Aides aux entreprises et le boom de fortunes des milliardaires, voilà une partie des recettes nécessaires pour combler le déficit sans austérité !
Voici deux graphiques qui illustrent bien qu'il est possible de réduire le déficit budgétaire sans austérité comme veulent l'imposer Macron et le gouvernement Bayrou !
6000 euros par minute, c'est le montant des aides publiques sans condition aux entreprises, consenti par l'Etat selon le rapport de la commission d'enquête du Sénat dont Fabien Gay est le rapporteur. Par comparaison, selon le 1er ministre l'endettement de la France serait de 5000 € par minute. Ci-dessous, l'évolution des aides publiques aux entreprises comparée à celle des aides sociales et du PIB depuis 2005.
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Second graphique l'évolution de la part du patrimoine des 500 grosses fortunes françaises dans le PIB de 1996 à 2022 selon ATTAC. Cette part est passée de 20% en 2017 à 45% en 2022 ! C'est énorme et justifie amplement que ces ultra-riches contribuent d'avantage aux recettes de l'Etat comme le demandent 7 prix Nobel.
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Ces deux données ne sont qu'une partie des éléments clé de l'état des lieux indispensable à une appréciation honnête et transparente de la situation budgétaire et économique de notre pays. Une autre donnée importante est le montant payé par la France au titre du remboursement des intérêts de la dette. Aujourd’hui, la dette totale de la France est de 3 345 milliards d’euros, soit 114 % du PIB.
A ce titre, en 2025 la France va devoir rembourser quelques 62 milliards d’euros d’intérêts aux marchés financiers, soit un montant quasiment équivalent à celui du budget de l’éducation nationale. Enfin, les déclarations de Macron concernant le budget de la Défense voulant le porter à 64 milliards en 2027 avec dès 2026 une augmentation de 3,5 milliards par rapport à la dépense déjà programmée, donnent d’emblée le ton quant à l’orientation principale que prendront les dépenses nouvelles.
Assurer aux marchés financiers et aux investisseurs un taux de rentabilité optimal, suppose de mettre de plus en plus les deniers et l’action de l’État à leur service en allégeant sans relâche les dépenses publiques et sociales (salaires, santé, services publics) pour accroître la part de valeur ajoutée destinée au capital, et de soumettre aux critères de gestion capitaliste l’organisation et le fonctionnement des missions publiques.
L'enjeu est de sortir de la spirale du déclin en extirpant la France du cycle mortifère : déficit-dette-déficit. pour cela il faut rompre avec la logique actuelle et agir pour des mesures qui nourrissent une croissance saine prenant sa source dans une logique de développement vertueuse.
Il s’agit de réorienter tout de suite les aides aux entreprises (211 milliards d’euros), cela à partir de critères sociaux (salaires, emplois) et environnementaux (lutte contre le C02) sous le contrôle démocratique des salariés. Il s’agit d’en finir avec leur utilisation contre les salariés et les qualifications et d’affecter une partie de leur montant au soutien du développement effectif des entreprises à partir de critères de gestion écologiques et humains. Cet argent permettrait de bonifier jusqu’à ramener à 0 % les taux d’intérêts des emprunts bancaires des entreprises à condition que ceux-ci soient affectés à des investissements permettant le développement de l’emploi, de la formation, des salaires et de productions décarbonées.
Il faut une profonde réforme de la fiscalité pour accompagner et soutenir l’ensemble de ce processus. Elle passe en priorité par une réforme de la fiscalité des entreprises avec un impôt sur les sociétés universel (tous les revenus des entreprises y serait uniformément soumis), progressif (taille des entreprises) et incitatif à l’utilisation de leurs bénéfices pour des investissements porteurs d’emplois, de formation, de bons salaires et de recherche. Un nouvel impôt territorial calculé sur le capital immobilier, matériel et financier des entreprises doit également être établi. Il leur permettrait de promouvoir une gestion allant dans le sens d’une économie en capital et de conforter leur ancrage territorial.
Il convient de rétablir un ISF intégrant dans sa base de calcul l’ensemble des biens professionnels et proposant un nouvel ordonnancement de sa progressivité.
Enfin, il y a besoin de reconstruire un impôt sur le revenu universel taxant les revenus de la rente et du capital au moins comme ceux du travail, sinon plus, et de réviser les droits de successions (leur mode de calcul : situation économique du bénéficiaire et leur progressivité). Il s’agit par l’ensemble de ces réformes d’engager une refonte structurelle de la politique fiscale avec pour objectif le recul du poids des impôts proportionnels et régressifs comme la TVA profondément injustes, et la montée en puissance des impôts progressifs.
Il est nécessaire d’aller vers une extinction progressive de la CSG au fur et à mesure qu’une réforme du financement de la protection sociale par les cotisations deviendrait opérationnelle, ce qui signifie d’en finir avec tout projet de fusion entre l’IR et la CSG.
C’est à ces conditions que sera évitée une entrée en récession de notre pays mais, au-delà, qu’une relance réelle de la croissance à partir de critères d’efficacité sociale et écologique pourra voir durablement le jour.