Face au plan Bayrou, la colère qui monte et s'exprime doit être entendue ! Agissons !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

 

Après avoir agité le chiffon rouge de la suppression de deux jours de congés, les médias dominants se sont emparé du mot d'ordre "Le 10 septembre; On bloque tout" lancé par des militants citoyens sur les réseaux sociaux pour tenter de la freiner et au mieux de la dévoyer de ses objectifs initiaux voire la pourrir. 

 

C'est leur façon de traduire les mobilisations provoquées par le plan d'austérité de Bayrou annoncé à la mi-juillet que Macron, qui fait l'objet d'un rejet grandissant, vient de porter secours au 1er ministre en approuvant les graves mesures envisagées.

 

Aux Universités d'été qui se tiennent actuellement à gauche, les leaders politique ont appelé aux mobilisations sociales dès cette rentrée contre le plan Bayrou et surtout pour les revendications notamment l'augmentation des salaires, l'emploi, les services publics, l'industrie et pour une autre utilisation de l'argent dans les entreprises, les collectivités et l'Etat qui chaque jour, abandonne ses prérogatives et les Français.

 

En résumé, c'est ce qu'a dit F. Roussel à Montpellier avec force et détermination devant un millier de militants-es. Il a appelé les communistes à s'inscrire dans toutes les mobilisations notamment celles qui seront décidées le 1er septembre par les organisations syndicales, et aussi le 10 septembre qui jour après jour, s'est inscrit dans le calendrier des luttes.

 

Comme alternative, F. Roussel a dit "Nous mettrons, à la Fête de l'Huma (12-14 septembre), à la disposition des forces de gauche et de tous les Français, une proposition de pacte pour la France", a-t-il exposé. L'objectif ? "Prêter à taux zéro aux collectivités, aux entreprises, à l’État sur la base de critères définis et au service du climat" et des "urgences sociales". Il faut "nationaliser une partie du secteur bancaire".

 

Mélenchon de son côté, a fait de même dans la Drôme. Concernant le 10 septembre, il a insisté sur les conditions à créer pour déboucher sur la grève générale dès le 10 septembre. Une position volontariste mais il reconnaît que la décision relève des seuls syndicats nationalement et qui est du ressort des salariés dans les entreprises. Ce sont eux qui examineront le 1er septembre, les objectifs de lutte et les revendications à mettre en avant en cette rentrée, et les conditions à remplir pour gagner notamment l'unité d'action syndicale. Mélenchon quant à lui, veut faire tomber Bayrou. S'il dénonce les mesures d'austérité de Bayrou, et présente des meures qui s'en prennent aux millionnaires accusés de creuser  le déficit budgétaire de la France. Il ne dit mot sur le capital excepté la taxe sur les profits et la taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches.

 

Ainsi, le 10 septembre est dans le calendrier. Comment s'en saisir non comme une obligation incontournable mais comme pouvant être un moment fort de l'action permettant l'expression des colères accumulées et de la construction d'un contenu social et politique transformateur et émancipateur. Il ne suffit donc pas de "décréter", il faut surtout remplir les conditions pour qu'il soit réussi et marque une étape du mouvement populaire rassemblant syndicats, partis politiques de gauche, mouvement associatif et citoyens. Les communistes sont totalement disponibles pour cette démarche.

 

Le 10 septembre et tout autre jour avant ou après, nos adversaires (patronat- pourvoir politique) compteront le nombre de manifestants dans les rues et ils compteront aussi le nombre d'initiatives et de grévistes. Par expérience, nous savons que 10 millions de grévistes, c'est plus efficace que le million de manifestants nécessaire ! Et bien, ce sont les deux et plus encore qu'il nous faudra pour battre le plan Macron-Bayrou et pour conquérir une autre politique ! Tout ne se règlera pas en une journée aussi importante soit-elle, ayant en tête le mouvement de 1995 ou la lutte pour les retraites ou celle contre le CPE.

