Gaza : vers la libération des otages israéliens et palestiniens...
Trump a annoncé sur son réseau « qu’Israël et le Hamas ont tous deux accepté la première phase » de son plan pour Gaza, dans le cadre de pourparlers indirects à Charm el-Cheikh, en Égypte », ce que toutes les parties ont ensuite confirmé. Il est rappelé que le plan comporte 20 phases distinctes.
L’Autorité palestinienne salue l’accord et rappelle que Gaza revient l’État de Palestine
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a salué l’accord dans un communiqué : « Nous espérons que ces efforts seront le prélude à une solution politique durable (…) menant à la fin de l’occupation israélienne du territoire de l’État de Palestine et à la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. » L’intéressé a également souligné sa volonté de coopérer avec les médiateurs et les partenaires concernés afin d’assurer le succès de ces efforts. « La souveraineté sur la bande de Gaza revient à l’État de Palestine », a-t-il ajouté. Selon lui, le lien entre la Cisjordanie occupée et Gaza doit se faire via les institutions et lois gouvernementales palestiniennes, sous la direction d’un comité administratif et de forces de sécurité unifiées, dans le cadre d’un seul système légal, avec un appui arabe et international.
Tel Aviv doit permettre l’acheminement des denrées pour faire face à la famine
Tandis que 170 000 tonnes de nourriture, de médicaments, d’abris et d’autres fournitures sont en train d’être préparées par les agences humanitaires à destination des civils gazaouis dans l’enclave palestinienne, le chef de l’aide d’urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, a exhorté Tel-Aviv à leur autoriser un accès immédiat. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cette semaine, l’OMS a estimé que 400 enfants palestiniens sont morts de malnutrition depuis le début de l’année. « Libérons les otages et déployons rapidement de l’aide, a exigé Tom Fletcher. « Pour que notre plan réussisse, nous avons besoin : de points de passage ouverts ; d’une circulation sûre pour les civils et les travailleurs humanitaires ; d’une entrée sans restriction des marchandises ; de visas pour le personnel ; d’un espace pour les humanitaires ; et d’une relance du secteur privé. »
La liesse dans la bande de Gaza
L’annonce d’un accord entre le Hamas et Israël ravive pour de nombreux Palestiniens l’espoir de la fin du génocide perpétré à leur encontre. Sur place dans le sud de la bande de Gaza, de nombreux civils gazaouis se sont réunis tôt ce jeudi pour célébrer l’événement. « Je ne suis pas le seul à être heureux : toute la bande de Gaza est heureuse, tout le peuple arabe est heureux », a confié à l’AFP un jeune homme rassemblé devant l’hôpital Nasser de Khan Younès. « Je remercie tous ceux qui se sont tenus à nos côtés et ont contribué à mettre fin à tout ce sang versé, je leur envoie tout mon amour depuis Gaza. »
Mais les bombardements israéliens se poursuivaient...
Ces scènes de liesse contrastent avec le climat au nord de l’enclave palestinienne. Là-bas, selon certains témoins, relayés par des journalistes d’Al-Jazeera, les explosions continuent ce jeudi malgré l’accord. Au moins 10 morts ont été recensés par le ministère de la Santé du Hamas ces dernières 24h. Les bombardements se sont en effet poursuivis sur la ville de Gaza que l’armée israélienne à appeler à ne pas rejoindre. Alors que l’accord sur cette 1ère phase a été signé, l’agence de presse palestiniennes WAFa a fait savoir que neuf personnes ont été tuées depuis le début de la journée dans la bande de Gaza. Ce bilan se fonde sur les corps qui ont été transportés dans la matinée, huit dans deux hôpitaux de la ville de Gaza (Al-Shifa et Al-Ma’amoudiya), et un neuvième jusqu’à celui de Khan Younès, plus au sud.
Netanyahou refuse toujours "Deux Etats" mais la Knesset valide la 1ère phase du plan...
L’échange entre les derniers otages israéliens et 2000 otages palestiniens devrait avoir lieu d’ici lundi, tandis que l’armée israélienne devrait se retirer derrière la première ligne prévue par le plan. Concernant les prisonniers politiques palestiniens, le bureau de Netanyahou refuse que le leader palestinien emprisonné depuis 2002 Marwan Barghouti soit libéré. L'homme politique palestinien est un des seuls aujourd'hui à avoir la capacité fédérer la résistance palestinienne. Nétanyahou veut-il réaffirmer dès cette première phase son refus de la solution à deux Etats pouvant conduire à la paix ? C'est à craindre.
