Zohran Mamdani nouveau maire de New York ! Une défaite terrible pour Trump !
Des partisans regardent le candidat démocrate à la mairie Zohran Mamdani prononcer son discours de victoire à la télévision, le 4 novembre 2025 dans le Queens à New York. © Jeremy Weine/Getty Images/AFP
À 21 h 37, les chiffres de l’agence de presse Associated Press tombent : c’est officiel, Zohran Mamdani est élu maire de New York.
Pour Aatif, un avocat de 41 ans, « New York croit en son futur de nouveau. On ne va pas s’écraser devant Trump, on va pouvoir le combattre ». Emily, une jeune infirmière, ne cache pas sa joie : « Mon quotidien va changer : il va faire des choses qu’aucun autre politique n’a faites, je viens du Vermont et même avec Bernie je n’ai pas ressenti cette énergie. »
Dans la plus grande ville des États-Unis, peuplée de plus de 8,5 millions de personnes, cette victoire ressemble à un bouleversement. Si Lauren avoue qu’elle « attend avec impatience de voir à quoi New York va ressembler ces prochains mois ». Aatif se fait lui plus mesuré : « J’espère qu’il va pouvoir faire ce pour quoi il a été élu, j’espère qu’il ne pas va être entravé », explique-t-il avant de préciser, irénique : « Quoi qu’il en soit la lutte continue. C’est le début de quelque chose ».
Donald Trump a tout fait pour que Zohran Mamdani ne soit pas élu maire de New York. Il a menti en prétendant que le nouveau maire de New York était pro-Hamas et antisémite. Il l’a insulté, du moins le pense-t-il, en accusant le candidat d’être un « communiste ». Ce qui dans la bouche du locataire de la Maison-Blanche est l’anathème suprême. Il est allé jusqu’à menacer les New-Yorkais de leur couper les financements fédéraux.
Rien n'y a fait ! Zohran Mamdani a été élu maire de New York avec 50, 4% !
De quoi poser quelques questions (et donner quelques réponses) quant au respect que le président des États-Unis porte à la liberté de vote de ses concitoyens. Imagine-t-on les réactions que cela aurait suscitées dans le monde si un autre chef d’État s’était comporté de cette manière ?
Mais Donald Trump n’était pas le seul adversaire du candidat. Une coalition de milliardaires a balancé des dizaines de millions de dollars pour le faire chuter et appuyer le perdant de la primaire démocrate, qui s’est assis sur le scrutin militant.
Cette débauche de haine donne encore plus de sens à la victoire de Zohran Mamdani. Ce succès exprime le rejet de Trump certes, mais pas seulement. Il démontre que l’aspiration au changement, pour peu qu’elle trouve une perspective, peut devenir une force, une dynamique capable de bouleverser en profondeur un paysage politique.
C’est cette dimension de la victoire du candidat socialiste qui inquiète la bourgeoisie, jusqu’en France. Ce n’est pas pour rien que les médias aux ordres des milliardaires tapent sur Mamdani, l’accusant « de cacher les pires intentions derrière son sourire ».
Si la campagne et la victoire finale de Zohran Mamdani ne sont pas transposables à la réalité des autres pays, elles donnent cependant quelques clefs de compréhension sur la nature de la bataille idéologique. Les New-Yorkais viennent de faire de leur ville un bastion de la résistance. Ils ont peut-être engagé la vie politique états-unienne dans un tournant.
Le pouvoir trumpiste, allié avec les géants de la Silicon Valley aux aspirations totalitaires et avec les suprémacistes blancs et les masculinistes, ne connaît que la brutalité. Et nul doute que celui-ci va se déchaîner pour faire échouer la nouvelle équipe aux manettes de la grosse pomme devenue rouge. Le plus dur commence.
Stéphane Sahuc Editorial de l'Humanité
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