2 millions et 101769 signatures contre la loi Duplomb. La mobilisation se poursuit !
Loi Duplomb : la pétition qui chasse le bourdon, en route vers le record* !
+ 2 101 769 de citoyens français considèrent désormais qu’il faut tout faire pour éviter cette loi, plutôt qu’attendre pour constater les dégâts […] Même en période estivale, la mobilisation continue… Impressionnant !
*La pétition la plus signée étant « l’affaire du siècle » avec 2,3 Millions contre l’inaction climatique de l’Etat français.
Et pendant ce temps : La macronie est prise de malaise face à un tel rejet d'une loi qu'elle soutient ! Un malaise qui s’intensifie dans la majorité présidentielle, déjà divisée lors du vote pour la loi Duplomb. Gabriel Attal, Agnès Pannier-Runacher... livrent un exercice d’équilibriste alors que la colère et la mobilisation des Français continuent.
Silencieux, tout un weekend, sur le succès retentissant de la pétition contre la loi Duplomb qui en est désormais à 2 101 769 signatures, on pensait que le camp présidentiel était parti en vacances après le sale boulot de Bayrou quant au budget 2026. Ce silence trahit l’embarras d’une majorité très divisée sur la loi Duplomb : 64 députés Renaissance ont voté pour le texte le 8 juillet, 14 contre et 10 se sont abstenus.
Ils ont été pris de court par la mobilisation citoyenne contre le texte qui réintroduit trois pesticides interdits dont l’acétamipride, facilite la construction de mégabassines et favorise l’élevage industriel. Sous pression et groggy, ils se sont enfin réveillés lundi 21 juillet. Interrogée, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a tenté de calmer le jeu. « Le gouvernement écoute bien sûr les mouvements démocratiques comme celui qui s’exprime aujourd’hui, a-t-elle dit. Peut-être n’avons-nous pas assez expliqué, peut-être n’avons-nous pas assez rassuré. » Gabriel Attal a tenu une conférence de presse pour présenter une « nouvelle donne économique et climatique pour la France ». En dénonçant « la grande régression climatique que certains veulent nous imposer, y compris au sein même du gouvernement » alors même qu’il a voté... pour la loi Duplomb.
L’appel à l’Anses, « une entourloupe » des macronistes
Attal doit tenir compte du succès de la pétition mais sans remettre en cause un texte néfaste pour la santé et l’environnement. « Mon souhait, c’est que ce débat puisse être orienté avant tout par la science. L’Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire] doit pouvoir, à la demande du gouvernement je l’espère, produire un avis » qui servirait de « boussole », a-t-il tenté de se dédouaner. Même argumentaire chez Agnès Pannier-Runacher qui soutient l’idée « de faire appel » à l’Anses. « La science n’a pas vocation à se substituer au politique, mais elle peut utilement l’éclairer », a-t-elle souligné. D’abord on vote, et ensuite on demande l’avis des scientifiques face à la contestation populaire ? Cherchez l’erreur.
Cette stratégie n’est qu’« une entourloupe », a réagi la députée Delphine Batho. « En commission des Affaires économiques, les députés Renaissance ont voté contre nos amendements de repli proposant un avis préalable de l’Anses. Pire, à la place, la loi Duplomb instaure un mécanisme destiné à empêcher l’Anses de prononcer l’interdiction de pesticides dangereux, cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, PFAS. »
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, soutien sans faille de la loi Duplomb, a, elle, indiqué que le gouvernement était « pleinement disponible » pour un débat à l’Assemblée nationale sur le texte.
Attente de l’avis du Conseil constitutionnel
Et Macron ? Alors que les forces de gauche l’ont exhorté à ne pas promulguer la loi Duplomb, il est resté muet sur le sujet. Il devrait le rester au moins jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel, selon son entourage. Saisi par les députés écologistes, insoumis et communistes le 11 juillet puis par les socialistes quatre jours plus tard, le Conseil Constitutionnel a un mois pour se prononcer.
Dans l’hypothèse où le Conseil constitutionnel donnerait son feu vert à la loi Duplomb, « Emmanuel Macron a la possibilité de surseoir à la promulgation et demander au Parlement une deuxième délibération de la loi ou de certains de ses articles avec l’accord du Premier ministre, comme le permet l’article 10 de la Constitution », explique Daniel Boy, spécialiste en écologie politique.
Pour ce directeur de recherches émérite à Sciences Po, Macron est dans une situation délicate : « En permettant une nouvelle délibération au Parlement, le chef de l’État montrerait qu’il a entendu la contestation d’une partie des Français et cela ne changerait pas grand-chose sur le fond, la loi Duplomb serait à nouveau votée. » D’un autre côté, « décider d’une nouvelle délibération au Parlement risquerait de faire exploser la majorité gouvernementale avec Les Républicains, fervents défenseurs du texte ».
Daniel Boy ne croit pas que Macron prenne le risque de déclencher une crise gouvernementale au sujet de la loi Duplomb. « Il a d’autres batailles à mener comme le vote du budget en septembre pour lequel il a besoin du soutien des Républicains », poursuit-il. D’autant plus qu’il ne s’aventurera pas à dissoudre l’Assemblée nationale, « personne n’a intérêt à une nouvelle dissolution ».
Il est clair que c'est encore le rapport des forces qui décidera de l'avenir de cette loi. D'où le besoin d'amplifier la signature de la pétition qui est un bon point d'appui à la fois pour le rejet de la loi Duplomb et pour le rejet du plan de super austérité Macron-Bayrou !
La pétition officielle 👉 https://lnkd.in/eVB3cNG7
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