord n'est pas complet. Il y a une base, c'est 15 %, et des exemptions qui ne sont pas encore toutes détaillées », avant de poursuivre : « le travail continue » car « l'accord n'est pas finalisé et nous veillerons à ce qu'il soit amélioré ».

 

Mais chez les macronistes certains condamnent l'accord. La députée européenne Valérie Hayer en retient une leçon : l'UE reste « un nain politique ». Elle s'inquiète notamment des « délocalisations » induites par « l'asymétrie de l'accord ». Roland Lescure alerte sur « un danger vital pour nos entreprises ». Et regrette que l'UE ait « perdu la guerre commerciale avant même d'oser la mener ». Eût-elle été « âpre », elle aurait évité « la soumission face aux intimidations nauséabondes de Donald Trump ». L'ancien ministre de l'Industrie préconise de « réagir immédiatement » avec la règle anti-coercition qui vise les Gafam.

 

Les oppositions sont furieuses ! Saisir le parlement français et censurer von der Leyen ?

 

Si l'exécutif est prêt à accepter cet accord, les oppositions sont furieuses. Pour l'extrême droite, l'accord est « un fiasco » et la faillite « de la bureaucratie bruxelloise » C'est « une capitulation en rase campagne pour l'industrie française, et pour notre souveraineté énergétique et militaire » où « les agriculteurs français ont été sacrifiés sur l'autel des industries d'outre-Rhin ».

 

Pour la gauche, la « catastrophe » est aussi écologique, puisque les Européens se sont engagés à acheter pour 750 milliards de dollars d'hydrocarbures aux Etats-Unis, souligne Eric Coquerel.  

 

La stabilité avancée par certains ministres ne serait qu'un mirage : « C'est cher payer une probable, hypothétique, et de moins en moins au fur et à mesure des heures qui vont s'écouler, stabilité », estime l'eurodéputée PS Claire Fita « Si on veut une Europe puissante, il faut qu'elle soit en capacité de répondre à une autre puissance. Le cercle de renoncements est potentiellement enclenché… Donc c'est une vraie déception et une inquiétude pour l'avenir », regrette l'élue socialiste.

 

Stéphane Peu, président du groupe GDR (communistes) à l'Assemblée, s'est exprimé pour dénoncer fermement "Cet accord est une honte et une capitulation. Le parlement français doit être saisi. La France ne doit pas ratifier cet accord de soumission de l'UE aux USA !" 

 

De Villepin dans un long article va dans le même sens (voir article sur ce blog) en dénonçant la capitulation de Bruxelles qui a sacrifié les intérêts vitaux des peuples européens et a renoncé à se battre contre Trump alors qu'elle en avait les moyens. Il propose d'activer la règle anti-coercition.

 

Raphaël Glucksmann aussi a réagi : « L'Europe pourrait être forte si elle était portée par des dirigeants courageux, assumant le rapport de force - y compris avec les Etats-Unis - pour défendre nos intérêts stratégiques. ». François Ruffin interpelle le 1er ministre en vidéo pour lui demander d'intervenir. « Refusez cet accord ! »« Ne faites pas comme si vous étiez seulement un influenceur sur Twitter » car « il en va de quelque chose qui relève aussi de la fierté et de la dignité ».

 

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