Le rejet du plan Bayrou s'amplifie. Un bon signe pour une rentrée sociale offensive !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Le rejet du plan Bayrou s'amplifie. Un bon signe pour une rentrée sociale offensive !

 

Plus de 70% (72 %) estiment que le projet de plan Bayrou du gouvernement est trop lourd à supporter et injuste car ne sollicitant pas les entreprises et les super riches. Les partisans d'une censure du gouvernement se multiplient. Cela annonce une rentrée sociale agitée avec la multiplication des annonces de mobilisations dans les entreprises, les professions et les départements alors que les syndicats ne devraient se rencontrer que le 1er septembre, mais leur pétition a déjà dépassé les 300 000 signatures qui se poursuivent en cette période estivale.

 

Le « moment de vérité » ou Plan Bayrou a provoqué inquiétude et colère. La feuille de route du 1er ministre pour ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB d'ici à 2029, avec une réduction des dépenses publiques de 43,8 milliards dès 2026, ne passe pas ! Quinze jours après l'annonce en fanfare du Plan et malgré l'appui des médias, la réponse est nette : les Français refusent de subir une nouvelle cure d'austérité. Plus de sept Français sur dix (72 %) estiment que « même s'il faut réduire la dette, les efforts demandés sont trop importants », selon un sondage Elabe pour « Les Echos ».

 

Une progression significative du rejet du plan de Bayrou

 

Le sentiment de violence sociale et d'injustice domine dans toutes les catégories professionnelles, dans les centres urbains comme dans les campagnes, chez les hommes comme chez les femmes, qu'ils ou qu'elles soient jeunes ou vieux et quelque soit leur sensibilité politique, il n'y a guère que les électeurs macronistes (Renaissance, Modem, Horizons…) à juger la potion amère de Bayrou « nécessaire ».

 

Ce rejet du plan Bayrou s'est amplifié depuis la mi-juillet : +12 points en 15 jours. « Les Français ont pu voir les informations, se renseigner, en discuter à la machine à café. Et se forger une opinion plus construite », explique Adrien Smid, directeur chez Elabe, il s'agit d'une évolution significative dans un laps de temps aussi court. « Cela n'arrive pas souvent de voir des mouvements aussi forts. » rapporte "Les Echos"

 

Le sondage Elabe Les Echos ne prend en compte que le rejet des mesures concernant la santé. "Celles qui concernent tout le monde sans distinction sont massivement rejetées", analyse Adrien Smid. comme le doublement de la franchise sur les médicaments de 50 à 100 euros (77 % d'opposition) ou le décalage de la prise en charge des arrêts par l'Assurance Maladie au 8e jour (74 % d'opposition).

 

En revanche, si les mesures ciblées sur certaines pratiques sont plutôt approuvées, notamment le renforcement du contrôle des arrêts maladie de longue durée (79 % de personnes « favorables ») ou le moindre remboursement des cures thermales (60 % de personnes « favorables ») cela ne signifie pas un accord global du plan Bayrou qui concerne aussi la question des pensions de retraite, l'assurance chômage, le devenir des services publics déjà à l'os, l'austérité imposée aux collectivités ou la question des recettes fiscales provenant du capital et des super-riches jusqu'alors sujet interdit par Macron.

Et le temps passant, les Français sont davantage convaincus que l'austérité frappera aveuglément. Le sentiment de violence et d'injustice se traduit par la défiance des Français surtout les plus modestes, celles et ceux qui souffrent déjà le plus. Selon Les Echos plus des trois quarts des ouvriers et employés estiment les efforts voulus par Bayrou « trop importants », contre 53 % chez les cadres qui font cette analyse.

 

Les mobilisations sociales et la censure : perspectives de la rentrée ?

 

Les syndicats ne devraient se rencontrer que le 1er septembre pour décider après leur pétition nationale unitaire lancée en juillet et qui a déjà recueilli plus de 300 000 signatures, des formes de la riposte syndicale au plan d'austérité de Bayrou. Déjà FO a lancé un prévis de grève très large et très dynamique en visant une journée de grève et de manifestations, alors que la CGT par la voix de sa secrétaire nationale Sophie Binet a fustigé le plan Bayrou et appelé les salariés à agir dès la rentrée pour une autre logique visant à faire rentrer des recettes affaiblies avec les mesures de Macron depuis 2017 et qui aggravent l'endettement de la France. 

 

Dans certaines professions, comme la Santé, l'Energie, le Commerce ou la Chimie cet appel a été entendu puisque sont annoncés : la journée du 1er octobre dans la santé, le 2 septembre dans l'Energie, le 10 septembre dans le Commerce et la Chimie. Mais aussi dans les départements comme le 29 août dans la Marne, le 9 septembre en Gironde avec les verriers de Vayre, le 4 septembre dans les Deux Sèvres.

 

Simultanément, ont lieu les mobilisations citoyennes et notamment celle qui a "une marche sur Paris" comme objectif, le 10 septembre sur le thème "Indignez-vous". Résister au plan Bayrou et faire grandir les demandes attendues des Français, comme la revalorisation des salaires, du SMIC, des pensions et minima sociaux, l'abrogation de la retraite à 64 ans ou de la loi Duplomb qui a recueilli 2 114 000 signatures à ce jour, le développement des Services Publics et de l'emploi public, etc.

 

Dans les partis de gauche, l'heure est aussi à la mobilisation. Fabien Roussel pour les communistes a donné le ton de la résistance à l'austérité et pour gagner des mesures alternatives qui font payer le capital, les banques et les super-riches épargnés du plan Bayrou. Le PCF appuiera toutes les mobilisations syndicales et citoyennes à la rentrée et avec la perspective d'un rendez-vous de luttes à la Fête de l'Humanité des 12-13 et 14 septembre.

 

La question politique qui tenaille les Français, c'est celle de la censure de la politique de Bayrou. Elle est de fait sur la table. Une question qui va grandir notamment après le succès de la pétition nationale contre la loi Duplomb, et un gouvernement qui continue de faire comme si elle n'existait pas. De quoi révulser les Français et notamment les agriculteurs ! La grande inconnue est le positionnement du RN qui a sauver à plusieurs reprises la peau de Bayrou ? Les mobilisations sociales joueront certainement un rôle déterminant sur la posture du RN.

 

En début d'année, 37 % des sondés se déclaraient favorables à une censure du gouvernement. Depuis, cette proportion n'a cessé d'augmenter. Ces 2 dernières semaines, elle a monté de 8 points. Deux tiers des Français veulent que le Parlement mette fin au bail du Premier ministre.

 

Adrien Smid pour Elabe Les Echos relève en outre un signal fort : « Les électeurs de droite commencent doucement mais sûrement à aller vers la censure. Chez les électeurs LR, 46 % y sont désormais favorables. Ce n'est pas encore une majorité, mais on s'en rapproche. Leur souhait de censure a progressé de 16 points en deux semaines. C'est énorme. »

 

Sources : Les Echos

Publié dans Bayrou, Politique nationale

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