La semaine passée : du capitalocène à l'abominable Retailleau... Par Patrick Le Hyaric
Une semaine de : Chaleurs et capitalocène, l’impérium et ses périphéries soumises, conclave ou l’arête dans la gorge des gouvernants, l’abominable monsieur Retailleau.
Capitalocène ; chaleurs et orages
Il ne suffira pas d’agiter devant son visage en sueur des éventails pour se rafraîchir. Il faudra enfin un grand projet mondial permettant de freiner puis d’arrêter le réchauffement climatique. Nos terres, nos corps, les arbres, les herbes et les céréales sont comme les maisons désormais violemment secouées par les vents, les cascades d’eau et les sécheresses. Il faudra éteindre les incendies, mais aussi le capitalocène qui brûle tout sur son passage. Le mouvement devra être aussi puissant que les cyclones. Le mouvement devra être surpuissant, quant aux États-Unis, très menacés par les modifications climatiques, le pouvoir de Trump vient de décider d’abattre 24 millions d’hectares de Forêts jusqu’ici protégées. Le ministre de l'Agriculture de ce pays a ainsi justifié la décision : « Nous nous débarrassons d’un obstacle absurde à une gestion de bon sens de nos ressources naturelles » Toujours ce « bon sens » fait politique… Ultra droitière.
L’impérium et ses périphéries obéissantes.
Pendant ce temps, les dirigeants européens – à l’exception du Premier ministre Espagnol Pedro Sanchez - s’agenouillaient de grande soumission devant celui qui veut être l’empereur général au sommet de l’OTAN. Ils se sont vite exécutés dans sa pressante demande d’augmenter les budgets militaires à hauteur de 5 % des richesses produites.
Autrement dit, 5 % de la valeur des richesses produites dans chaque pays sera orientée vers les œuvres de mort. C’est la construction de l’empire avec son siège à Washington et des périphéries qui obéissent servilement.
Pendant ce temps, les Ukrainiens sont matraqués de bombes russes, Gaza crie famine, le Liban et L’Iran n’ont rien pour faire cesser les pluies de bombes, les braises couvent dans tout le Moyen –Orient. Une guerre sans fin Israélo-américaine contre La Palestine et pour nourrir le projet du Grand Moyen –Orient.
Conclave ou l’arête dans la gorge des pouvoirs.
Alimenter la guerre et le militarisme ambiant appelle de la part du grand capital qui s’en repait la guerre sociale contre les travailleuses et travailleurs. Bayrou et sa clique, déjantée, sont là pour cela. Ils avaient inventé avec l’aide du Parti socialiste et le Rassemblement national un « conclave ». Depuis, les cardinaux ont eu le temps d’élire un nouveau pape à Rome, mais à Paris, le conclave n’a pas abrogé la contre-réforme des retraites malgré la poursuite d’un dialogue inutile entre les représentants du grand capital et une partie des syndicats dits » réformistes ». Même ainsi, cela ne marche pas. Pour une raison simple : cette contreréforme devient le grand marqueur de choix de classe contre les travailleuses et les travailleurs, leurs corps qui s’usent, la fatigue qui les tenailles, les maladies professionnelles qui surgissent, pendant que les profits du grand capital sont abondés par de plus en plus d’aides publiques alors que la surexploitation du travail ne faiblit pas.
Cette contreréforme reste une arête dans la gorge des gouvernants et des puissances d’argent. Avoir voulu les sauver dans une unité parlementaire nationale en dehors des parlementaires communistes et insoumis en refusant la censure il y a plusieurs mois fut une lourde faute du point de vue des travailleurs. Il conviendra d’aider à en tirer les conséquences.
L’abominable Monsieur Retailleau.
Ce pouvoir ne cesse de monter dans les tours de l’inversion des sens et du confusionnisme en haut de laquelle est assis le RN/FN. Voici qu’ils se sont permis de travestir, de retourner le sens de la date du 18 juin.
Traditionnellement associée au refus de l’occupation, au refus de la collaboration, au refus de l’effacement incarnée par l’appel du Général de Gaulle le chef du parti hérité de celui de De Gaulle, ministre de l’intérieur de son Etat a lancé le 18 juin 2025 une sale opération nationale de contrôle dans les gares et trains. Étaient prioritairement visé les personnes sans papiers, en transit, survivant souvent de guerres et de massacres.
On a assisté ce jour-là dans une banalité médiatique à faire vomir à une stratégie du guet-apens, à un quadrillage militaro-bureaucratique à la recherche de visages indésirables. Que ceci puisse avoir lieu au cœur de notre système ferroviaire, organisateur des déplacements et des flux rappelle le pire. Le voyage ne serait donc plus un besoin de vie, mais une menace, un lieu de soupçon.
Déjà insupportable cette rafle organisée un 18 juin est d’un cynisme glacial. Le sinistre ministre de l'Intérieur d’État, formé par le vicomte Devillers qui trône à C-News et au Journal du Dimanche inverse les symboles de la résistance pour les retourner contre ceux qui, aujourd’hui, fuient les guerres, les persécutions, les famines et la misère organisée.
Le 18 juin fut un appel à l’insoumission Retailleau en fait le jour de l’obéissance totale à l’ordre sécuritaire. Le 18 juin n’est plus la date d’une mémoire partagée, il devient une arme de légitimation, un alibi historique pour une politique de tri. Le 18 juin n’est pas pour ce ministre le jour d’un appel à la libération, de l’universalité des droits, mais celui des contrôles et de la traque.
Le sans-papiers devient un « non-être », un sujet sans statut, donc sans droit. L’étranger devient un danger. L’Etat répressif le cherche partout, l’identifie, le colle contre le mur d’une gare ou d’un métro et le fait disparaitre de notre scène commune.
Il y aurait à dire sur cette funeste journée. Elle en dit beaucoup sur le basculement en cours. Au bout de la gouttière charriant cette eau grisâtre et boueuse, l’extrême droite ouvre son escarcelle et attend qu’elle se remplisse. Nous avons à nous révolter.
Patrick Le Hyaric
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