La Société Générale annonce la suppression de 1 800 postes en France d’ici 2027

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

La Société Générale annonce la suppression de 1 800 postes en France d’ici 2027

 

La Société Générale annonce qu’elle va présenter un projet de réorganisation qui prévoit la suppression de 1 800 postes en France d’ici à fin 2027, sans procéder à un plan de départs. La CGT, qui avait dévoilé ce plan dès mercredi dans un tract, a dénoncé une « politique du fait accompli ».

 

C’est Alexis Kohler lui-même, fraîchement débarqué du secrétariat de l’Élysée l’été dernier pour rejoindre la Société générale, qui l’a annoncé aux représentants CGT. La banque doit passer une « nouvelle étape », a-t-il introduit. Les deux précédentes : la fin du télétravail et des garanties de l’accord emploi n’avaient déjà pas laissé un bon souvenir aux salariés.

 

Cette fois, il s’agit de faire fondre les effectifs de 2 254 postes sur 40 000 en France grâce à « l’attrition naturelle de 5 % par an » – entendre les départs volontaires ou à la retraite – tout en limitant les ouvertures de postes à 446 créations, d’ici à fin 2027.

 

« En plus d’avoir le sentiment d’être mis devant le fait accompli, on a eu vraiment l’impression d’être face à un tableau Excel, je ne vois pas comment ils vont pouvoir faire ça correctement, alors que tous les dispositifs d’accompagnement, autres que la mobilité interne, ont été supprimés », soupire Philippe Fournil, délégué national de la CGT Société générale.

 

Les cadres les premiers concernés

 

D’après le syndicat, les emplois ciblés seront surtout des cadres, au siège et dans les directions commerciales, mais « le réseau d’agences n’est pas concerné », a précisé la banque. « Voilà quelque temps qu’on voit des consultants de McKinsey dans nos locaux, qui nous disent « travailler à l’optimisation de processus », raconte Philippe Fournil. Ils en ont conclu qu’il fallait limiter le « span of control » et diminuer le nombre de strates hiérarchiques. »

 

Le cégétiste nous traduit le jargon du cabinet de conseil : « Ils veulent réduire l’armée mexicaine des cadres en ciblant ceux qui ont moins de 5-6 personnes sous leurs ordres. » Deux pôles régionaux devraient aussi disparaître, Laydernier, en Savoie, rejoindrait l’Auvergne-Rhône-Alpes, quand Tarneaud, dont le siège est à Limoges, serait éclaté sur Rennes (Grand-Ouest) et Bordeaux (Sud-Ouest).

 

Ce qui passe d’autant plus mal, c’est qu’un accord-cadre sur l’emploi venait tout juste d’être signé, et que les syndicats avaient expressément demandé de la visibilité à la direction.

 

Le CSE sur ce nouveau plan de baisse des effectifs devrait se tenir le 29 janvier. Socialement, l’ambiance était mauvaise à la Société générale en 2025, avec des journées de grève pour les salaires, l’emploi et une très forte mobilisation contre la fin du télétravail. L’année 2026 commence mal, même si la direction n’annonce pas de départs forcés.

 

En France, les effectifs ont commencé à fondre depuis l’arrivée, en 2023, du nouveau directeur général Slawomir Krupa. Après avoir supprimé 900 postes en 2024, celui-ci promettait encore, en septembre dernier, devant les actionnaires, de faire fondre de 4 000 les effectifs français d’ici à 2030 sans plan social.

 

Hors de France, le nouveau patron est encore plus radical et cède des activités à tout-va. « Il y a quelques années, on était près de 160 000 salariés dans le monde, à la Société générale. Là, c’est bien le diable si on est encore 110 000 », pointe Philippe Fournil.

 

La rédaction  de l'Humanité

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