Où en est-on du débat budgétaire en ce lundi 3 novembre ?

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Où en est-on du débat budgétaire en ce lundi 3 novembre ?

 

Où en est-on à l’Assemblée après plusieurs jours de débat sur la partie recettes budgétaires du PLF 2026 ?

 

Le cornu en équilibre très instable

 

Le 1er ministre Lecornu a encore de nombreux obstacles importants à franchir pour parvenir à doter la France d’un budget 2026 avant le 31 décembre. Après cette 1ère phase consacrée aux recettes, il reste en équilibre très instable, au bord de la chute. Certes, il parle beaucoup de rupture et de compromis, mais dans les faits, il a surtout fait dans la continuité avec des compromis vaseux et pas rassurants. Notamment quand des amendements sont votés ou pas avec les voix du RN. D’où le qualificatif « d’enfumage » qui revient souvent dans la bouche des opposants de gauche ou des citoyens intéressés à la vie politique !

 

L'important pour Sébastien Lecornu, est de continuer d'avancer, de chercher des voies de passage peu importe qui vote ou pas, l’essentiel est de dégager des majorités qui bloquent tout ce qui remet en cause le pouvoir des milliardaires, du capital et la politique de l’offre de Macron, et de favoriser tout ce qui fait contribuer tous les autres citoyens hormis cette caste !

 

La Macronie a du mal avec la justice fiscale !

 

C'est ainsi qu’on peut résumer la partie en cours au Parlement pour un budget qui, selon la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, ne sera pas un budget socialiste, nous n’en doutions pas, mais qui ne sera pas non plus un budget macroniste, ce dont nous doutons très fortement ! La preuve en est le vote de rejet par l'Assemblée de la taxe Zucman pourtant sollicitée par notre peuple au nom de la justice fiscale ou le rejet à une voix près (131 pour, 132 contre) d’un amendement de La France insoumise sur l'impôt universel ciblé. Cette mesure permettait de "dissuader les personnes qui partent à l'étranger pour contourner l'impôt", a défendu Eric Coquerel, en qualifiant cette " taxe de dissuasive".

 

Les milliardaires et le capital maintiennent leurs privilèges

 

Pour l’instant la discussion est close. Ceci étant dit, le bilan est qu’avec l’aide du RN le capital et les milliardaires ont réussi à maintenir leurs privilèges exorbitants ! Devant le mécontentement des députés constatant qu’il n’y avait pas de rupture de la part des macronistes amenés par l’insupportable ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, le 1er ministre a tenté de se raccrocher aux branches, en affirmant : « Personne n'a convaincu l'autre, mais il y a eu un vote », une manière adroite et culottée de ne pas parler de l’appui apporté par l’extrême droite.

 

Il a fixé les suites à venir aux députés tout en leur proposant une nouvelle méthode. Il a reconnu qu’après l'abandon du 49.3, « le changement culturel » pour dégager des compromis « n'allait pas aussi vite » qu'il l'avait imaginé. Il veut en faire porter la responsabilité sur les députés de gauche qui veulent tourner la page de la politique de l’offre, afin de cacher que c’est son camp qui ne joue pas le jeu avec des ministres et des députés accros à cette politique de l’offre de Macron, et ayant mandat des milliardaires et du capital pour cela !

 

Un PLFSS avec suspension de la retraite à 64 ans ou son simple décalage ?

 

Il risque d’être confronté à la même difficulté pour le projet de loi de financement de la Sécu (PLFSS) avec son engagement à suspendre la réforme des retraites Borne qui vole deux ans de retraite aux salariés. C’est Macron lui-même qui est monté au front contre-disant son 1er ministre en déclarant qu’il ne s’agissait que d’un décalage d’application. Macron a donné le ton, les ministres et députés macronistes lui emboîteront le pas. L'examen en séance commence mardi, Lecornu a fait des ouvertures sur des mesures jugées abrasives par le PS. Il s'est dit favorable au dégel des pensions de retraite et des minima sociaux, mais aussi prêt à desserrer le cordon des dépenses en faveur de l'hôpital. Pour équilibrer la copie budgétaire, le Premier ministre n'est, de plus, pas fermé à la hausse de la CSG sur le patrimoine.

