"Un scandale sanitaire" : l'eau du robinet contaminée aux PFAS dans 16 communes des Ardennes et de la Meuse

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

"Un scandale sanitaire" : l'eau du robinet contaminée aux PFAS dans 16 communes des Ardennes et de la Meuse

 

La consommation de l'eau du robinet est interdite, à partir de jeudi, dans 12 communes des Ardennes et quatre de la Meuse à cause d'un taux très élevé de PFAS. Les mairies doivent rembourser les bouteilles d'eau de leurs habitants à raison de deux litres par jour par personne.

 

Quand l'eau qu'on boit nous empoisonne. Le maire du village de Villy, dans les Ardennes, dénonce un scandale sanitaire. L'eau qui coule au robinet dans sa commune est interdite à la consommation à partir de jeudi 10 juillet, comme dans 13 autres communes des Ardennes et quatre de la Meuse, parce que les taux de PFAS sont largement au dessus de la limite, un record en France. 

 

Ces polluants sont massivement utilisés dans l'industrie pour les antiadhésifs, les vêtements imperméables, les cosmétiques, avec des effets sur la santé, le cholestérol, les cancers et même la fertilité.

 

La préfecture des Ardennes reconnaît des dépassements de façon persistante et très importante, notamment dans le village de Villy. Sur place, les taux de PFAS détectés dans les derniers prélèvements sont 17 fois au-dessus de la limite légale et encore c'est moins que lors des premiers résultats en novembre dernier, soupire le maire de Villy, Richard Philbiche. "C'est la première fois que j'entendais parler de PFAS, polluant éternel. Je crois qu'on part vraiment vers une crise, un scandale sanitaire", dénonce l'élu.

 

La commune rembourse les bouteilles d'eau

 

La mairie de Villy doit ravitailler ses quelques 200 habitants en bouteilles d'eau. "On procède au remboursement de l'eau pour une période de six mois, à deux litres d'eau par personne et par jour", explique Richard Philbiche. "On va devoir sortir 9000 euros. Ça nous fait une charge énorme qui n'était pas prévue", poursuit-il.

 

Richard Philbiche espère trouver une solution avant Noël en se connectant au réseau d'eau potable d'une commune voisine non contaminée. Pour cela, il faut des autorisations préfectorales, des financements et des travaux, qui peuvent coûter, selon certains maires du secteur, de 500 000 à 900 000 euros avec un endettement de leur commune sur des décennies.

 

L'hypothèse des boues d'une papeterie

 

Alors à qui la faute ? Pas de certitudes pour l'instant quant à l'origine de la contamination, seulement une hypothèse. La pollution aux PFAS dans les captages d'eau potable proviendrait d'une papeterie dans la Meuse et, plus précisément, de l'épandage de ces boues dans des parcelles agricoles.

 

"Les PFAS font l'objet d'une recherche active et systématique depuis en fait peu de temps",  explique le secrétaire général de la préfecture des Ardennes, Joël Dubreuil. "Les plans d'épandage dont il est question, s'il s'agit bien de cette papeterie, une nouvelle fois c'est une hypothèse d'école, ce sont des plans d'épandage qui datent de plus de 10 ans, où donc la recherche de ce type de produit n'était pas systématique, voire pas du tout réalisée", précise-t-il.

 

Au total, près de 3 000 habitants des Ardennes ont interdiction de boire l'eau du robinet. Cette situation devrait durer plusieurs mois. Cette eau peut tout de même être utilisée pour se doucher. La loi sur les polluants éternels votée cette année prévoit d'inclure les PFAS dans le contrôle sanitaire des eaux potables.

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