Nos institutions ont donc laissé passer tout un tas de pesticides toxiques, dont les résidus s’accumulent dans l’environnement, générant le niveau de pollution sidérant et parfaitement illégal dans lequel nous vivons aujourd’hui – absolument tout notre environnement est saturé de pesticides, des sols aux rivières, jusqu’à la brume des nuages (3)… C'est sur ce constat, documenté depuis des années et sur lequel toutes les agences publiques ont cherché à alerter à de nombreuses reprises – le CNRS, l'EFSA, l'INSERM, l'INRAe (4) – que notre coalition « Justice pour le Vivant » a réussi à obtenir une décision de justice hors norme : L'État EST TENU de réévaluer tous les pesticides dont les effets sur la biodiversité ont été mal testés – soit potentiellement près de 3000 pesticides actuellement en libre circulation sur nos territoires (5) ;
Il DOIT interdire tous les tueurs d'abeilles et les pesticides les plus toxiques pour la nature et notre santé, au fur et à mesure que les tests préconisés par les scientifiques et les agences sanitaires auront prouvé leur toxicité réelle. Cette décision représente un élan d’espoir prodigieux et un point de bascule vers un changement complet de système… une avancée qui a aussi une portée exceptionnelle par son caractère «exécutoire» : c’est-à-dire qu’elle doit être appliquée immédiatement, sans attendre et ce, même si l’État décide de contre-attaquer devant le Conseil d’État.
Pourtant, et malgré les nombreuses relances, rencontres officielles, rendez-vous à Matignon et rappels formels : l'État refuse toujours d’exécuter sa condamnation. C’est tout simplement inacceptable!
Face à l'armada de lobbyistes et de conseillers que l’État et les firmes de l’agrochimie sont en train de mobiliser en ce moment même, main dans la main, pour attaquer devant le Conseil d’État notre victoire citoyenne unique au monde pour les abeilles et la biodiversité…nous avons besoin de vous pour résister, les contraindre à respecter l’État de droit et faire appliquer immédiatement la décision de justice.
Avec votre soutien, et celui de tous les citoyens engagés dans cette bataille historique contre les géants de l'agrochimie soutenus par l'État, POLLINIS et ses alliés de la coalition Justice pour le Vivant se mettent en ordre de bataille pour :
1 - Réunir immédiatement les meilleurs avocats, juristes et scientifiques pour défendre les abeilles et la biodiversité devant le Conseil d'État, et obtenir une victoire définitive sur les lobbys – pour la nature et le monde que nous allons laisser aux générations futures !
2 - Saisir dès que possible le juge de l’exécution pour contraindre l'État à se mettre au travail dans les meilleurs délais et à rééxaminer les centaines de pesticides tueurs d’abeilles en libre circulation qu’il faut de toute urgence retirer du marché ;
3 - Répliquer cette victoire en justice partout où nous le pourrons en Europe, pour mettre fin à plusieurs décennies d’extermination généralisée des abeilles, des bourdons, des papillons et de toute la biodiversité florale et animale qui en dépend.
Soutenez l'action de Pollinis !
C’est une offensive tous azimuts de l'agrochimie à laquelle POLLINIS s’apprête à faire face avec votre soutien. Ces derniers jours, nous avons appris coup sur coup que :
- Le 23 octobre, l'État a saisi le Conseil d'État pour tenter d’annuler l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris – sans assumer publiquement sa démarche ;
- Le 4 novembre, le lobby français Phyteis, qui représente les intérêts des multinationales multimilliardaires Bayer-Monsanto, Syngenta-ChemChina, BASF et Corteva et qui avait défendu l’État français tout au long de notre action en justice, a lui aussi saisi le Conseil d’État (6) ;
- Nous avons appris que l’ANSES, l’autorité sanitaire française, s’apprête également à intervenir en soutien à l’État, preuve ultime que l’affaire est prise très au sérieux par nos dirigeants et qu’ils cherchent à obtenir toute l’aide possible pour contrer la victoire de POLLINIS et de ses alliés.
Une contre-attaque soigneusement préparée entre nos dirigeants et les lobbys de l’agrochimie, qui, depuis plusieurs mois, tentent de verrouiller par tous les moyens le système d’autorisation des pesticides : Dès l’adoption de la loi Duplomb, ils ont fait passer un décret qui donne le droit au ministère de l’Agriculture d’imposer ses priorités à l’agenda de l’ANSES pour s’assurer que les exigences financières de l’industrie puissent continuer à prévaloir sur la santé publique et la protection du Vivant...attaquant de front l’indépendance d’une institution pourtant censée jouer un rôle de garde-fou sanitaire et dont la priorité devrait être de nous protéger…pendant qu’à Bruxelles, au même moment, se négocie une loi poussée par les lobbys, “l’omnibus sécurité alimentaire”, qui détricote méthodiquement les principes juridiques sur lesquels nous avons réussi à gagner en justice (7) !
Visiblement, pour nos décideurs politiques, l’État de droit est optionnel et ils préfèrent s’asseoir sur une décision de justice (8), voire prendre le risque d’un mouvement de révolte citoyenne à l’image de la mobilisation contre la loi Duplomb…plutôt que de retirer les pesticides les plus dangereux qui continuent d’alimenter la puissance financière de l’industrie agrochimique et ses lobbys (9).
