Macron n'a rien compris à la rencontre Trump-Poutine et reste dans une posture guerrière irresponsable !
Comme il en avait pris l'engagement la veille, Trump a rendu compte aux Européens samedi du contenu de ses discussions avec le président russe. Il a fait savoir dans un message qu'il privilégiait désormais un accord de paix permettant de mettre fin à la guerre, sans passer par l'étape d'un cessez-le-feu.
Plutôt que de réfléchir aux actes concrets à faire pour aller dans cette direction, Macron a appelé à maintenir "la pression" sur la Russie tant "qu'une paix solide et durable, respectueuse des droits de l'Ukraine n'a pas été conclue". Il ne pouvait pas faire moins, mais sur le fond, il n'a pas bougé et voudrait voir la Russie capituler soit d'elle-même soit par la guerre. Irresponsable ! Il a même rajouté le couplet ressassé par les médias néolibéraux depuis trois ans, il a jugé "essentiel de tirer toutes les leçons de ces 30 dernières années ".
Macron devait penser aux accords de Minsk qui a vu l'Allemagne, la France et l'Ukraine ne pas respecter leurs propres engagements alors que l'Otan installait de nouvelles bases aux frontières de la Russie, ou au projet d'accord entre l'Ukraine et la Russie du printemps 2022, que le 1er ministre anglais de l'époque Boris Johnson, a fait capoter avec l'accord des Chefs d'Etat de l'U.E et Biden (l'ex-président des USA).
Et bien que nenni ! Macron a oublié ces pages essentielles pour comprendre les causes premières de cette guerre tragique pour les peuples ukrainien et russe qui a fait trop de morts civils et militaires des deux côtés depuis 2014 ! Mais aussi pour les peuples européens victimes des retombées négatives de sanctions décidées à l'encontre de la Russie. Un véritable boomerang pour toute l'Europe !
En lisant jusqu'au bout son communiqué, l'on découvre ceci : " ... en particulier de la propension bien établie de la Russie à ne pas tenir ses propres engagements". Contrairement au climat et à l'esprit constructif et respectueux, de la rencontre entre Trump et Poutine, de tels propos relève de la provocation s'inscrivant dans une logique d'affrontement insupportable d'autant plus que les ukrainiens sont très majoritaires à demander la fin de la guerre !
Macron a tenu à préciser que le "Quarteron"* des pays européens impliqués dans ce conflit, avait poursuivi leurs échanges après leurs discussions avec Trump. Dans son message, il salue également les États-Unis qui contribuent aux garanties de sécurité pour l'Ukraine qui accompagneront un accord de paix. "Nous y travaillerons avec eux et avec tous nos partenaires de la Coalition des volontaires, avec qui nous nous réunirons prochainement à nouveau pour avancer de manière concrète".
Il est regrettable que Macron ne veuille pas se saisir de l'avancée faite par le président Poutine annoncée à la conférence de presse après la rencontre : « Pour que le règlement (du conflit) soit durable et à long terme, toutes les causes profondes de la crise (…) doivent être éliminées », soutenant que « les préoccupations légitimes de la Russie doivent être prises en compte » et qu’un « équilibre équitable doit être rétabli dans le domaine de la sécurité en Europe et dans le monde en général ».
C'est une ouverture à négocier au plan européen voir mondial, un nouvel accord international qui garantisse la sécurité de tous, y compris de la Russie (menacée par l'OTAN) et la paix sur la planète. Macron semble ne pas vouloir la saisir ou ne l'a pas comprise car prisonnier d'une part, de sa volonté de surarmer l'Ukraine voire d'impliquer les pays européens dans le conflit avec des troupes, au prétexte "d'un cessez-le-feu", qui ne pourrait ne pas avoir lieu selon les propos de Trump après son contact*.
Macron est d'autre part, trop prisonnier de son "fanatisme" à voir des "menaces" permanentes de la Russie. Il a dit, rappelons-nous : « La Russie est devenue une menace pour la France et pour l’Europe »; « Strasbourg-l’Ukraine, c’est à peu près 1500 km, ce n’est pas très loin »; « Jamais, sans doute, depuis 1945, la liberté n’avait été si menacée » : depuis plusieurs mois, il donne le ton. Le Chef d’Etat-major des armées a eu la consigne de surenchérir : « Le Kremlin a fait de la France une cible prioritaire » a-t-il assuré, sans que l’on puisse trouver de déclaration de Poutine en ce sens. La revue nationale stratégique 2025, publiée en juillet, a enfoncé le clou : « Nous entrons dans une nouvelle ère, celle d’un risque particulièrement élevé d’une guerre majeure de haute intensité (qui) impliquerait la France et ses alliés, en particulier en Europe, à l’horizon 2030 » !
