L'INSEE confirme l'envolée des ultras riches !
C’est une des tendances les plus frappantes de l’économie française, que l’Insee vient de confirmer: l’explosion du revenu des ultra-riches.
Quatre leçons des chiffres révélés cette semaine par l'institut de la statistique publique :
1- la prospérité des 0,1% les plus riches. Ce groupe comprend 40.000 foyers environ, dont le revenu annuel moyen dépasse désormais 1 million d’euros. Leur revenu nominal a été multiplié par 2,2 entre 2003 et 2022. Corrigé de l’inflation, cela correspond à une croissance moyenne annuelle de 2,7 %. Alors que le revenu moyen déclaré par l’ensemble des contribuables n’a augmenté que de 0,7 % par an.
Dans l’absolu il ne serait pas problématique que le revenu des 0,1 % les plus riches s’envole, si ceux des autres catégories sociales augmentaient à peu près au même rythme. Mais ce n’est pas le cas : pour le reste de la population les revenus stagnent ou presque.
2 - la hausse du revenu des 0,1% les plus riches est tirée principalement par les revenus du capital. Ces derniers ont été multipliés par 4 entre 2003 et 2022. Ils représentent désormais la moitié du revenu des très riches, contre un quart en 2003. Ce n’est pas avec le travail que l’on devient très riche en France, mais, de plus en plus, grâce à la détention de patrimoine. Patrimoine souvent hérité, et de moins en moins taxé.
3 - les plus riches sont de moins en moins imposés. Pour les 0,1 % du haut, le taux moyen d’impôt sur le revenu est passé de 29,2 % en 2003 à 25,7 % en 2022. Non seulement leur revenu avant impôt s’est envolé, mais la puissance publique, au lieu de venir freiner cette tendance, l’a renforcée : d’où une hausse encore plus forte du revenu après impôt : +3 % par an net d’inflation pour les 0,1 %, contre +0,7 % pour le contribuable moyen.
Mais il y a plus inquiétant encore : ces chiffres eux-mêmes sous-estiment sans doute nettement la tendance. Car ils ne se réfèrent qu’aux revenus imposables, c’est-à-dire déclarés dans les feuilles d’impôts.
4 - une grande partie du revenu des 0,1% les plus riches n’est pas imposable, car touché via des sociétés holding. D’après l’Institut des politiques publiques, le véritable revenu moyen des 0,1 % du haut n’est pas 1 million d’euros mais 2 millions d’euros.
La France se rapproche dangereusement du niveau d’inégalité américain : d’après l’IPP les 0,1 % les plus riches touchent 6,2 % du revenu total, soit le niveau observé aux Etats-Unis à la fin des années 1990, vingt ans après le début de la révolution reaganienne : urlr.me/CVEpX9
Sources : Gabriel Zucman
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