A propos de la grève des radiologes....

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

A propos de la grève des radiologes....
 
 
Près de 4 800 radiologues libéraux étaient appelés à faire grève ce 10 novembre pour protester contre la nouvelle grille tarifaire pour la radiologie publiée en octobre dernier par l’Assurance maladie à la recherche d'économies pour freiner la croissance de ses dépenses.
 
 
Layla Boulos, radiologue dans le Val-d’Oise et secrétaire générale de la FNMR, a indiqué que cette baisse tarifaire signifiait « moins de possibilités d’investir » dans un « matériel qui coûte cher », amenant ainsi à « moins de matériel moderne ». Pour la docteure, c’est donc « la santé des patients qui en pâtira ».
 
 
Cette nouvelle grille tarifaire pour la radiologie et l’imagerie médicale, abaisse les prix des actes remboursables. Selon le docteur Jean-Philippe Masson, le président de la FNMR, l’interprétation d’un scanner sera par exemple désormais facturée 26 euros par le médecin, contre 29 euros jusqu’à présent, rapporte l’AFP.
 
 
L’Assurance maladie vise une économie de 300 millions d’euros d’économie, par rapport à la croissance naturelle des dépenses. Selon lui, dans son établissement à Carcassonne, exploitant trois scanners et trois IRM répartis entre hôpital public et privé, les baisses de tarifs imposées par l’Assurance maladie vont faire « baisser de 600 000 euros le chiffre d’affaires, sur un total de 4,5 millions d’euros ».
 
 
Les établissements d’imagerie médicale vont chercher à freiner les dépenses pour faire face, notamment en limitant les horaires d’ouverture, ou en fermant des cabinets en zone rurales ou péri-urbaines. La FNMR est en train de déposer un recours contre la nouvelle grille tarifaire, a-t-elle indiqué. « Chaque année, le nombre d’examens augmente de 4 %, la population vieillit et pourtant nous avons un déficit d’imagerie lourde », déclarait le docteur Alexandre Jaouen de Quimper.
 
 
L’Assurance maladie estime que la radiologie fait partie des secteurs présentant des « niveaux de rentabilité élevés », et qu’elle est en danger de « financiarisation », c’est-à-dire de prise de contrôle des établissements du secteur par des investisseurs financiers, au détriment des médecins eux-mêmes.
 
 
À propos de cette grève des radiologues… Michel Katcha nous livre son opinion dans sa page facebook : 
 
 
"Certains critiquent cette grève, j’entends bien « C’est des riches » !  Oui certains radiologues se font des couilles en or mais ce n’est pas le sujet ou alors il faut parler aussi de la pénurie organisée.
 
 
Je connais d’autres acteurs dans le sanitaire et le social qui profitent à fond du système en étant en plus incompétents. Les enjeux colossaux économiques et de santé publique dans la filière de la radiologie dépassent largement la vision par le petit bout de la lorgnette !
 
 
Les appareils de radiologie sont très onéreux, obligent de multiples contrôles pour respecter la législation, les normes de sécurité, un entretien très spécialisé, fréquent et très coûteux. Ils nécessitent aujourd’hui avec l’évolution des sciences et des techniques, des systèmes informatiques très performant pour traiter et conserver les images de manière sécurisée, des salariés bien formés, bien rémunérés.
 
 
Tous ces éléments représentent un coût de production et un investissement important et comme on demande aux hôpitaux de faire des « économies » qui peut financer sinon des fonds de pension qui exigent des retours capitalistiques sur investissement. C’est le coût du capital !
 
 
Pour le dépistage du cancer du sein le prix d’achat d’un mammographe d’une salle de radiographie c’est plus de 200 000 euros sans les travaux.
 
 
Que ce soit pour le financement, la formation de nouveaux médecins, l’appropriation sociale et publique des structures médicales et sociales. La santé et la prévention méritent un débat de haut niveau qui évite la démagogie et les boucs émissaires !"
 

Publié dans santé, Luttes sociales

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