Dunkerque debout pour la nationalisation d’Arcelor !
« Je vais être clair, j’ai besoin de vous, les groupes politiques de gauche. » Après un premier meeting organisé fin janvier à Dunkerque par la CGT, Gaëtan Lecocq mesure, à l’occasion de ce nouveau meeting du 4 novembre, le chemin parcouru. Dans 3 semaines, une proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal, sera discutée à l’Assemblée nationale.
Et pour le délégué CGT de l’usine dunkerquoise du groupe, aucune voix ne doit manquer. Face à lui, les députés Aurélie Trouvé (LFI), Clémentine Autain (L’Après), Julien Gokel (PS), François Ruffin (Debout !), Benjamin Lucas (Génération.s), la conseillère régionale des Hauts-de-France Karima Delli et le sénateur communiste Fabien Gay, directeur de l’Humanité.
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635 licenciements en cours sans « raison économique »
L’exposé des motifs de la proposition de loi reprend des réalités dénoncées depuis des mois par la CGT : délocalisations d’emplois « support » en Inde et en Pologne, fermetures de sites à Reims et Denain, mise à l’arrêt d’un haut-fourneau à Fos-sur-Mer, « gel des investissements industriels en France » dont ceux destinés à décarboner la production d’acier, malgré la perfusion aux aides publiques… Quant aux 635 licenciements en cours, ils n’ont « aucune raison économique », assure Reynald Quaegebeur, délégué syndical central CGT à ArcelorMittal France : « Nous avons des rapports d’experts qui mettent plutôt en avant des erreurs stratégiques. »
« ArcelorMittal France, ce sont 16 700 emplois directs, 70 000 en comptant les sous-traitants », insiste Gaëtan Lecocq, pour mesurer les risques d’un possible retrait du groupe sidérurgique de la France, voire de l’Europe, au profit de l’Inde, du Brésil et des Etats-Unis.
La nationalisation, souligne Aurélie Trouvé, est « une question stratégique », qui doit relever d’un « État stratège », ajoute Clémentine Autain. « Nous serons tous [pour la proposition de loi] le 27 novembre à l’Assemblée, socialistes, communistes, Insoumis, écologistes, au-delà de nos divisions », assure François Ruffin.
De son côté, Fabien Gay met en garde contre la volonté de « la droite et l’extrême droite de mettre à bas toute soif de justice sociale ». Ce dernier a vécu au Sénat, fin octobre, le rejet d’une proposition de loi similaire de « nationalisation des actifs stratégiques d’ArcelorMittal ». « Si une ligne haute tension n’est pas construite entre la centrale nucléaire de Gravelines et l’usine [ArcelorMittal] de Dunkerque, il n’y aura pas de décarbonation des deux hauts-fourneaux », ajoute le sénateur, qui n’a pas obtenu de réponse quand il a interrogé à ce sujet le président du groupe pour la France.
Alors que l’enquête sénatoriale dont il a été le rapporteur a évalué à 211 milliards d’euros par an les aides publiques accordées aux entreprises, le coût de la nationalisation d’ArcelorMittal est estimé par ses défenseurs à quatre milliards d’euros. Rien d’insurmontable pour Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de la CGT du Nord, qui voit dans un éventuel vote positif le 27 novembre une « étape cruciale » et une opportunité de « donner de l’espoir politiquement ».
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