DNC : des perspectives à saisir par la FNAF CGT

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

DNC : des perspectives à saisir par la FNAF CGT

 

La santé animale n’est ni une évidence « naturelle » ni une simple affaire de protocoles. La DNC met en tension des intérêts contradictoires entre le patronat agricole, ses logiques économiques et d’exportation, et les besoins de sécurité sanitaire, de conditions de travail des salariés, de bien-être animal et de services publics.

 

Classée en catégorie A au titre de la Loi Santé Animale, dans le contexte d’une économie libérale européenne, la DNC impose des mesures immédiates par l’instauration de zones délimitées, des restrictions de mouvements, le nettoyage et la désinfection, l’abattage et l’élimination des bovins susceptibles d’être contaminés.

 

Ces décisions s’appuient sur les recommandations d’expertises scientifiques (Anses, Efsa, Organisation mondiale de la santé animale) et sur l’expérience des pays déjà touchés. Mais la référence à la science établie ne doit pas servir de paravent à des décisions dictées par le seul dogme européen et patronal de la « concurrence libre et non faussée ».

 

La biosécurité sanitaire (prévention des maladies dans le cheptel) ne peut se résumer à une dimension anxiogène pour l’élevage. En réduisant la question à une logique de peur et de bons sentiments envers les animaux, on relègue la prévention au second plan, alors qu’elle devrait être prioritaire.

 

Or, la prophylaxie est limitée au strict minimum, les moyens humains manquent, et la disparition des Direction départementale des services vétérinaires (Ddsv), intégrées aux directions départementales de la protection des populations (Ddpp) dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (Rgpp) chère à Sarkozy, a encore aggravé la perte de moyens sanitaires publics de proximité.

 

La DNC révèle une crise structurelle du modèle d’élevage capitaliste marquée par l’intensification des flux, la logique d’exportation et l’allongement des chaînes de production qui multiplie les allers-retours et le transport d’animaux. À cela s’ajoutent la concentration des élevages, la fermeture des abattoirs publics, la spécialisation régionale, le recul de la polyculture-élevage et de la recherche publique.

 

Cette logique se retrouve dans la « politique du broutard », qui produit des animaux jeunes destinés à être engraissés à l’étranger, en dehors des besoins alimentaires du pays. On exporte et l’on dépend ensuite d’importations pour répondre à la consommation nationale de viande bovine. Et pour préserver le statut sanitaire français, on limite la vaccination généralisée contre la maladie.

 

Cette gestion capitaliste de l’élevage français favorise la circulation des microbes et des virus accentués par le dérèglement climatique que nous définissons comme « capitalocène ». Des choix qui orientent l’agriculture vers l’exportation, bien loin de la souveraineté alimentaire du pays, en spécialisant les filières bovines au service du capital.

 

Des orientations économiques, sociales et sanitaires du patronat agricole et du gouvernement, posant la question de l’avenir de l’élevage bovin en France.

 

Que des forces d’extrême-droite, voire d’autres, se saisissent de cette situation pour organiser le chaos et visent à ouvrir la porte au fascisme, montre à la fois le besoin de mesurer les enjeux économiques et sociaux dans le système alimentaire et le besoin d’approche de classe concernant des questions qui émergent des rapports sociaux vécus dans notre pays.

 

Montreuil, le 15 janvier 2026

Déclaration de la FNAF - CGT

Publié dans Agriculture, syndicats

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