Philippe Aghion ou les égarements du social-libéralisme. Par Denis Durand

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Aghion avec Macron qui parle de la "plitique de l'offre" aux effets dramatiques

Aghion avec Macron qui parle de la "plitique de l'offre" aux effets dramatiques

Philippe Aghion a eu la chance d’avoir des parents communistes. Ce n’est toutefois pas sa jeunesse militante qui l’a aidé à mériter le « prix Nobel d’économie », ou plutôt, le prix de sciences économiques décerné par la Banque de Suède dans le but, disent les mauvais esprits, de faire croire au monde entier, l’espace d’une journée, que l’économie serait une science de la nature comme la physique ou la chimie, et non une science des sociétés humaines dans leur développement historique. 

De fait, le professeur au Collège de France et son collègue Peter Howitt ont été récompensés pour avoir mis en équations les vues du penseur austro-américain Joseph Schumpeter, aussi réactionnaire que génial, qui attribue aux « entrepreneurs » et à leur œuvre de « destruction créatrice » le mérite du progrès économique au cours de l’histoire du capitalisme.  

Il est tout aussi vrai que Philippe Aghion se réclame d’une philosophie politique un peu différente, se voulant attentive à concilier le pouvoir des « entrepreneurs », y compris quand ils jouissent d’un monopole, avec le bien-être général ; en somme à s’attacher à ce que le « renard libre », une fois entré dans le « poulailler libre », y fasse le bonheur de ses occupantes. 

C’est, peut-on penser, ce qui l’a conduit à jouer un rôle de conseiller du Prince, auprès de François Hollande, puis d’Emmanuel Macron qu’il avait côtoyé, sous Sarkozy, au sein de la commission Attali « pour la libération de la croissance française», et dont il a fortement inspiré le programme économique. Vu les effets économiques et sociaux des politiques menées par les deux derniers locataires de l’Élysée, on ne s’étonne donc pas de retrouver son influence dans des inventions aussi perverses que celle du CICE, ou de le voir présider, en 2024, le « Front économique » du MEDEF avec Patrick Martin. 

De l’adhésion aux défunts modèles suédois ou danois à la justification, au XXIe siècle, des politiques inspirées par les exigences les plus féroces du capital, il n’y a qu’un pas que l’économiste couronné en 2025 n’est pas le premier à avoir franchi, et que son soutien récent à la « suspension » de la réforme des retraites n’a nullement remis en cause. 

Publié dans Economie

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