 

Lecornu a appelé les députés à ne « pas déconnecter dépenses et recettes », bien qu'examinées séparément. Il a demandé à la ministre des Comptes publics, le chiffrages des mesures adoptées, pour lundi. Le taux de prélèvements obligatoires pourrait se situer entre 44,9 % et 43,7 % du PIB, selon Bercy. Mais là n’est pas l’essentiel, la vraie question posée est : avec les mesures votées par les députés, les recettes seront-elles plus élevées que la première version du gouvernement, permettant de desserrer les contraintes sur les dépenses ? A l’inverse, s’il y a moins de recettes, le risque est un déficit aggravé et de voir la droite, l’extrême droite et la Macronie se rassembler sur des votes qui réduisent les dépenses publiques réclamée à corps et à cri par Wauquiez et Le Pen ! Peu leur importe que cela pèse en négatif sur la croissance de la France et aggrave encore le chômage dont les derniers chiffres démontrent que l’on est sur une mauvaise pente avec 6 450 000 chômeurs toutes les catégories cumulées.

 

Compromis en huis clos pour chasser une transparence qui gène

 

Sébastien Lecornu a souhaité que les ministres concernés par les textes budgétaires réunissent les groupes politiques ensemble et à huis clos pour parler dépenses et plus largement de « l'équilibre global » des textes. « Puisqu'il n'y a plus de 49.3, la contrainte du financement repose autant sur nous que sur vous », a t-il dit à l’Assemblée. Une manière peu sincère de dégager sa responsabilité et de la faire porter sur l’opposition notamment de gauche ! Cette proposition répond aussi aux besoins de la Macronie de ne pas avoir de débat ouvert au public, en grande partie télévisé, permettant à tous de voir qui dit quoi et qui vote quoi, une transparence qui handicape les manœuvres insincères.

LFI n’est pas dupe et a déjà refusé de participer à la première réunion en huis clos de lundi. « Il faut que les gens se parlent davantage, chacun défend ses positions mais il est difficile d'arriver à un compromis », relève une source gouvernementale. Une façon mielleuse d’affirmer que les compromis sont très difficiles voire impossibles tant les positions sont radicalement opposées. A moins de vendre son âme au diable….

 

Les textes ne sont pas définitifs...

 

L’examen de la partie recettes du PLF reprendra à l'Assemblée après l'examen du PLFSS en séance, certains imaginent déjà que le temps gagné et les travaux sur le chiffrage permettront de commencer à « nettoyer » ce texte où des recettes nouvelles ont été votées. « La taxe dite Holding commence son voyage parlementaire », pointe certains, laissant envisager des modifications de la version resserrée votée par l'Assemblée.

 

Le gouvernement opposé à l'adoption de l’impôt sur la fortune improductive - n'a de cesse de répéter que la copie n'est pas définitive, puisqu'il y a encore le travail du Sénat puis de la commission mixte paritaire et peut-être celle d'une deuxième lecture à l'Assemblée qui « sera l'heure de vérité », précise Lecornu. De fait, chacun sait qu’il ne peut chanter victoire tant il reste de moyens à l’exécutif pour remettre en cause ce que les députés ont pu voter dans un 1er temps. Lecornu a beau affirmer que « Chacun devra faire des compromis », il n’en reste pas moins vrai que la Macronie entend ne rien lâcher estimant qu’elle a déjà fait des concessions ! Beaucoup d’avis divergent avec une telle appréciation notamment celle de Boris Vallot qui juge que ce budget en l'état reste "invotable".

 

Boucler le budget dans les temps ou passer par les ordonnances

 

C'est l'équation à résoudre par les députés. On peut estimer en l'état actuel, que si la gauche devant les dictats de la Macronie et du 1er ministre, refuse de se coucher et ne censure pas, Lecornu devra jouer la montre avec l'objectif d'aller jusqu'aux ordonnances lui permettant la mise en oeuvre du budget dans sa version initiale !

 

La Macronie et tous les libéraux auront gagné en imposant un budget de super austérité rejeté par notre peuple, et qu'ils peuvent payer très cher lors des prochaines municipales première échéance électorale avant la présidentielle. Lecornu doit donc éviter la censure et réussir à faire voter un budget dans les temps et sans rien lâcher ! La tâche est plus ardue qu'il ne pensait !

 


 

 


 

 

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