Le bureau de Netanyahou a confirmé, Marwan Barghouti ne figurera dans la liste des prisonniers palestiniens libérés. Politiquement, Tel-Aviv est conscient qu’une telle décision fédèrerait l’ensemble des factions palestiniennes, y compris le Hamas. Le membre du Conseil législatif palestinien et du Fatah pourrait alors jouer un rôle majeur dans la gouvernance de l’Etat palestinien, d’autant qu’il jouit d’une grande popularité au sein du peuple palestinien.
L’organisation islamiste et Netanyahou, se disputeraient actuellement le nombre de prisonniers à libérer dans le cadre de l’accord. « Il semble que Netanyahou s’efforce de faire échouer l’accord de cessez-le-feu avant sa mise en œuvre en revenant sur les listes de prisonniers ». D’après des responsables de pays médiateurs arabes, cette liste n’a toujours pas été établie. La libération des otages palestiniens doit se faire en échange du retour de tous les otages israéliens.
Le gouvernement israélien s’est réuni pour examiner l’accord qu’il nomme « plan de libération de tous les otages ». Le ministre suprémaciste Smotrich a annoncé qu’il votera contre et a appelé à reprendre la guerre dès les otages israéliens revenus.
La Turquie veut jouer un rôle dans la surveillance de l’application du plan
La Turquie a également joué un rôle crucial dans l’accord scellé cette nuit entre Israël et le Hamas. Alors qu’une délégation turque est actuellement présente à Charm el-Cheikh pour les négociations, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé sa volonté de participer à un groupe de travail chargé de veiller à la mise en œuvre des mesures adoptées. L’intéressé a par ailleurs souligné que la Turquie prendrait toute sa part « avec la communauté internationale aux efforts de reconstruction des infrastructures » dans l’enclave palestinienne, seul moyen « Pour permettre à Gaza de se relever ». « Il est crucial d’apporter d’urgence une aide humanitaire complète à Gaza, d’échanger les otages et les prisonniers, et qu’Israël cesse immédiatement ses attaques », a-t-il rappelé ce jeudi. D’après Reuters, la Turquie contribuera au côté d’autres pays à la création d’une équipe spéciale conjointe chargée de localiser les corps des otages dans l’enclave.
L’ambassadrice de Palestine en France salue l’accord de cessez-le-feu tout en restant prudente
« Deux ans et deux jours après le génocide, deux ans et deux jours après l’agression massive contre le peuple palestinien, deux ans et deux jours qui ont scellé la destruction massive de l’ensemble de la bande de Gaza et de sa population, nous saluons enfin cet accord de cessez-le-feu », se réjouit Hala Abou Hassira, ambassadrice de Palestine en France, dans un entretien à paraître vendredi 9 octobre dans l’Humanité.
Paris salue l’accord mais fustige l’accélération de la colonisation de la Cisjordanie
Macron, qui présidait une conférence de ministres des Affaires étrangères européens et arabes sur l’avenir de Gaza, a salué l’accord de cessez-le-feu, qualifiant ce plan de paix de «voie ambitieuse». «Cette nuit un accord historique a été conclu», tout en ajoutant qu’une «une force internationale de stabilisation temporaire» devait être déployée à Gaza menée par la Jordanie et l’Egypte, et que la France allait y «jouer un rôle». Le «cadre onusien permettra à beaucoup d’autres pays de se joindre» à cette force, a précisé Macron. Il a ensuite fustigé l’accélération de la colonisation en Cisjordanie, qui «constitue une menace existentielle pour un État de Palestine». Et de poursuivre : «Elle est non seulement inacceptable et contraire au droit international. Elle alimente les tensions, la violence, l’instabilité et, de fait, elle vient d’abord contredire le plan américain et notre ambition collective d’une région en paix.»
La Russie et l’Iran font part de leur satisfaction
« Le fait qu’un cessez-le-feu soit constaté actuellement à Gaza ne peut que susciter une satisfaction générale, a réagi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse russe Ria Novosti. On peut saluer tous ces efforts. Nous espérons néanmoins que les signatures seront apposées aujourd’hui et qu’ensuite des actions suivront pour l’application des accords », a-t-il ajouté.
L'Iran salue ce premier pas vers la fin du génocide. «L’Iran a toujours soutenu toute action ou initiative destinée à mettre fin à la guerre génocidaire, à obtenir le retrait des forces d’occupation, l’acheminement de l’aide humanitaire, la libération des prisonniers palestiniens et la réalisation des droits fondamentaux du peuple palestinien», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Sources : l'Humanité et Libération
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