Netanyahou persiste à vouloir occuper toute la bande de Gaza
Des char israéliens, dans le nord de la bande de Gaza, le 5 août. La veille, au moins 87 personnes ont été tuées selon le ministère de la Santé du territoire © Jack GUEZ / AFP)
Depuis plusieurs jours, le premier ministre israélien et son équipe d’extrême droite préparent l’opinion publique. Ils parlent de conquérir l’ensemble du territoire palestinien. Netanyahou a tenu le 5 août, une réunion de sécurité sur la prochaine phase de la guerre. L'armée lui a présenté "les options pour la poursuite des opérations à Gaza".
Lors d'une visite sur une base militaire, Netanyahou a annoncé : « Il est nécessaire de vaincre totalement l'ennemi à Gaza, de libérer tous nos otages et de s'assurer que Gaza ne constituera plus une menace pour Israël. Nous n'abandonnons aucune de ces missions. » L'armée préparerait une nouvelle escalade des opérations dans le territoire palestinien, avec au moins une extension des combats dans « les zones où des otages pourraient être détenus ». Pour certains médias israéliens, « Benyamin Netanyahou veut que l'armée israélienne conquière toute la bande de Gaza ».
L'ONU fustige le plan de Netanyahou et réaffirme le droit international
Les Nations unies ont dénoncé ce plan du 1er ministre israélien et a mis en garde contre les « conséquences catastrophiques » de celui-ci. Ce 5 août, à l'occasion d'une réunion d'urgence de son Conseil de sécurité, l'Organisation des Nations unies (ONU) a fustigé le projet d'occupation de l'intégralité du territoire palestinien voulu par le 1er ministre israélien. C'est le sous-secrétaire général pour l'Europe, l'Asie centrale et les Amériques au Département des affaires politiques Miroslav Jenča qui a pris la parole. Il a notamment rappelé : « Le droit international est clair à cet égard, Gaza est et doit rester une partie intégrante d'un futur État palestinien. »
Dans un communiqué, il a souligné reconnaître la « profonde douleur et les épreuves endurées par les familles et les proches » des otages israéliens et s'est fait l'écho « de la condamnation par le Secrétaire général des violences persistantes à Gaza », notamment « des tirs, des meurtres et des blessures infligées à des personnes tentant de se procurer de la nourriture pour leurs familles ».
Il a fustigé la restriction de l'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne par Israël. Et de conclure : « Il n'existe qu'une seule voie pour mettre fin aux violences et à la catastrophe humanitaire qui perdurent à Gaza : un cessez-le-feu total et permanent […] Il n'existe pas de solution militaire au conflit de Gaza ni au conflit israélo-palestinien dans son ensemble. »
Mettre fin « aux actes génocidaires » à Gaza
L'ONU n'a pas été la seule à réagir à cette nouvelle escalade israélienne dans le conflit. Le ministre sud-africain des Affaires étrangères Ronald Lamola a de son côté appelé « le plus de pays possible » à faire pression sur Israël pour mettre fin « aux actes génocidaires » à Gaza. « Nous nous félicitons de l'intention de la France, du Canada et d'autres pays dans le monde de reconnaître » l'État de Palestine. « Cela permet d'accroître la pression pour l'obtention d'un cessez-le-feu », a-t-il ajouté.
550 responsables militaires et maîtres-espions israéliens font appel à Trump
Le combat contre Netanyahou et sa politique de guerre permanente est également combattue en Israël même, dans des conditions parfois très difficile. Il faut alors imaginer l’impact que produit l’appel lancé, dans la nuit du 3 au 4 août, par 550 anciens responsables militaires* et maîtres-espions, à Donald Trump.
« Au nom du mouvement des « Commandants pour la sécurité d’Israël » (CIS), le plus grand groupe israélien d’anciens généraux de l’armée, Mossad, Shin Bet, police et corps diplomatiques équivalents, nous vous exhortons à mettre fin à la guerre à Gaza. Vous l’avez fait au Liban. Il est temps de le faire à Gaza également. » Ils proposent pour mettre fin à la guerre :
- conclure un accord avec le Hamas pour la libération en une seule phase des otages israéliens, seule manière selon eux de récupérer la vingtaine de leurs concitoyens toujours arbitrairement détenus par le mouvement islamiste;
- se retirer du « périmètre de sécurité », les 75 % de territoires territoires occupés par l'armée israélienne à Gaza.
Les signataires estiment que l’armée israélienne « a depuis longtemps atteint les deux objectifs qui pouvaient être réalisés par la force : démanteler les formations militaires et le gouvernement du Hamas », estiment les membres du CIS. « Le troisième, et le plus important, ne peut être atteint que par un accord : ramener tous les otages chez eux. »
D'après ces anciens militaires, cette guerre « n'est plus une guerre juste », et la poursuite du conflit sert désormais des « objectifs messianiques et extrémistes » promus par une « minorité qui contrôle la politique » du gouvernement israélien.
Cette déclaration est intervenue alors qu’Israël est à la croisée des chemins. De plus en plus d’ONG israéliennes (B’Tselem, Physicians for Human Rights) parlent maintenant de génocide en cours à Gaza. C’est le cas également d’un écrivain aussi réputé que David Grossman. De leur côté, les familles des otages retenus dans le territoire palestinien et les Israéliens en faveur de la paix et dont le nombre augmente, réclament un cessez-le-feu avec le Hamas pour obtenir la libération des derniers captifs enlevés.
Ces différences d’appréciation et mobilisations, aussi bien que les possibles stratégies, ne remettent toutefois pas encore en cause ce qui est l’objectif de Netanyahou et ses alliés d’extrême droite : occuper l’ensemble des territoires palestiniens, c’est-à-dire la Cisjordanie, Jérusalem-est et la bande de Gaza. Quitte à ce que les deux millions de Gazaouis restent enfermés dans un vaste camp comme cela a été présenté par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, ou « choisissent » de partir s’installer dans un autre pays.
Sources : l'Humanité - l'ONU et le site : https://en.cis.org.il
* Qui sont ces 550 militaires et espions israéliens.
Les commandants de la sécurité (CEI) sont un mouvement de plus de 550 colonels et généraux des FDI à la retraite ainsi que des membres du Mossad, du Shin Bet (sécurité intérieure), de la police, des NSC et des membres du corps diplomatique.
La CEI a choisi de réserver l’adhésion à des fonctionnaires à la retraite des quatre derniers rangs, car ce n’est qu’aux échelons les plus élevés de l’établissement de sécurité et du service diplomatique auxquels l’on est exposé – et acquiert de l’expérience dans le traitement – des dimensions stratégiques des défis de sécurité nationale d’Israel.
La CEI s’enorgueillit du fait que nos membres sont tous des volontaires qui ne cherchent aucune récompense au-delà de la connaissance qu’ils mettent leur expérience et leur expertise au service de l’avenir de notre pays pour les générations futures.
Notre mission : Nos membres se sont engagés à garantir l’avenir d’Israël en tant que lieu solide et démocratique du peuple juif. La CEI considère la séparation des Palestiniens, conduisant à une solution à deux États, comme une condition essentielle pour un avenir sûr et est convaincue que la poursuite de la baisse vers un État unique compromet cette vision et doit être inversée.
/image%2F1385629%2F20250806%2Fob_4a75b8_p10-gaza-mer.jpg)