Sophie Binet accuse le gouvernement d'agiter la " peur " avant les mouvements sociaux
La CGT a annoncé fin août soutenir l’appel citoyen du 10 septembre, pour dénoncer les restrictions budgétaires.
Le gouvernement tente de rendre « impopulaire » le mouvement du 10 septembre en faisant « peur » aux Français en évoquant des risques de violences, a dénoncé ce dimanche 7 septembre la numéro un de la CGT, Sophie Binet.
« La dernière cartouche qui reste au gouvernement c’est de rendre impopulaires les mobilisations, c’est de faire peur », a commenté la syndicaliste. « Et c’est le discours que va tenter de faire monter monsieur Retailleau en faisant passer celles et ceux qui se mobilisent pour des personnes violentes ».
Retailleau avait notamment estimé le 5 septembre que « la mouvance d’extrême gauche, d’ultra-gauche, aidée par la CGT » allait « être à l’œuvre » et qu’il pouvait y avoir « des actions spectaculaires », compte tenu de leur « radicalité ».
Après s’être d’abord montrée prudente sur un mouvement jugé « nébuleux », la CGT a annoncé fin août son soutien aux mobilisations du 10 septembre, considérées comme une « première étape » pour mobilier contre le projet de budget du gouvernement. Une initiative qui sera suivie de la journée d'action intersyndicale du 18 septembre.
Alors que les appels à la grève se multiplient dans tout le pays pour le 10 septembre de plusieurs syndicats notamment dans les transports, la santé, la métallurgie et les hôpitaux, d’autres actions comme des rassemblements et manifestations auront lieu. Des appels à ne pas utiliser sa carte bancaire ou à ne pas aller faire ses courses circulent également sur les réseaux sociaux et messageries.
Le 1er ministre Bayrou a déclaré ce dimanche que « tous les moyens mobilisables sont mobilisés pour éviter le blocage du pays et les violences » le 10 septembre. « L’État est là pour prendre des précautions en toutes circonstances », a-t-il dit lors d’une interview, la veille d’un vote de confiance à l’Assemblée qui devrait, sauf énorme surprise, faire tomber son gouvernement.
Sophie Binet, qui sera mercredi à l’aciérie menacée de fermeture, Novasco, située à côté de Metz, a également appelé les Français à se mobiliser lors de la journée d’action prévue le 18 septembre par l’ensemble des syndicats. Et ce même en cas de chute du gouvernement lundi, à la suite du vote de confiance des députés, un scénario très probable.
Si ce cas de figure se produit, « ça veut dire qu’on sera en pleines tractations politiciennes pour la formation d’un futur gouvernement », a souligné Sophie Binet, insistant sur la nécessité de se mobiliser pour que « nos exigences sociales et environnementales soient prises en compte pour la constitution de ce gouvernement ». « Il y en a assez des manœuvres politiciennes et des tentatives de passer en force par Emmanuel Macron, dont le seul objectif c’est de maintenir sa politique », a-t-elle ajouté.
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