les journalistes du service international de RFI en grève illimitée...
Moins nombreux et avec plusieurs conflits dans le monde à couvrir... « Ce sont des journalistes passionnés, qui ont l’habitude de faire passer leur métier avant tout », témoigne Patricia Blettery, élue CGT de France Média Monde, cette grève du service international de RFI témoigne d’une dégradation particulièrement violente de leurs conditions de travail et d’un « ras-le-bol général ». © Laurent GRANDGUILLOT/REA
Les journalistes du service international de RFI, basés à Paris, ont entamé le 18 novembre une grève illimitée. Ils dénoncent « une dégradation préoccupante de leurs conditions de travail, alors même que leurs missions demeurent essentielles dans la couverture de l’actualité mondiale ».
Les journalistes du service international de RFI (Radio France International), basés à Paris, ont entamé une grève illimitée pour dénoncer « une dégradation préoccupante de leurs conditions de travail, alors même que leurs missions demeurent essentielles dans la couverture de l’actualité mondiale », expliquent les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGT, FO et SNJ) dans le préavis déposé le 17 novembre.
Le service international de RFI « a perdu des postes petit à petit », explique Patricia Blettery, élue CGT de France Média Monde, Société Nationale de programme de service public qui regroupe RFI, mais aussi France 24 et MCD (Monte Carlo Doualiya, radio française en langue arabe). « Le service se retrouve à fonctionner à 12, alors qu’ils étaient 16 il y a quelques années », précise la journaliste.
« Certains ont fait des burn-out »
Depuis février 2022, « le service international de RFI doit faire face à plusieurs conflits dans le monde », rappelle Patricia Blettery, évoquant notamment la guerre en Ukraine et le génocide à Gaza. En plus de la charge de travail grandissante et des effectifs réduits, les salariés dénoncent un revenu en baisse lorsqu’ils partent en reportage. « Quand ils partent en mission, ils perdent ce qu’on appelle les “éléments variables de paye”, c’est-à-dire la rémunération liée aux astreintes et les primes de nuits par exemple », explique la journaliste.
Résultat : alors que les journalistes partent en reportage dans des territoires potentiellement dangereux, en Syrie par exemple, laissant derrière eux leur famille, ils rentrent « avec 300€ en moins sur la fiche de paye », et peinent même à poser des jours de récupération. « Les journalistes sont crevés, certains ont même fait des burn-out », met en garde Patricia Blettery.
Victoire des salariés ?
Face au manque de considération et surtout de réponses concrètes de la direction, le service a donc décidé de déposer un préavis de grève illimité, soutenu par les salariés des autres services. « Ce que dénoncent les salariés du service international de RFI, d’autres le vivent également », explique l’élue CGT, citant France 24, ou le service Afrique.
Mardi 18 novembre dans l’après-midi, soit quelques heures après le début de la grève illimité, les salariés et les délégués syndicaux ont pu négocier avec la direction, soutenue devant les bureaux par une manifestation de salariés solidaires. Si Patricia Blettery est plutôt positive au sortir de cette réunion, la direction semblant « avoir bougé sur pas mal de points », l’élue CGT se montre prudente : « les salariés attendent d’avoir le texte et les propositions écrites noir sur blanc avant de décider ou non de l’arrêt de la grève ».
« Ce sont des journalistes passionnés, qui ont l’habitude de faire passer leur métier avant tout », témoigne l’élue CGT, cette grève résultant donc d’une dégradation particulièrement violente de leurs conditions de travail et d’un « ras-le-bol général ».
Théo Bourrieau Article publié dans l'Humanité
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