Ukraine… Washington s’impatiente, Zelensky et les européens tentent de freiner les négociations !
Les États-Unis poussent pour que les forces ukrainiennes se retirent de la région de Donetsk et que la zone soit transformée en « zone économique libre » ou « zone démilitarisée » selon Zelensky. Le président ukrainien, appuyé par le "quarteron européen", a envoyé leur version de cessez-le-feu à Trump.
Zelensky serait prêt à avancer sur la création d’une zone démilitarisée dans l’est de l’Ukraine et pourrait en céder une partie afin de stopper la guerre. Cette concession serait inscrite dans la version européenne du « plan de paix » établi par la Maison Blanche, transmise à Trump. Le président français, Macron, Merz et Starmer, ont participé à sa rédaction.
Une "zone économique libre" ou une "zone démilitarisée" ?
Selon ce dernier, les questions essentielles restant à négocier sont d'une part le contrôle de la région orientale de Donetsk et d'autre part le statut de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par la Russie. Washington voit les forces ukrainiennes se retirer de la partie de la région de Donetsk et transformée en « zone démilitarisée ». En échange, la Russie se retirerait des zones sous son contrôle dans les régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk (nord, nord-est et centre-est) et se maintiendrait dans celles de Kherson et Zaporijjia (sud). Les régions de Donetsk et de Lougansk, presque totalement sous son contrôle, sont les objectifs prioritaires de la Russie depuis 2022.
Le plan transmis aux États-Unis comporte trois parties, annonce le négociateur ukrainien Mykhailo Podoliak. La première porte sur la conclusion de la guerre, construite autour d’une vingtaine de points ; la seconde se concentre les garanties de sécurité européennes et états-uniennes à mettre en place afin d’éviter une nouvelle incursion militaire de la Russie ; la troisième partie est consacrée à la remise sur pied de l’Ukraine, morcelée par des années de guerre. Rien n'est dit sur la sécurité de la Russie ?
« Les concessions acceptées par Zelensky sont des décisions difficiles », souffle un diplomate européen. Le destin de ce plan remanié reste inconnu, alors que les États-Unis et la Russie poussent pour que leurs exigences respectives s’imposent dans les négociations.
Un accord avant Noël
La Maison Blanche a annoncé que Trump avait une « extrême frustration » quant aux réactions de Kiev et Moscou. « Il en a assez des réunions qui n’ont d’autre but que de se réunir, a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt. Il ne veut plus des paroles. Il veut des actes. Il veut que cette guerre prenne fin. » Il aurait fait connaître son impatience aux européens. Le quotidien Financial Times évoquait la volonté du locataire de la Maison Blanche de parvenir à un accord avant Noël. Un jour plus tôt, Trump assumait son mépris des capitales européennes coupables, selon lui, d’afficher des faiblesses. « Ils parlent trop, mais ils ne produisent rien », a t-il estimé. « Je connais certains dirigeants, a-t-il poursuivi. Je connais les bons, je connais les mauvais. Je connais les malins et je connais les stupides. »
Ne voulant pas se plier totalement à l’agenda états-unien, Zelensky a insisté, jeudi, sur le fait qu’une « élection » ou un « référendum » sera nécessaire pour trancher sur les questions territoriales en Ukraine. Déstabilisé par un scandale de corruption impliquant des proches et les reculs de l’armée, le dirigeant ukrainien s’est dit prêt à organiser une présidentielle si la sécurité du scrutin pouvait être assurée par les États-Unis et les Européens. Ce qui n'est pas le meilleur gage !
Une nouvelle rencontre entre l’Ukraine, le "Quarteron" européen (France, Allemagne, Royaume-Uni) et les États-Unis pourrait être organisée à Paris. Friedrich Merz, a proposé que les dirigeants des pays participants se retrouvent à Berlin, la semaine suivante.
(A suivre)
Sources : l'Humanité
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