L'Assemblée vote en faveur de la nationalisation d’ArcelorMittal. Une première victoire !

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Devant l’Assemblée nationale, des salariés d’ArcelorMittal ont dénoncé l’obstruction politique qui menace la nationalisation et la sauvegarde des emplois. © Eric Broncard / Hans Lucas via AF

Devant l’Assemblée nationale, des salariés d’ArcelorMittal ont dénoncé l’obstruction politique qui menace la nationalisation et la sauvegarde des emplois. © Eric Broncard / Hans Lucas via AF

 

Les syndiqués CGT du groupe sidérurgique se sont rassemblés, jeudi 7 novembre, devant l’Assemblée nationale pour soutenir la proposition de nationalisation défendue par la gauche à l'Assemblée nationale. Dans l’Hémicycle, les députés ont adopté le texte un peu avant minuit.

 

Impossible, même calfeutrés à l’intérieur de l’Assemblée nationale, d’ignorer les slogans scandés, les torches à fumigènes et la corne de brume des syndicalistes de la CGT.

 

Quelques centaines de salariés d’ArcelorMittal se sont rassemblés aux abords du Palais-Bourbon, alors que les députés devaient se prononcer sur la nationalisation du groupe sidérurgique, à l’occasion d’une proposition de loi de La France insoumise (LFI) venant après celle identique déposée par les députés communistes en juin.

 

Les députés ont voté en faveur de la nationalisation, grâce aux voix cumulées de la gauche et l’abstention du RN. Macronistes et LR, qui étaient opposés à la nationalisation tout comme le gouvernement, ont pratiqué la politique de la chaise vide, convaincus que le Sénat se chargera de toute façon d’enterrer le texte.

 

La gauche se mobilise pour nationaliser Arcelor

 

« Nous regarderons attentivement qui ne votera pas la nationalisation », ont prévenu les métallos. À leurs côtés, la gauche défile : Fabien Roussel, François Ruffin, députés écologistes… La nécessité de sauver l’acier français, « mère de toutes les filières » selon les travailleurs d’Arcelor, fait consensus. « C’est la souveraineté industrielle de la France qui se joue », a assuré la députée Aurélie Trouvé, qui défend le texte : « La nationalisation coûtera 3 milliards d’euros, ce n’est rien à côté du coût social de 80 000 emplois perdus (emplois directs et sous-traitants ). »

 

L’Assemblée nationale était donc sous pression ouvrière, mais a-t-elle été au niveau ? Sur les bancs, le Rassemblement national (RN), favorable à une prise d’actions minoritaire de l’État dans Arcelor, « avant-dernière cartouche avant la nationalisation », a décidé de jouer avec les nerfs de LFI. Les députés d’extrême droite ont déposé plusieurs centaines d’amendements d’obstruction pour retarder le vote et multiplient les rappels au règlement dès qu’un quolibet traverse l’Hémicycle – et cela ne manque pas.

 

Les salariés d’Arcelor pris en otage par les jeux politiciens

 

Une manière de prendre leur revanche sur LFI, qui a fait de même lors des niches du RN et de leur allié ciottiste UDR. « Les insoumis n’ont qu’à faire un petit mot d’excuse auprès de tous ceux auxquels ils ont pourri la niche parlementaire, et on retire nos amendements », attaque le député RN Jean-Philippe Tanguy.

 

La gauche réplique en accusant le RN de trahir les travailleurs : « Quand on voit votre pitoyable stratégie d’obstruction, on comprend pourquoi partout dans le monde l’extrême droite devient le chouchou des multinationales », accuse le communiste Stéphane Peu.

 

Le gouvernement, lui, en profite pour renvoyer dos à dos « les extrêmes » : « Le RN tente de camoufler par du détail le fait qu’il est d’accord avec le programme économique de LFI », accuse Sébastien Martin. Le ministre (« Les Républicains », LR) de l’Industrie considère que « le problème d’Arcelor vient de la concurrence mondiale, du coût de production en Europe et de la faible demande sur le continent. Aucune de ses difficultés ne disparaît avec la nationalisation, mais elles deviendraient à la charge du contribuable ». Il se livre lui aussi à la foire aux arguments idiots : « Le vrai problème, c’est la concurrence des États autoritaires que vous soutenez, à l’extrême droite et l’extrême gauche, la Chine et la Russie. »

 

Le scénario catastrophe d’un texte qui n’irait pas au vote du fait du RN n’a pas eu lieu. Jouant les grands seigneurs, l’extrême droite a retiré ses amendements dans la dernière heure pour “permettre” le scrutin. C’est un premier symbole dans la bataille pour la sauvegarde de la sidérurgie française.

 

Toutefois le texte a de fortes chances d’être rejeté au Sénat, où la droite sénatoriale a déjà fait barrage à une proposition de loi similaire, portée par les communistes.

 

Il n'en reste pas moins que ce vote est une première victoire qui doit donner confiance et espoir dans les mobilisations nécessaires pour sauver notre Sidérurgie face au prédateur Mittal et à ses mandataires au gouvernement et au Sénat !

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