Union "des droites", Sarkozy dévérouille, Retailleau applaudit !
Soyons clairs, l'expression "l'union des droites" signifie l'union de "la droite de l'extrême droite" qui va de Wauquiez et Retailleau chez les LR à Le Pen et Bardella à l'Extrême droite en passant par Ciotti, Zemmour de Reconqête. Un sacré équipage des plus réactionnaires existants en France, relais des "trumpistes" arcbouté sur un nationalisme chrétien ouvertement hostile aux droits universels et au multilatéralisme.
Cette "union des droites" a l'ambition de conquérir les pouvoirs locaux avant de viser la conquête de l'Elysée en 2027. En quelques jours Sarkozy et Retailleau ont fait monté les enjeux des prochaines municipales. « Les Républicains » se dirigent vers un rassemblement avec l’extrême droite. Au mépris de leur nom et de leur héritage gaulliste.
Rapprochement des idées avant le rapprochement électoral
Comme un symbole, Nicolas Sarkozy acte un point de bascule dans la démocratie française : sa famille politique ne combat plus l’extrême droite. Au contraire, elle la copie, l’adoube et lui déroule le tapis rouge. Ces derniers jours, les cadres du parti LR ont multiplié les ruptures en ce sens. Dimanche, Bruno Retailleau s’est même exprimé en faveur d’une « union des droites sur le terrain, par les urnes ». En vue des municipales, le président du parti et celui du groupe LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, sont par ailleurs raccord : aucun des deux n’a voulu tancer Martine Vassal.
La candidate LR à Marseille, soutenue par Renaissance et Horizons, a pourtant ouvert le 1er décembre la porte à une fusion avec la liste du lepéniste Franck Allisio au second tour des municipales. Des listes dites d’« union des droites » se montent publiquement dans plusieurs villes moyennes, comme à Bourg-en-Bresse (Ain) où des élus LR se sont rangés derrière un candidat Reconquête.
Cela explique aussi pourquoi dans certaines villes, il est constaté l'absence de liste RN alors qu'ils étaient régulièrement présents aux élections précédentes. Déjà des accords non-dits sont passés entre la droite locales et l'extrême droite locale conduisant à l'absence de celle-ci aux scrutin municipal. Certes des choses peuvent changer d'ici mars 2026, mais elles ne changeront qu'à la marge certaines situations locales. Reste qu'il faudrait qu'une telle ligne soit validée par les militants de tous les partis concernés. Quant à l'électorat c'est une autre question tant il a été déçu des la droite a pouvoir !
Chaque déclaration ressemble à un renoncement vis-à-vis de la République et nourrit l’hypothèse d’une alliance à venir. « S’ils disent aujourd’hui vouloir s’allier avec le RN, ils sont en position faible, comme Éric Ciotti en 2024, observe le philosophe Michel Feher. Alors qu’en se rapprochant ils font valoir ce qui est encore une réalité : que si le RN gonfle il n’est pas encore capable de gagner tout seul. C’est leur dire : « Vous avez besoin de nous. » Le but étant d’arriver à une situation à l’italienne, avec une coalition des droites en bonne et due forme. »
Les responsabilités de la gauche
Face à de tels enjeux, il est de la responsabilité de chaque parti de gauche de créer les conditions d'un large rassemblement des forces de gauche et écologistes pour les municipales qui soit d'une part établi sur la base d'un programme partagé qui répondent aux besoins des populations donc à construire avec elles, et d'autre part avec la volonté de créer un bouclier à la politique néolibérale de Macron et de la droite qui a déçu des millions de Français et a ouvert les portes du pouvoir à l'Extrême droite.
La position nationale de LFI qui est de présenter des listes partout y compris face à des maires de gauche ou écologistes sortants, ne va pas dans ce sens. Dans nombre de villes détenues par la gauche ou les écologistes on voit fleurir des listes LFI en concurrence risquant de livrer ces communes à la droite voire l'extrême droite ! Cette stratégie de LFI aux municipales risque de se transformer en victoire à la Pyrrhus en faisant perdre plus de communes que d'en regagner, ce qui est suicidaire !
