Chili. Fiesta de los Abrazos, (en français Fête des Accolades)...
Le Parti Communiste Chilien l’organise chaque année depuis 1988. Les trois premières ont eu lieu quand le Parti Communiste était encore interdit. La grande différence entre la Fiesta de los Abrazos et la Fête de l’Huma c’est le temps. A Paris on craint toujours que la pluie ne s’en mêle. A Santiago, on espère qu’il ne fera pas trop chaud. Il aura quand même fait 33° ce week-end.
Cette fête était le premier grand évènement politique depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle le 16 décembre qui avait vu la victoire du candidat d’extrême-droite Jose Antonio Kast.
Pourtant l’heure n’était pas à la résignation, à l’abattement. On retrouvait dans cette fête les sourires complices et fraternels, la joie de se retrouver ensemble. On ne sentait pas de défaitisme. Les combats futurs se préparent dès aujourd’hui. Le mouvement féministe a d’ores et déjà appelé à trois jours de mobilisation pour le 8 mars. Le nouveau président sera investi le 11 mars.
L’inauguration de a Fête a été marqué par plusieurs discours, celui du nouveau maire de Recoleta, Fares Jadue (qui, malgré son nom, n’a pas de lien familial avec Daniel Jadue), celui de Jeannette Jara, l’ex-candidate de la gauche à la présidentielle et de Lautaro Carmona, le président du Parti Communiste du Chili.
Les voix ont été concordantes pour dénoncer l’agression des USA contre le Venezuela et les menaces de guerre qui planent sur tout le continent américain, du Groenland au Mexique, de Cuba au Venezuela. Lautaro Carmona a appelé à la création d’un grand Mouvement pour la Paix au Chili qui rassemble de la façon la plus large.
Jeannette Jara a demandé que tous les partis de gauche étudient de façon autocritique la façon dont s’était déroulé la campagne sans rester dans des formules générales « la montée de l’extrême-droite est un phénomène mondial ». La gauche doit créer les conditions pour devenir majoritaire électoralement et culturellement.
Fares Jadue a rappelé toute l’œuvre qu’avait accompli Daniel Jadue, son prédécesseur comme maire de Recoleta, en particulier la création des pharmacies populaires, pharmacies municipales où il est possible d’acheter les médicaments jusqu’à 10 fois moins chers que dans les 3 grandes chaines de distribution privée.
Daniel Jadue, représenté à la Fête par sa femme, avocate brésilienne, est toujours assigné à résidence chez lui, en attente de son procès où le procureur le menace de 18 ans de prison.
Pierre Camppanera
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