 

Chacune et chacun est donc placés devant ses responsabilités. Qu'est ce que je fais personnellement pour que dans mon entreprise, dans mon atelier ou mon bureau je contribue à des arrêts de travail massifs et déterminés pour conquérir de la rallonge, la réduction du temps de travail, des embauches, le retour de la retraite à 60 ans, des mises en formation, la création d'un pôle public financier pour contribuer au financement des services publics, revenir aux principes fondamentaux de la Sécu, des mesures concrètes pour assurer la transition écologique ?

 

C'est la même démarche que l'on doit avoir dans sa ville et ses quartiers, en rajoutant l'augmentation des pensions, le droit au logement, le droit à l'emploi, le refus de l'augmentation du Gaz et de l'électricité, le refus des fermetures de classe ou le droit à la sécurité et à la tranquillité avec un renforcement des agents de proximité dans les quartiers.

 

Des militants peuvent s'interrogent sur la "nébuleuse" qui soutient le 10 septembre d'autant que certains médias en rajoutent en valorisant l'extrême droite soupçonnée de manipuler les citoyens pour mettre le pays à feu et à sang. Mais le refus du racisme et le ciblage des étrangers comme responsables de tous leurs malheurs, est un marqueur des groupes sur les réseaux sociaux, cela explique la prise de distance de  l’extrême droite avec le mouvement. Le député RN Thomas Ménagé a même appelé sur Europe 1 à ne pas « bordéliser le pays ».

 

Depuis, les médias mettent en avant La France Insoumise. Espérant trouver chez Mélenchon un moyen de nuire à la mobilisation. La ficelle de la division est trop grosse ! Car comme l'affirme le dicton populaire : le mouvement populaire n'a besoin ni de chef, ni de prête à penser ni de sauveur suprême, il a surtout besoin d'acteurs déterminés, conscients de ce pourquoi ils agissent, se rassemblent et comment déjouer les pièges de l'adversaire.

 

Le dernier sondage Toluna-Harris interactive pour RTL est de ce point de vue rassurant :

  • 63% des personnes interrogées soutiennent le 10-septembre,
  • 58% pensent qu'il faut "bloquer le pays",
  • 70% souhaitent qu'il y ait des actions contre le budget Bayrou,
  • 68% se disent en faveur d'un censure du gouvernement à l'Assemblée.

Si ce n'est pas un raz de marée, ça peut y ressembler !  Certes, ce n'est qu'un sondage et il serait dangereux d'en faire l'état réel du climat social à quelques jours de la rentrée.

 

On remarquera que les résultats sont contraires à ce qu'affirment en boucle les officiels de la Cour et les médias dominants. Comme quoi les minoritaires ne sont pas forcément ceux qu'on croit. Ce large soutien couvre la quasi-totalité du champ politique. Selon les chiffres, les écologistes seraient les plus favorables au blocage (80 %)

 

L’échantillon de réponses met également en lumière des différences sur la manière de protester contre Bayrou. « 70 % des Français préfèrent les mobilisations « traditionnelles », comme les manifestations, aux "blocages", défendus par 58 % des sondés. 68 % sont favorables à des sanctions institutionnelles, telle que la censure », selon le responsable de l’institut de sondage. Les appartenances sociales des sondés ont aussi été analysées : « les classes populaires sont surreprésentées chez les soutiens, tandis que les catégories supérieures sont surreprésentées chez les opposants du mouvement ».

 

Cela démontre qu'il y a encore beaucoup à faire pour rassembler le salariat, premier visé par le plan Bayrou avec les retraités et les chômeurs. Enfin, « les deux structures (10 septembre et Gilets jaunes) de soutiens ne sont pas nettement différentes », mais la 1ère journée des Gilets Jaunes en 2018 avait 72% d'appuis dans la population, soit 8 % de plus que le blocage du 10 septembre.

 

Cela confirme que rien n'est gagné !

 

Jean Chambon

Publié dans Luttes sociales, PCF, Bayrou

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