Bayrou refuse d'entendre les Français et joue sa survie en proposant le vote de confiance des députés !
Bayrou, 1er ministre a tenu une conférence de presse en forme de « grande explication » avant une rentrée qui voit les Français se mobiliser fortement.
Depuis l'annonce de 44 milliards d'économies via de nombreuses mesures - année blanche fiscale, gel des pensions et prestations sociales, suppression de deux jours fériés - casse des Services Publics, Bayrou faisait face à la menace de la censure, aux mobilisations syndicales en cours et à l'appel à "bloquer le pays le 10 septembre", né sur les réseaux sociaux soutenus par les partis de gauche et par une grosse majorité de Français.
François Bayrou va solliciter un vote de confiance le 8 septembre, avant le début de l'examen du budget. « J'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement », déclare-t-il. Ce vote s'appuiera une « déclaration de politique générale » qui posera la question centrale : « savoir s'il y a gravité du danger, s'il y a urgence ou pas, et choisir la route pour réduire le déficit en produisant plus et en dépensant moins. Ce sera le choix de l'effort et de l'indépendance ».
« Chacun va être placé devant ses responsabilités », justifie François Bayrou. Pour lui, « le gouvernement va prendre les siennes ». « Le Parlement aura le 8 septembre, la décision entre ses mains ».
En grande difficulté, avec l'accord de Macron, il va convoquer le Parlement en session extraordinaire le 8 septembre. A l'issue d'un discours de politique générale se tiendra un vote de confiance. Si une majorité de députés vote contre, le gouvernement sera renversé.
Un vote de confiance est beaucoup plus difficile à obtenir pour un gouvernement que d'éviter une motion de censure. En vertu de l'article 49.1 de la Constitution, la confiance peut être en effet refusée au gouvernement à la majorité simple, alors qu'une motion de censure ne peut être adoptée qu'à la majorité absolue des députés composant l'Assemblée nationale, les absents étant par ailleurs automatiquement comptabilisés comme étant contre le vote.
Pour obtenir ce vote de confiance, François Bayrou devra rallier de nombreux votes du côté des oppositions, ce qui semble très peu probable à ce stade. Dès la fin du discours, le Parti Communiste, le Parti Socialiste, les Ecologistes et la France Insoumise ont annoncé ne pas vouloir voter la confiance au gouvernement Bayrou le 8 septembre, tout comme le Rassemblement national et Eric Ciotti.
- Le Parti Communiste ne votera pas la confiance. « Comment accorder sa confiance à une majorité qui a un tel bilan, qui a fait tant de mal depuis 2017 ?, fustige Fabien Roussel. Nous voulons un pacte d'avenir pour la France. Nous voulons un autre gouvernement. »
- François Ruffin, député de la Somme, a également réagi et annoncé : « Nous refuserons évidemment la confiance à François Bayrou. »
- Marine Tondelier. Les Ecologistes « n'ont pas confiance dans ce Premier ministre qui porte un projet irresponsable aussi bien socialement qu'environnementalement. Nous voterons contre », a-t-elle ajouté.
- Les socialistes ne comptent pas accorder la confiance. « Pas surpris le moins du monde par cette démission déguisée du Premier ministre au 8 septembre, a déclaré Philippe Brun, député PS. Ce plan budgétaire irréaliste n'avait qu'un seul but : permettre à François Bayrou de quitter le pouvoir la tête haute. A nous désormais d'écrire la suite dans l'intérêt du pays. »
- Manuel Bompard a déclaré "Le Premier ministre annonce un vote de confiance le 8 septembre. Désormais, chacun est au pied du mur et doit prendre position clairement. Les parlementaires insoumis voteront le 8 septembre pour faire tomber le gouvernement".
- Pour Eric Ciotti de l'Union des Droites pour la République (UDR), « il est naturellement inenvisageable d'accorder la confiance à un gouvernement et une majorité macroniste qui ont conduit depuis tant d'années la France sur le chemin de la faillite. »
- Jordan Bardella a annoncé « Jamais le RN ne votera la confiance à un gouvernement dont les choix font souffrir le peuple français. » Il a été suivi de Marine Le Pen : "Nous voterons évidemment contre la confiance au gouvernement Bayrou..."
Bayrou a débuté sa conférence de presse par : « J'ai souhaité cette communication de rentrée à un moment préoccupant et donc décisif de l'Histoire de notre pays ». Avant d'ajouter : « Ce moment impose une clarification. ».
Il a ensuite tenté de créer un climat de peur voire de panique tant chez les Français que chez les parlementaires. Sur la situation économique et financière de la France comme sur les mobilisations, notamment le 10 septembre et les initiatives que vont prendre les syndicats, il espère avec le vote de confiance le 8 septembre, peser sur le 10 septembre et déplacer le débat sur le terrain économique et politique.
Pour cela, il a alerté sur le « risque de surendettement » de la France. « Sur les deux dernières décennies, malgré la succession de gouvernements différents, la dette s'est accrue de 2.000 milliards d'euros ». Il a affirmé que « le gouvernement se battra » face à la dette, mais demande une « prise de conscience des Français ». « Ne débattre que des mesures, c'est oublier la nécessite du plan ensemble, sa nécessité et son urgence. » Selon lui, la discussion sur les mesures viendra « dans un deuxième temps ». Il a affirmé que les plus favorisés seront amenés à « prendre leur juste part de l'effort national ». Pour lui, les Français « accepteront de prendre part à l'effort, à condition que cet effort soit juste ». « s'il n'y a pas d'accord possible, je considère que l'action est impossible, inatteignable ».
Mais comme toujours, il a refusé d'expliquer les causes premières de cet endettement provenant des multiples et lourds cadeaux faits par Macron au capital et aux riches depuis 2027 qui provoquent les déficits budgétaires et donc l'endettement du pays, aggravé chaque année par 211 milliards d'aides publiques aux entreprises (les plus grosses) sans aucune condition et qui ont pour raison d'être d'alimenter les profits et les dividendes des grands groupes !
Toujours au chapitre des peurs, il a ajouté : « Nous ne nous en sortirons pas » sans agir. François Bayrou a comparé la situation de la France à celle d'une famille ou d'une entreprise devant de l'argent à des prêteurs, ce qui, pour un Etat, correspond à « être soumis militairement ». Il a aussi déclaré que depuis 20 ans, « chaque heure de chaque jour et de chaque nuit, la dette a augmenté de 12 millions d'euros supplémentaires » et « la dépendance de la France à la dette est devenue chronique ». et il a précisé que « la charge de la dette va devenir cette année le budget le plus important de la nation », plus importante que le budget de l'éducation ou le budget des armées.
Bercy lance des discussions dès cette semaine pour obtenir le soutien du socle commun (Renaissance, Modem, Horizons, UDI, LR) au projet de budget 2026, avant d'engager en septembre des négociations plus risquées avec l'opposition, notamment avec le PS, dont le soutien est indispensable pour éviter la censure. Mais plusieurs points de friction divisent la majorité, comme la suppression de jours fériés ou certaines hausses d'impôts.
Et cela dans un climat social explosif. Le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre prend de l'ampleur et l'intersyndicale va initier ses propres mobilisations courant septembre ou début octobre pour peser sur le débat budgétaire et pour exiger un changement de politique. Outre le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, né sur les réseaux sociaux, plusieurs initiatives sont lancées par les syndicats. Le secteur de l'énergie fera grève le 2 septembre ; les taxis, le 5 ; les cheminots, le 10 ; et les pharmaciens, le 18, puis tous les samedis. Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pourrait annoncer une mobilisation prochainement.
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