Il était une fois le veilleur de pierre de Lyon...
Le 27 juillet 1944, cinq hommes : Albert Chambonnet, Gilbert Dru, Léon Pfeffer, René Bernard et Francis Chirat sont fusillés par la Gestapo sur la place Bellecour.
En novembre 1942, les Allemands entrent de force dans Lyon pour occuper de nouveau la ville (après une première courte occupation en 1940). La Gestapo s’installe avenue Berthelot, et Klaus Barbie, chef de la section IV de la Sipo-SD (chargée de la répression politique et raciale) fait régner la terreur. La résistance lyonnaise devient de plus en plus active.
Durant l’été 1944, la nouvelle de la progression des alliés incite les résistants à multiplier leurs actions. Le 26 juillet 1944, ils fabriquent et déposent une bombe artisanale devant le Café du moulin à vent, à l’angle de la rue Gasparin et de la place Bellecour, un lieu très fréquenté par les officiers allemands et les membres de la Gestapo.
L’attentat de la place Bellecour
Bien que personne n’ait été blessé, cet acte provoque la colère des occupants. Pour punir et soumettre à nouveau la population, 27 soldats allemands sélectionnent cinq hommes détenus à la prison de Montluc pour des faits de résistance et les fusillent en plein jour sur la place Bellecour au milieu des passants, effarés. Les corps sont laissés là, exposés, en guise de mise en garde.
Le 3 septembre 1944, un peu plus d’un mois après cet acte de barbarie, la ville de Lyon est libérée. Il est impensable pour les Lyonnais de ne pas rendre hommage à ses sacrifiés. L’idée d’installer un mémorial vient rapidement. En 1947, le lieu est choisi ainsi que l’artiste qui réalisera le monument : Georges Salendre accompagné de l’architecte Louis Thomas.
Une statue pour ne pas oublier
Ce n’est que quatre ans plus tard, le 4 septembre 1948, que le Veilleur de pierre est inauguré à l’endroit même ou les cinq héros : Albert Chambonnet, Gilbert Dru, Léon Pfeffer, René Bernard et Francis Chirat ont été exécutés.
Cette statue de 4 mètres représente un homme nu tenant un écu orné de la croix de Lorraine, emblème de la Résistance et du général de Gaulle, et un bonnet phrygien. Sa posture droite exprime le courage. Ce monument incarne le dévouement des résistants de la région lyonnaise, elle est la mémoire des massacres commis à Lyon et dans ses environs.
En plus d’être un mémorial de la seconde guerre mondiale, cette œuvre est un rappel des valeurs de la République, que tant d’hommes et de femmes ont défendues au péril de leur vie.
La phrase « Passant va dire au monde qu’ils sont morts pour la Liberté » présente sur la statue en est l’illustration parfaite.
Timothée Branche Article publié par a Tribune de Lyon
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