Chili : le sursaut du peuple chilien face à l'extrême droite, enjeu du second tour de la présidentielle

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Chili : le sursaut du peuple chilien face à l'extrême droite, enjeu du second tour de la présidentielle
 
 
Au Chili, la bataille n’est pas terminée. Après le choc de dimanche à l’annonce des résultats de la présidentielle, une lecture plus affinée montre que ce n’est pas fini, la bataille n’est pas terminée.
 
 
La gauche, le même jour gagne, gagne 700.000 voix aux législatives par rapport à la présidentielle. En même temps les votes nuls et blancs passent de 500.000 à la présidentielle à 2.600.000 aux législatives. Résultat, mécaniquement la gauche grimpe de 28 % à la présidentielle à 42 % aux législatives. La gauche cumule 4,5 millions voix contre 5,9 millions pour la droite aux législatives. La droite avait recueilli 9 millions de voix à la présidentielle.
 
 
Avec un même niveau d’abstention et un basculement de 750.000 voix en plus vers la gauche, les deux candidats se retrouveraient à égalité. Est-ce un scénario possible ?
 
 
Kast a déjà perdu deux fois. Contre Boric au second tour en 2021. Mais surtout lors du vote du second projet de Constitution. Les Chiliens avaient repoussé ce projet d’extrême-droite à 54%. Clairement Kast est un repoussoir pour beaucoup de Chiliens. Et surtout beaucoup de chiliennes : ce sont elles qui par deux fois ont fait la différence. Alors jamais deux sans trois ?
 
 
Le parti populiste de droite et son candidat Parisi ont fait une campagne « ni droite ni gauche », avec des thèmes de sécurité d’un côté et des propositions sociales de l’autre. Ils sont tentés de ne pas donner de consignes de vote à leurs électeurs. Jeannette Jara dès dimanche soir a intégré les éléments sociaux du programme de Parisi dans son propre programme.
 
 
Beaucoup d’électeurs ne voudront pas voter Jeannette Jara par anticommunisme et par adhésion au discours sécuritaire. Beaucoup d’autres ne pourront pas mettre un bulletin Kast par antifascisme et par rejet de sa politique sociale.
 
 
Les mesures mises en place par Jeannette Jara quand elle était ministre du Travail ont des effets très concrets auxquels les Chiliens, de façon transversale, sont attachés. L’augmentation énorme du salaire minimum, le début de Sécurité Sociale, l’amélioration importante des revenus des retraités, etc… sont des réalités. Kast a promis d’y mettre fin.
 
 
Beaucoup d’électeurs vont avoir du mal à se déterminer et beaucoup voteront contre l’autre candidat. Ça laisse un deuxième tour plus ouvert que l’apparence des résultats de la présidentielle ne le laisse supposer.
 
 
Même si Jeannette Jara perd, ce ne sera pas du tout la même chose de perdre avec 38% des voix ou avec 48%. Avec 38%, la gauche plongera dans la dépression et Kast aura les mains libres pour son projet trumpiste. Avec 48% des voix, la gauche sera prête à résister pied à pied et à lutter contre toutes les attaques anti-sociales et anti-femmes.
 
 
Aujourd’hui la priorité reste à la mobilisation pour le 14 décembre. Rien n’est complètement joué. Un sursaut est possible.
 
 
Pierre Cappanera

Publié dans Elections, Amérique Latine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article