Ukraine : pourquoi les Européens ne jouent-ils pas la carte de la paix qui se cherche un chemin ?

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Ukraine : pourquoi les Européens ne jouent-ils pas la carte de la paix qui se cherche un chemin ?

 

Les États-Unis et la Russie discutent du futur de l’Ukraine. Entre avancée militaire russe, graves scandales de corruption à Kiev et désengagement américain, un nouvel ordre stratégique se dessine, révélant le désengagement confirmé des États-Unis et l’impuissance croissante de l’Union européenne.
 

 

Alors que Kiev vacille, Washington et Moscou négocient, laissant les Européens sans prise sur la fin possible du conflit. Depuis l'élection de Trump, les négociations entre Washington et Moscou pour mettre un terme à la guerre en Ukraine n’ont jamais cessé. Elles ont avancé dans la continuité des premiers échanges menés en Arabie saoudite et Anchorage.

 

Les excès de colère de Trump relèvent davantage de la communication que de divergences réelles. Ils visent avant tout les opinions occidentales, les dirigeants européens et un Congrès largement va-t-en-guerre, afin de préserver la marge de manœuvre de la diplomatie américaine.

 

Ces négociations illustrent le lent mais certain désengagement des États-Unis de la guerre en Ukraine. Washington transmet progressivement à une UE dépassée — dirigée par des responsables sans vision stratégique, prisonniers de postures martiales — l’immense fardeau politique, militaire et financier du conflit. Alors que le "quarteron" européen multiplie les déclarations belliqueuses vis à vis de Moscou, jusqu’aux propos délirants du chef d’état-major français, le général Fabien Mandon, appelant à se préparer à une guerre contre la Russie dans trois ou quatre ans et à « sacrifier nos enfants », les États-Unis, eux, se repositionnent dans un monde désormais multipolaire.

 

Tout ce qui mettra fin à l'hécatombe ukrainienne dénommée par certains "boucherie" peut être considéré comme une bonne nouvelle - sauf si cela peut créer les conditions d'une nouvelle guerre de plus grande ampleur dans quelques années. Mais rien ne laisse voir une telle perspective aussi sombre d'autant que la menace russe relève plus de l'affabulation irresponsable visant à faire accepter l'austérité au nom de l'économie de guerre.

 

La Russie s'était engagée dans son "opération militaire spéciale " en Ukraine le 24 février 2024, pour "neutraliser, démilitariser et dénazifier" le pays, et trois ans et demi plus tard, elle n'y ait pas parvenu. Certes elle a atteint ses objectifs premiers : débloquer la Crimée, briser le siège de la ville de Donetsk qui durait depuis 2014, récupérer le contrôle total des rives de la Mer d'Azov, et annexer quatre provinces russophones : Donetsk, Lougansk, Zaporojie, Kherson, totalisant avec la Crimée environ 20 % du territoire de l'Ukraine de 2014 ... Ces objectifs étant atteints, la Russie s'est engagée dans une guerre d'usure et d'attente devant une autorité ukrainienne en grande difficulté militaire, économique et morale mais qui refuse de reconnaître la défaite. Au rythme actuel de sa progression sur le terrain, il faudrait un siècle à la Russie pour parvenir à Kiev mais cela n'est pas l'objectif majeur de la Russie.

 

La Russie pouvait dès lors engager des discussions et ouvrir la voie pour un règlement négocié du conflit. Après l'Arabie Saoudite, il y a eu Anchorage qui a posé les principes de son règlement et les conditions pour aller vers une paix durable. Les Ukrainiens et les Européens trainent des pieds, estimant qu'il était possible de vaincre militairement la Russie quitte à sacrifier des milliers de vies. Surarmement, propos belliqueux, recherche d'argent alors qu'un scandale de corruption des proches de Zelensky secoue l'Ukraine, tels sont les axes poursuivis par le "quarteron" : France - Allemagne - Royaume Uni et von der Leyen depuis cet été et particulièrement le sommet d'Anchorage.

 

Ce sont encore eux qui s'opposent au projet de plan de paix en 28 points des Etats Unis. Ils viennent de dévoiler un contre-projet à ce plan de paix. Veulent-ils infléchir la proposition des USA, qui a donné jusqu’au 27 novembre à l’Ukraine pour accepter le plan sous peine de suspendre leur engagement militaire? Pris de court par cet ultimatum, les européens mis hors jeu dans toutes les négociations, ont multiplié les contacts en marge du G20 en Afrique du Sud, pour tenter d'être présents aux discussions commencées à Genève, le 23 novembre, entre les officiels états-uniens et ukrainiens.

 

En réponse au discours de Zelensky qui en l'état refuse ce plan de paix, Trump s’est dit ouvert à des ajustements. Le programme proposé par le gouvernement américain est construit sur la base des réunions d'Anchorage et prend acte des rapports des forces. Ce plan prévoit entre autres une réduction de l'armée ukrainienne, la reconnaissance de la souveraineté russe sur la Crimée, Louhansk et Donetsk, et l’impossibilité à l'Ukraine d’entrer dans l’Otan.   

 
 
Les Européens niant les rapports des forces ne veulent pas revenir aux causes premières du conflit, ils veulent poursuivre la pression sur la Russie et ignorer la demande de paix du peuple ukrainien fatigué après plus de trois ans de guerre. Ils refusent en partie le plan Trump et ont présenté une contre proposition. Pourtant malgré cet obstacle, le ministre des affaires étrangères américain, Marco Rubio, s’est dit « très optimiste » sur un possible accord.
 
 
Quelques exemples : les Européens veulent remettre l’Otan en selle - Le point 3 du plan de paix présenté par Trump, prévoyant que « l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) ne s’étendra pas davantage », a été rayé d’un trait de plume par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni dans leur proposition. C'est ainsi ignorer la demande justifiée de la Russie pour sa propre sécurité et faire le choix de prolonger la guerre. Prétextant de « solides garanties de sécurité » à l’Ukraine, le "quarteron" « E3 » suggère que l’Otan prenne part aux discussions d’un accord de non-agression. Mais ils oublient que la diplomatie c'est avant tout le politique qui l'anime, les militaires ont juste à faire ce que le politique leur demande surtout quand il s'agit de question internationales et de guerre ! 
 
 
Concernant la question des territoires qui relève exclusivement de la Russie et de l'Ukraine, les Européens on ne sait à quel titre, propose que les négociations sur les échanges territoriaux « débuteront à partir de la ligne de contact ». Ils n’évoquent même pas le retrait de l'Ukraine du Donbass première source du conflit depuis 2014 et du coup d'Etat de Maïdan.
 
 
L’Ukraine qui serait éligible à l’UE selon le plan Trump, devra bénéficier, ajoutent les Européens, « d’un accès préférentiel à court terme au marché européen durant l’évaluation » mettant en péril nombre d'activités européennes dont l'agriculture, mises en concurrence avec celles venant d'Ukraine. Quand le plan Trump propose de plafonner à 600 000 hommes l’armée ukrainienne, les dirigeants de l’UE fixent la limite à 800 000… « en temps de paix ».
 
 
Alors que les américains demandent aux Européens de contribuer à la reconstruction de l’Ukraine à hauteur de 100 milliards de dollars, les leaders européens défendent un « programme mondial », adossé à la Banque mondiale. Ainsi le "quarteron" Européen veut bien que l'Ukraine continue la guerre par procuration, mais refuse d'en assumer les coûts et veut transférer le fardeau sur tous les peuples !
 
 
A suivre ....
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