Affaire Epstein ou la nausée due à un système décadent...
Cette lettre qui n’a que pour seule ambition que de s’inscrire et d’animer l’indispensable débat démocratique visant à déplisser les orientations du capitalisme à son stade actuel et à tenter de rechercher des voies de son dépassement-abolition.
Celui-ci va de pair avec le combat principal de l’heure : empêcher l’extrême droite et le proto-fascisme de s’étendre sur la société jusqu’au pouvoir suprême. Celle-ci est en effet la béquille d’un système qui désormais renie ce qu’il appelait auparavant « la démocratie libérale » ou le néo-libéralisme. De nombreux théoriciens expliquent que la démocratie (y compris la démocratie bourgeoise et parlementaire) s’oppose à la liberté d’exploiter les hommes et la nature. C’est ici le grand combat d’urgence, le combat pour aujourd’hui. Pas pour dans 20 ans, mais ici et maintenant dans un processus communiste de transformation des réalités et des consciences.
Il y a tant à dire chaque semaine qui passe.
L’immoralité de ce système se révèle chaque jour un peu plus. Le président des Etats-Unis qui déclenche partout, guerres sociales, guerres économiques, guerres monétaires, guerres militaires, guerres contre « l’autre » prétend au prix Nobel de la paix. Le capitaliste le plus riche de notre pays s’installe à…l’académie française. Un animateur de télévision condamné pour crime sexuel reste en poste avec le soutien du propriétaire de CNews pendant que l’infect rapporteur d’une commission d’enquête parlementaire portant non pas sur le fonctionnement de spectre de l’audiovisuel, mais sur « l’audiovisuel public » est le procureur contre celui-ci.
On croit avoir tout vu. Et puis. Et puis une nouvelle poussée de nausée encore plus forte que la précédente vous saisis. La gorge se serre, le mal de ventre vous paralyse. Une couche supplémentaire de dégoût vient s’ajouter aux précédentes. Les frasques de la caste capitaliste se révèlent au grand jour écrit noir sur blanc, photographiées, filmées dans les carnets du prédateur sexuel J Epstein.
Il convient d’ouvrir les yeux et les oreilles pour mesurer l’océan qui sépare le gotha des puissants et des possédants accompagné de leurs valets qui se retrouvent dans des territoires aussi restreint que le quartier des Champs Élysées, le Marais et Saint-Germain-des-Prés pour deviser sur leurs affaires lucratives et les moyens de piller toujours plus le travail ouvrier comme celui des créateurs dans des soirées de fêtes et de débauches.
Dans ce monde où se côtoie grand argentiers, puissants possédants, producteurs de cinéma, conseillers ministériels, ministres et anciens ministres, on se prête des jets privés, des villas sur les Champs Élysées ou à Marrakech, on s’invite sur des yachts et des palaces tout en semant à la volée les argumentaires visant à cacher la nature du système, à diviser les travailleurs et les citoyens, à cracher sur le syndicaliste et le militant du dépassement de la pourriture de leur système. On y organise la connivence de plateaux avec les petits défilés de gros ruminants voulant détruire l’Etat social, celui des chasseurs de prétendus « assistés », ou de « jeunes des quartiers », accompagné des carabiniers chargé de tirer à vue sur « le fonctionnaire » et des fauconniers dénigrant « l’artiste subventionné » poussant les traqueurs de « travailleurs immigrés ».
Tous sont escortés par les commissaires de la pensée unique collant sur nos visages des variétés d’étiquettes à disqualification qui vont « d'extrême gauchiste » à « antisémite » en passant par « ennemi de la patrie » s’il vous vient à l’idée de taxer un peu le grand capital lucratif. La caste des tout-puissants s’activent au-dessus de toutes les lois, au-dessus de notre humanité commune. Elle vocifère contre les normes sociales et environnementales, les impôts de de « production » tout en déglutissant sous le ruissellement des aides publiques et des spéculations financières.
Voilà ce qui jaillit de cette abominable, dégoutante, ignoble, sordide, obscène affaire Epstein. Le pédocriminel mort en prison en 2019 laisse un dossier de centaines de milliers de documents – ou le président Trump est cité 1500 fois - démontrant une organisation mêlant argent et affaires, politique et influence, violence contre des jeunes filles et des enfants. Ici vit le séparatisme, dans ces zones grises de la haute bourgeoisie, ses ultra-riches et ses puissants qui se retrouvent dans les mêmes salons, partagent les mêmes carnets d’adresses, les mêmes fournisseurs de bons vins et de cocaïne mêlant connivence et jouissance.
On ne parle pas ici d’un vol de mobylette ou d’une barre chocolatée, mais d’une violente mécanique de soumission, de traite de jeunes filles et d’enfants recrutés pour être offert a des gens de la bonne société qui ne sont en fait que des prédateurs et criminels sexuels, des esclavagistes du sexe confisquant les papiers de leurs proies, les enfermant, les réduisant au silence y compris en les achetant.
C’est une chaine de connivences, de transactions opaques et de combines, de passe-droit, de corruptions diverses, d’arrangements privés, d’accord confidentiels où chacun tient l’autre par la barbichette.
Après quoi ou en même temps, ils créent des « boites à idées » pour justifier la poursuite du capitalisme, le maintenir coûte que coûte en survie et organisent le covoiturage vers les parlements pour gagner toujours plus de privilèges. Ils font croire que c’est pour le bien de tous alors qu’il ne s’agit que du leur.
La concentration de richesses et la puissance poussent ainsi aux dérogations d’obligations au bien commun, aux zones de « non-droit » des beaux quartiers et au sommet de la pyramide du capitalisme international qui ne manquent jamais de désigner le quartier populaire, l’ouvrier syndiqué, le conducteur de train, l’employé communal, l’agence de l’environnement, école publique à la vindicte. Voilà, qui contaminent et minent la démocratie et la politique. Voilà ou se trouve le parasitisme. En haut tout en haut. Pas dans la maison du voisin.
Que la clarté soit faite. Que la justice passe. Le moment appelle d’expliquer autour de soi que ce n’est pas notre semblable, travailleurs, créateurs, enseignants, retraités, privés d’emploi, immigrés allocataires de prestations sociales… le problème, mais la grande oligarchie qui se gavent de nos divisions et cherchent avec l’extrême droite la béquille pour faire perdurer le système.
Une puissante onde choc va passer. Dans les fêlures qu’elle va créer semons ces germes de communisme en actes.
Patrick Le Hyaric
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