La posture de LFI est suicidaire...
Le bilan des dernières élections présidentielle, législatives et européennes est clair. Sans faire reculer l’abstentionnisme et le vote RN dans la classe ouvrière et les catégories populaires, la gauche a peu de chances de battre le RN au second tour, quelque soit son candidat. Mélenchon ne veut pas du débat nécessaire sur les raisons profondes des échecs successifs de la gauche et de ses propres défaites, pour tenter d'imposer sa seule personne. Pourtant ce débat reste indispensable pour faire reculer l’extrême-droite et empêcher l’union des droites qui se construit.
Mélenchon n’a jamais considéré les communes comme un maillon essentiel de la république et de l’action citoyenne. Il veut faire disparaître le communisme municipal comme repère politique ainsi que l'alternative anti-capitaliste et le changement de civilisation qu'il porte et dans lequel les classes populaires peuvent se retrouver si les communistes développent leur activité autonome et leurs forces adhérentes et militantes.
Comme le rappelle Marie Christine Burricand sur le blog de la section de Vénissieux, la posture actuelle de Mélenchon et de la direction nationale de LFI :
"...est une ligne électoraliste d’abord, celle de la terre brûlée dont le risque essentiel est de profiter à la droite et l’extrême droite. Quelle que soit leur situation locale, les communistes devraient avoir le souci de ne pas nourrir la dynamique nationale que recherche la FI pour ces élections, dynamique qu’elle ne trouve pas pour le moment. La déclaration de la direction Fédérale du 93, qui cherche à faire passer un mauvais arrangement pour une victoire, est une quasi provocation dont elle aurait du s’abstenir. Il faut dire que c’est un député communiste de Seine-Saint-Denis qui en 2022 avait menacé de venir soutenir le candidat de la France insoumise à Vénissieux quand nous nous battions pour maintenir une candidature communiste."
Un congrès pour la visibilité, l'action et les idées communistes
Bien sur il nous faut revenir dans le cadre de la préparation du congrès sur les questions stratégiques qui doivent animer les communistes pour conquérir des pouvoirs politiques afin de conduire des transformations radicales aux plans économiques, sociales, démocratiques et écologiques tant dans l'entreprise que dans les villages et villes et nationalement. Le 38ème congrès et le suivant ont clairement affiché notre stratégie : plus d'effacement ! Il revient aux communistes de la faire vivre dans le réel.
Pour se faire, nous ne pouvons pas évacuer le fait que depuis ces deux derniers congrès des données politiques nouvelles ont émergées comme la progression de l'extrême droite et du populisme, le maintien d'un abstentionnisme des classes populaires, la division des forces social-démocrates et surtout l'approfondissement de la crise du système et de la mondialisation capitalistes avec la multiplication de conflits ayant souvent pour cause la conquête de ressources et la difficulté du système à atteindre les taux de profits qu'ils recherchent.
Face à ces enjeux le libéralisme fait feu de tout bois avec de fausses solutions qui garantissent les intérêts des multinationales et des puissants, et divisent les salariés et les populations. Notre démarche dans cette situation est de combattre toutes les divisions, de rassembler largement notre peuple et les peuples, pour des alternatives transformatrices, émancipatrices et de paix, de faire grandir la conscience de la nécessité de conquérir des pouvoirs partout pour les mettre en oeuvre.
Cela suppose un parti communiste actif et visible, dans les entreprises et les localités, qui soient en capacité de lutter sur le terrain des idées par la mise en avant de ses propositions et la multiplication d'initiatives pour les faire vivre.
Le communisme du 21ème siècle passe par la visibilité des communistes, leur action avec leurs idées au coeur, ou il ne sera pas !
Jean Chambon
Secrétaire de la Section de Pierre-Bénite
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