Venezuela : une guerre impériale qui menace tous les peuples
Après l'agression du Venezuela par les USA, quelques réflexions sur sa portée, la nécessité de la solidarité internationale avec le peuple vénézuélien, l'urgence de faire grandir la conscience de classe et de construire un autre ordre mondial...
L'agression militaire des États-Unis contre le Venezuela marque un tournant historique gravissime. Ce n’est pas un épisode de tension, ni une crise régionale de plus : c’est l'affirmation brutale de la loi du plus fort par la première puissance économique mondiale, une guerre impériale qui foule aux pieds le droit international et la souveraineté des peuples.
Ce qui se joue dépasse largement le Venezuela. Cette intervention est d'abord l’aboutissement d’une doctrine désormais revendiquée par Washington : faire de l’hémisphère américain une zone de domination exclusive, interdire tout choix politique indépendant, toute coopération libre avec d’autres puissances, toute maîtrise nationale des ressources stratégiques. Le pétrole, les minerais, les infrastructures, les routes maritimes : voilà les véritables raisons de cette agression.
À cela s’ajoute une obsession idéologique : empêcher coûte que coûte l’existence de gouvernements qui refusent l’alignement, criminaliser toute alternative sociale ou politique, amalgamer immigration et narcotrafic puis en faire le prétexte d'un interventionnisme militarisé sans limite. La grâce accordée par Trump en décembre dernier à l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández condamné pour trafic de drogue révèle l’hypocrisie totale de cette rhétorique.
Cette guerre impériale est en réalité l’expression violente du système capitaliste qui protège les intérêts des grandes puissances économiques et financières contre les travailleurs et travailleuses du monde entier. Contrairement a ce que Trump prétend pour masquer l'échec de sa politique intérieure, cette agression ne bénéficiera en rien au peuple américain mais uniquement aux actionnaires des grandes multinationales pétrolières. Et quoi qu'on pense du régime de Maduro, il serait bien naïf de croire qu'elle bénéficiera au peuple vénézuélien qui peut se retrouver demain sous la domination totale des USA.
Riposter à cette politique suppose donc de développer la solidarité internationale et de faire progresser partout la conscience de classe, de comprendre que les peuples n’ont rien à gagner aux guerres de l’impérialisme, et tout à perdre à céder à la division, au nationalisme, a la xénophobie promus par l'extrême droite partout dans le monde.
Rien n'est joué à cette heure quant à un changement régime favorable au pouvoir états-unien. Pour autant, surtout si Trump atteint son objectif, cette intervention ouvre une séquence dangereuse pour l’ensemble de l’Amérique latine et des Caraïbes. D’autres pays, en premier lieu Cuba et le Nicaragua, sont menacés. La Bolivie et le Brésil qui tiendront en 2026 des échéances électorales sont également sous pression renforcée.
La région est sommée de choisir : se soumettre ou être sanctionnée, déstabilisée, frappée. Au-delà, le Groenland a également été ciblé à de nombreuses reprises par Trump.
À l’échelle mondiale, cette politique légitime la guerre, affaiblit encore le droit international, alimente les logiques de blocs et rapproche le monde d’affrontements généralisés.
L'agression états-unienne contre le Venezuela concerne tous les peuples, et donc le peuple français. Car ce qui est piétiné aujourd’hui au Venezuela, c’est le principe même de souveraineté populaire, celui qui fonde aussi notre propre démocratie. La France ne peut être complice, comme le fait Emmanuel Macron par son alignement, d’une telle fuite en avant guerrière. Faisons entendre une autre voix de la France que celle d'un président vassal des USA.
L'heure est à dire non à l’intervention des USA, non à la loi du canon, oui au droit des peuples à décider d’eux-mêmes. La paix n’est pas la soumission. La solidarité internationale n’est pas une option morale : c’est une nécessité politique.
Aux peuples, à la classe travailleuse de mettre à l'ordre du jour, par leurs luttes et la conquête de nouveaux moyens et pouvoirs d'intervention, un autre ordre mondial de paix et de coopération de nations et de peuples libres et souverains. Comment ?
- Par un mouvement d'appropriation publique et sociale permettant un dépassement des marchés capitalistes.
- Par une mobilisation pour la paix exigeant ici la sortie de la France de l'OTAN et la dissolution de cette alliance.
- Et par la refonte des institutions internationales, en particulier l’ONU, l’OMC et le FMI, pour révolutionner les rapports mondiaux et le système financier.
Au lendemain de cette agression, et quelques semaines après la victoire de Kast au Chili, héritier de Pinochet, n'oublions pas les mots de Salvador Allende : "L'histoire est a nous, ce sont les peuples qui la font".
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