Ce n'est pas la fin de l'histoire...Par Frédéric Boccara

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Ce n'est pas la fin de l'histoire...Par Frédéric Boccara
 
 
Un mouvement communiste porteur d’un socialisme profondément refondé, autogestionnaire, doit viser l’émancipation.
 
 
À chaque revendication, que l’on soit travailleur d’Arcelor, militant de l’écologie, infirmière, enseignant, chercheur, cheminot, jeune ou retraité, on nous dit : « C’est le capitalisme », « c’est à cause de la dette ». Pour étouffer dans l’œuf toute velléité de changer le monde ou de s’émanciper, on nous assène ce fatalitas !
 
 
Pour un marxiste, le capitalisme est dépassable, comme toute économie et société, contrairement à ce que prétendent les conservateurs qui nous servent l’État comme compensateur de maux qu’il faudrait seulement atténuer.
 
 
C’est plus que jamais à l’ordre du jour de nos sociétés. Il faut donner à voir cette perspective et indiquer comment s’y prendre, sachant la faiblesse actuelle du mouvement révolutionnaire, malgré la grande colère et la capacité impressionnante de mobilisation du peuple de France, sachant qu’il faut tirer les enseignements des tentatives passées pour ne pas échouer.
 
 
Le capitalisme, au fond, c’est la domination du capital (coûts, pouvoirs, culture). Il a correspondu à la révolution industrielle : l’efficacité économique passait par une priorité au développement des machines. Elle a été « implémentée » en créant la catégorie capital et une classe sociale intéressée au capital en véhiculant ces critères par des institutions (conseils d’administration des entreprises, marchés financiers, banques, etc.), en tendant à ramener tout à du capital. Porteur de progrès et de maux terribles, jusqu’à menacer la vie humaine et rendre fou sur le sens de la vie, le capitalisme repose sur un monopole de l’utilisation de l’argent par le patronat et la culture de rentabilité.
 
 
Or, aujourd’hui, avec la révolution informationnelle, l’efficacité (économique, écologique, sociale) réside dans la priorité au développement des capacités humaines. Mais le système s’y oppose et s’envenime, d’où toute la crise systémique et de civilisation.
 
 
On ne peut amender cette logique à la marge, ni même la compenser en imitant les méthodes capitalistes (socialisme de rattrapage étatiste autoritaire). Changer la logique est possible précisément en changeant l’utilisation de l’argent. Cela ouvre un chemin radical.
 
 
Expérimenter, comprendre dans des luttes et porter des changements politiques profonds, non seulement sur les objectifs, mais aussi sur les pouvoirs et les moyens financiers. C’est un mouvement communiste porteur d’un socialisme profondément refondé, autogestionnaire, visant l’émancipation des capacités de chacune et chacun, dépassant les quatre marchés (travail, produits, monnaie, international).
 
 
Deux projets fondamentaux en sont la sécurité d’emploi ou de formation (SEF) et une tout autre mondialisation de partage et de codéveloppement écologique et social.
 
 
Ces visées anthropologiques, en étant vraiment portées, pourraient aider, dans le moment difficile qui recèle des potentiels refoulés, à mobiliser sur les grands enjeux de l’utilisation de l’argent et d’une autre relation aux entreprises comme aux services publics, interpellant le sens de nos sociétés pour une novation des droits et institutions.
 
 
Frédéric Boccara
Économiste et membre du comité exécutif du PCF
 

Publié dans Economie, Socialisme, PCF

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