Intervention de Frédéric Boccara au CN du PCF du 10 janvier portant sur le Venezuela

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Intervention de Frédéric Boccara au CN du PCF du 10 janvier portant sur le Venezuela

 

1- Je me félicite qu’une déclaration ait été publiée très rapidement sur le Vénézuela, n’hésitant pas à exiger la libération de N. Marudo. Néanmoins, je suis un peu fatigué de voir qu’on est toujours obligé de revenir sur les mêmes points, comme s’il n’était pas tenu compte de nos débats aux CN précédents.

 

Une élaboration plus collective en amont, en lien avec une toute autre conception du CEN et de nos directions, permettrait de commencer nos séances du CN avec un texte plus juste dès le départ et de concentrer nos débats sur nos initiatives et sur la mobilisation du parti, ainsi que la formation des militants.

 

En particulier, la préparation d’un meeting international pour la paix devrait être une priorité (avec la venue de partis européens comme Die Linke, Refondazzione Communista, le PCE, le PTB belge, les Irlandais du Sinn Fein, et des représentants du Venezuala, de Cuba, du Brésil, d’Afrique, etc.). Nous en avions déjà proposé au CN de novembre.

 

Concernant le fond des choses et le texte proposé.

 

2- Il faut bien articuler dénonciation de l’atteinte à la souveraineté nationale et affirmation du droit international, ce que fait le texte proposé. En revanche, dire qu’il s’agit d’un « coup d’Etat » est aller vite en besogne. Je propose de plutôt mettre qu’il s’agit d’un « acte de guerre ».

 

3- Au-delà du respect des principes du droit international, il nous faut d’autre part porter l’exigence de changer l’ordre international actuel, politique et économique, ce qui implique non pas de parler en général mais de mettre sur la table la réforme profonde des institutions internationales et le besoin de nouvelles. Je fais un certain nombre de propositions d’amendements en ce sens.

 

4- Il faut très tôt dans le texte donner des clés de compréhension, en partant de la crise actuelle du capitalisme et de l’impérialisme étatsuniens : nouvelle « étape de la crise et recherche d’une nouvelle réponse unilatérale et monopoliste, car les réponses passées sont en crise ». En confirmation et continuation avec ce que nous disions sur la guerre commerciale et tarifaire lancée par Trump.

 

5- Les motifs économiques ne sont pas les seuls, il y a aussi des motifs proprement politiques : étouffer tout gouvernement progressiste et toute velléité d’indépendance envers les Etats-Unis. Il faut le dire.

 

6- Cela va jusqu’à l’intimidation des « alliés » des Etats-Unis, Mexique, Canada et Union européenne. C’est un enjeu majeur pour Trump. Nous ne pouvons pas laisser la question de l’Europe de côté, c’est un élément majeur de l’extension de la « doctrine Monroe », avec en outre la récupération de la situation par certains pour une accélération fédéraliste européenne qui peut s’en suivre.

 

7- Les enjeux économiques ne se réduisent pas au pétrole. Il y a l’ensemble des multinationales (pas seulement les extractives), les GAFAM et le monopole des technologies.

 

8- Quant au dollar, j’apprécie que cette première version de déclaration en dise un mot, mais le cœur de sa domination c’est le drainage des capitaux et les financements, pas uniquement les échanges. D’où un amendement.

 

9- Avec la menace de Trump sur le Groënland, qui fait partie d’un Etat de l’OTAN, il devient clair, j’espère, que la sortie de l’(OTAN et la construction d’une autre alliance sont à l’ordre du jour. Nous devons l’exiger.

 

9- Enfin, il faut conclure sur l’alternative de fond. On ne peut pas être en simple réaction. On ne peut prendre les questions de la paix et de la coopération, qui sont fondamentales, de façon traditionnelle. Dans la déclaration, il nous faut amener deux autres éléments majeurs au cœur de notre orientation (celle adoptée aux 38è et 39è congrès, du moins…, pas forcément celle portée par les interventions des porte-paroles dans les médias) : les biens communs et le besoin d’institutions spécifiques pour coopérer, dont un bien commun particulier : la monnaie.

 

Voilà les enjeux du 21è siècle : un nouvel ordre international, avec une ONU profondément réformée (sans le droit de veto des 5 pays, dont les puissances néo-coloniales) et la mobilisation de moyens financiers nouveaux pour les biens communs (dont climat, les ressources énergétiques, les technologies), et pour l’emploi et les services publics. Cela exige de transformer profondément le FMI et l’OMC et de les mettre sous l’égide d’une ONU transformée profondément. Nous devons porter notre projet.


 


 

Publié dans PCF, Amérique Latine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article