A propos de la guerre... Par Philippe Rio

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

A propos de la guerre... Par Philippe Rio
 
 
En 1832, face à la France, le penseur Carl Von Clausewitz écrivait : « La guerre n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens. » Plus tard, Lénine, fervent lecteur du Prussien, analysait les guerres comme des dynamiques du capital pour « asservir les nations et non les affranchir ».
 
 
En novembre, le fraîchement nommé chef d’état-major des armées, Fabien Mandron, s’est vu offrir une tribune lors du congrès des maires, où, en dehors de toute chaîne institutionnelle et démocratique, il a exhorté les foules à se préparer à la guerre. S’il est déjà grave qu’un général vienne renforcer la volonté militariste délétère du gouvernement, sa présence auprès des élus locaux en plein débat sur la loi de finances 2026 n’est en rien anodine.
 
 
En dehors du « sacrifice d’enfants », l’essentiel du discours portait sur la nécessité de faire financer les infrastructures et personnels de l’armée par les communes et les territoires, avec, en négatif, la nécessité d’embrigader le peuple dans un mythe national, comme si l’État régalien avait disparu, une mécanique bien connue du capital en temps de crise.
 
 
Aux États-Unis, les recruteurs de l’armée arpentent les lycées, ils ratissent les petites villes industrielles et agricoles en déclin, les quartiers populaires, les parkings des centres commerciaux. Leur cible ? Une jeunesse sans perspectives, le produit phare du libéralisme. Les « Boys » sont au cœur du mythe de l’individu en armes pour défendre sa liberté qui fait nation, une escroquerie sublimée par Trump et ses brigades de contrôle de l’immigration ICE.
 
 
L’armée est l’ultime système de contrôle social. En Israël, elle est au cœur de la société avec la conscription étendue et le service prolongé, le conditionnement des bourses d’études et des emplois à la réalisation du service militaire. Mais aussi des armes dans les écoles maternelles, dans les colonies. De quoi banaliser les instruments de mort dès le plus jeune âge. Une armée qui possède un État, une machine à formater des générations…
 
 
Étienne Tanty, écrivain et ancien « Poilu », criait du fond des tranchées que « la guerre est comme la fièvre typhoïde : il faut tout faire pour l’éviter, mais quand on l’attrape il faut se battre ! »
 
 
Sans naïveté envers l’endoctrinement des enseignants qui vantaient l’occasion d’exterminer tantôt Germains ou Gaulois selon le bord du Rhin. Oui, il faut se battre, mais pour défendre l’intérêt général, nos acquis sociaux et civilisationnels, il faut se battre pour la culture de paix !
 
 
Les premières cibles de la guerre ce sont les peuples de chaque belligérant, leurs esprits à coloniser, vendre la guerre et déshumaniser l’adversaire, détourner l’attention d’un réel où l’on nous vole. Le premier acte d’une guerre sans bataille, une guerre qui ne laisse aucun monument, rien que des victimes… Leur guerre, leur dette, demandons des comptes !
 
 
Chronique de Philippe Rio publiée dans l'Humanité

Publié dans Paix, Politique nationale

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