Loi Duplomb : l'effet boomerang par Julien Brugerolles (député communiste)

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Loi Duplomb : l'effet boomerang par Julien Brugerolles (député communiste)
 
Alors que la pétition demandant l’abrogation de la loi dite « Duplomb » vient de dépasser les 1,3 millions de signataires sur le site de l’Assemblée nationale, (1767000 ce mercredi) les initiateurs et soutiens de ce texte font face à un inévitable effet boomerang.
 
 
Car en plus des enjeux majeurs en matière de santé humaine et de protection de la biodiversité que soulève la réintroduction d’un néonicotinoïde comme l’acétamipride, la façon dont ce texte a été porté et adopté révèle avant tout l’important travail de détournement des principales revendications agricoles qu’a conduit le pouvoir ces derniers mois.
 
 
Comme la bien mal nommée « loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire » promulguée en mars dernier, qui ne comportait ni orientation, ni programmation, la loi « Duplomb » ne contient aucune mesure structurelle, que ce soit pour garantir une juste rémunération des producteurs, pour les protéger de la concurrence internationale ou pour revoir en profondeur notre système de prévention et d’assurance contre les aléas climatiques et les risques sanitaires et environnementaux.
 
 
Ces omissions ne sont pas le fruit du hasard. C’est au contraire le cœur de l’intense travail politique libéral qui consiste à poursuivre l’ajustement structurel de l’agriculture française pour l’aligner sur les exigences du marché et celles des géants transnationaux de l’agrofourniture, de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution.
 
 
Alors que l’heure appelle à une refondation de notre politique agricole commune et à son renforcement, au retour d’outils de régulation des prix et d’organisation des marchés pour sécuriser les revenus de tous les agriculteurs, à l’exclusion du secteur agricole de tous les accords de libre-échange, à la sécurisation de nos productions de qualité par des mesures de protection face aux importations, comment peut-on raisonnablement penser que c’est en dérégulant et en tirant vers le bas nos normes sanitaires et environnementales que nous travaillerons à la durabilité de nos exploitations et à l’installation de centaines de milliers d’agriculteurs dans les décennies à venir ?
 
 
Aussi, comme je l’ai rappelé lors des 5 « généreuses » minutes accordées lors de l’explication de vote sur le texte le 8 juillet dernier (en lien ci-dessous), une telle mobilisation ne peut déboucher sur un nouveau pied de nez du pouvoir.
 
 
Il est plus que temps d’ouvrir en grand le débat sur l’avenir de notre agriculture et sur les moyens et objectifs que nous nous fixons pour assurer notre souveraineté alimentaire (concept clé qui fait l’objet lui-aussi d’un intense travail de détournement idéologique de la part des libéraux ces dernières années voir ➡️https://julienbrugerolles.blogspot.com/2020/10/la-souverainete-alimentaire-est-un.html ) et la transformation agroécologique de nos systèmes agricoles.

Publié dans PCF, Agriculture

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