Venezuela : la gauche à l'Assemblée, dénonce la positon irresponsable de Macron

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Si Macron plaide sans cesse que pour être respecté, il faut être craint, Stéphane Peu, le président (PCF) du groupe Gauche démocrate et républicaine, lui, rétorque surtout que pour « être puissant il faut être crédible et pour être crédible il faut être juste ». © Urman Lionel/ABACA

Si Macron plaide sans cesse que pour être respecté, il faut être craint, Stéphane Peu, le président (PCF) du groupe Gauche démocrate et républicaine, lui, rétorque surtout que pour « être puissant il faut être crédible et pour être crédible il faut être juste ». © Urman Lionel/ABACA

 

À l’Assemblée, les députés d’opposition ont appelé le gouvernement à dénoncer les actes de Donald Trump et à prendre son indépendance face à un président américain qui bafoue le droit international. Même les macronistes sont embarrassés.

 

D’après le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le gouvernement a eu une parole « claire et cohérente » suite à l’enlèvement de Nicolas Maduro par Donald Trump. Vraiment ?

 

Lors d’un débat organisé ce 19 janvier à l’Assemblée nationale sur le rôle de la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales, notamment au Venezuela, l’ensemble des forces d’opposition ont, de nouveau, dénoncé l’alignement de Macron sur Washington – malgré leurs différences d’appréciation sur la nature du régime à Caracas.

 

Alors que « la Charte des Nations unies a été violée », le manque de réaction du président Macron rappelle la « perte de crédibilité de notre diplomatie et interroge le rôle des Français sur la scène internationale », lance Stéphane Peu, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale. Si Macron plaide sans cesse que pour être respecté, il faut être craint, Stéphane Peu lui rétorque surtout que pour « être puissant il faut être crédible et pour être crédible il faut être juste ».

 

Pour LFI, Macron « tourne une fois de plus le dos au droit international »

 

Mais la loi du plus fort, imposée par Donald Trump, l’emporte désormais sur la justice. Et Macron, en se rangeant de son côté, « tourne une fois de plus le dos au droit international », accuse Arnaud Le Gall, député LFI. « Le 3 janvier, la France aurait dû être dans le front du refus regroupant l’Espagne, le Brésil, le Chili, la Colombie et l’Uruguay, dénonçant l’agression contre le Venezuela », assure l’élu.

 

« Prévenir et résoudre la crise en rappelant le droit international n’est pas l’acte des faibles mais prévient le chaos », continue la députée socialiste Dieynaba Diop, selon qui « un dictateur tel que Nicolas Maduro ne doit pas être remplacé par un tyran », représenté par Donald Trump.

 

Celle-ci et d’autres parlementaires n’ont pas manqué de rappeler que la France avait pourtant déjà réussi à s’affirmer face aux États-Unis, notamment en 2003, quand le pays américain menaçait d’envahir l’Irak. En refusant de s’affirmer face à Trump, Macron montre que, pour lui, « le droit s’applique à géométrie variable : la souveraineté est tolérée ici et défendue ailleurs », souligne Sabrina Sebaihi du groupe Écologiste et social. Paris dénonce à raison les agissements de Poutine en Ukraine, mais tolère ceux de Trump au Venezuela, ou de Benyamin Netanyahou en Palestine.

 

Vers une plus grande indépendance de l’Europe

 

Même les macronistes, qui ont pu se féliciter dans un premier temps de la chute de Maduro, s’inquiètent de la ligne tenue face à un Donald Trump qui « menace d’augmenter les tarifs douaniers pour les pays qui protègent le Groenland », s’alarme Christopher Weissberg, député Ensemble pour la République. Pour le bloc central, cela plaide pour plus d’Europe : « il faut qu’elle devienne une puissante souveraine qui n’a plus peur d’agir sur les menaces du monde ».

 

Cette menace doit pousser la France et toute l’Union européenne à « sortir de la dépendance américaine dans tous les domaines stratégiques », affirme la socialiste Dieynaba Diop.

 

Mais pour le gouvernement, l’affaire se joue surtout au niveau du budget, plus que de la diplomatie. Pour Catherine Vautrin, la France doit surtout se réaffirmer par sa puissance militaire. La ministre des Armées et des anciens combattants prône, pour cela, « un triple réarmement : des stocks, des forces et des esprits ». Tout ça, dans le périmètre de l’Otan, sous l’égide… des États-Unis ?

 

Sources : l'Humanité

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