Ce niveau de corruption est profondément immoral.
Nous devons immédiatement mobiliser nos avocats, nos juristes et nos experts pour être en mesure de tenir tête à des multinationales capables de lever d’un claquement de doigt une armée de lobbyistes, de communicants et de conseillers…et faire en sorte que ce nouveau bras de fer contre Bayer-Monsanto soit le dernier !
Après cette ultime bataille devant le Conseil d’État, il n'y aura plus de recours juridique possible pour le gouvernement, plus de manœuvres dilatoires, plus de stratégies de contournement, plus de sabotages procéduraux menés par l’agrochimie. Une nouvelle victoire marquerait un tournant historique et irréversible pour la sauvegarde des abeilles, des pollinisateurs, de la biodiversité et de l'avenir des générations futures.
Il y a urgence !
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de tirer la sonnette d’alarme sur l’extraordinaire rapidité avec laquelle les insectes pollinisateurs sont en train de disparaître partout en Europe (11) : Plus de cent nouvelles espèces d’abeilles sauvages viennent de basculer dans la liste rouge des espèces menacées d'extinction, parmi lesquelles 15 espèces de bourdons sur les 70 qui peuplent l’Europe, et 14 espèces d’abeilles cellophanes, essentielles à la pollinisation des arbres comme les érables rouges et les saules ;
Les populations de syrphes – le troisième grand groupe de pollinisateurs – risquent de perdre 37 % de ses contingents si rien n’est fait ; Plus de 40 % des papillons uniques à la région européenne et présents nulle part ailleurs dans le monde sont désormais menacés d’extinction ou sur le point de l’être.
C’est une catastrophe qui appelle à la mobilisation de toutes et tous, et à une réaction urgente avant qu'il ne soit trop tard. Avec votre soutien et au nom du million et plus de citoyens qui se battent à ses cotés :
- Pollinis a remis officiellement une feuille de route technique et scientifique aux mains du Premier ministre pour que les autorités sanitaires se chargent immédiatement de retirer les autorisations des 300 pesticides les plus dangereux et les plus répandus en France ;
- Pollinis va réunir les meilleurs avocats pour obliger l’État à respecter à la lettre ses obligations judiciaires et attaquer l’État pour non exécution s’il continue à refuser de s’exécuter pour retirer du marché tous les pesticides tueurs d’abeilles utilisés sur notre sol ;
- Pollinis va surveiller de très près, avec l’aide des plus grands spécialistes des abeilles, de la faune terrestre et aquatique, et de la santé humaine, chaque procédure de réexamen des autorisations de mise sur le marché et chaque proposition de réforme, pour s’assurer que les réponses étatiques soient à la hauteur des enjeux.
C’est pour mettre sur pied ce plan ambitieux et salutaire pour les abeilles que POLLINIS fait appel dans l'urgence au soutien des citoyens. Soutenez notre combat pour toutes et pour tous aujourd’hui, et pour les générations futures.
Un grand merci d’avance pour votre soutien et votre action déterminante.
Bien cordialement,
L’équipe POLLINIS
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- Le Monde, L’Etat sommé de revoir ses procédures d’autorisation des pesticides dans l’affaire Justice pour le vivant, 3 septembre 2025.
- Cour administrative d’appel de Paris, La Cour reconnaît la responsabilité de l’Etat dans l’existence d’un préjudice écologique résultant de l’usage des produits phytopharmaceutiques, 3 septembre 2025.
- Angelica Bianco, Pauline Nibert, Yi WuJean-Luc Baray, Marcello Brigante, Gilles Mailhot, Laurent Deguillaume, Davide Vione, Damien J. E. Cabanes, Marie Méjean, Pascale Besse-Hoggann, Are Clouds a Neglected Reservoir of Pesticides?, Environmental Science & Technology, 8 septembre 2025.
- INRAe, Impacts des produits phytopharmaceutiques sur la biodiversité et les services écosystémiques, mai 2022.
- ANSES, Produits phytopharmaceutiques, matières fertilisantes et supports de culture, le Rapport d’activité thématique 2024.
- Le Monde, « Justice pour le vivant » : l’Etat et les fabricants de pesticides saisissent le Conseil d’Etat, 20 novembre 2025.
- Commission européenne, Sécurité des aliments destinés à l’alimentation humaine et animale.
- POLLINIS, Justice pour le Vivant : L’Etat ne compte pas revoir les procédures d’autorisation des pesticides, 21 novembre 2025.
- Public Eye, Les géants de l’agrochimie gagnent des milliards grâce à des pesticides cancérogènes ou néfastes pour les abeilles, 20 février 2020.
- Fondation Jean Jaurès, L’arrêt « Justice pour le vivant », ou quand la justice vient pallier le manque de volonté gouvernementale de protéger la biodiversité, 13 novembre 2025.
- UICN, Des risques croissants menacent la survie des pollinisateurs européens sauvages – Liste rouge de l’UICN, 14 octobre 2025.
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