Front commun contre l'extrême droite ! Par Patrick Le Hyaric
Je vous souhaite la meilleure semaine possible, avec une pensée pour toutes celles et ceux qui ont à souffrir des intempéries dont le lien avec les dérèglements climatiques se confirme. L’Humanité aura fait ces derniers jours un considérable travail pour tenter de nous faire sortir des obscurcissements que nous imposent les mécaniques dominantes après le meurtre du jeune militant d’extrême droite Quentin Deranque le 12 février à Lyon.
Je suis de ceux qui condamne cette violence politique jusqu’à donner la mort. Je suis de ceux qui considèrent que les coups ne doivent pas remplacer l’argumentation contradictoire, la conviction, la dispute politique. La démocratie véritable ne peut avancer que quand, vit la politique et que recule la politique de la force. Il est utile de noter que les jeunes militants des couleurs de l’extrême droite étaient venus pour provoquer, perturber une conférence de Rima Hassan.
Les coups portés jusqu’à la mort sont inexcusables, inacceptables. Aucune posture, aucun intérêt personnel ne peut se placer au-dessus de la démocratie et de la République. Déroger à cette attitude, revient –parfois malgré soi- en fortifier les ennemis de la République, à jeter encore un carburant inflammable dans le réservoir qui propulse les moteurs de l’extrême droite. Il faut toujours être en alerte, l’extrême, droite prend souvent le pouvoir sur fond de violences et de refus populaire du désordre, dans un cadre général où le capitalisme de plus en plus agressif et violent a besoin d’une béquille pour perdurer.
Dans le cas du crime de Lyon, l’enquête doit dire ce qui s’est exactement passé et donner le déroulé réel des événements qui ont abouti à la mort. Il n’est pas celui qu’ont raconté certaines chaines de télévision. Cependant, quand on est attaché parlementaire, on s’empêche si on a le souci de protéger son député. Cela a inévitablement ouvert la porte à un récit qui discrédite la lutte antifasciste et La France insoumise.
Le groupe parlementaire de La France insoumise devrait être clair et condamner avec fermeté ce drame. Même si cela est inconfortable, on ne peut laisser alimenter une chronique qui ne fait qu’alimenter les tensions, les doutes, les amalgames. On prête le flanc à une campagne politique qui dénature, qui dévalue, la nécessité de la lutte antifasciste. C’est un comble !
D’un autre côté les progressistes et les démocrates dans leurs diversités devraient refuser nettement l’interprétation des faits au camp suprémaciste de l’extrême droite. Si Rima Hassen est sous protection policière c’est bien parce qu’elle est menacée et non l’inverse. On ne peut prêtre le flanc à l’insupportable accusation renvoyant dos à dos une prétendue « extrême gauche « contre une réelle extrême droite aux ramifications internationales.
Pour la première fois depuis la libération une manœuvre de grande importance vise à inverser les rôles et les responsabilités entre fasciste et antifascistes. Ceci dans un climat ou un ministre accuse une rapporteure de la Commission des droits de l’homme à l’ONU (Francesca Albanese ) devant le parlement sur la base de déclarations tronquées par des officine au service de l’extrême droite israélienne, qu’un Premier ministre veut faire confondre dans la loi « antisémitisme « et « antisionisme « conformément au désidérata de l’extrême droite Israélienne, que la candidate du parti les Républicain à la mairie de Marseille se revendique du triptyque « travail, famille , patrie » en lieu et place de « liberté, égalité, fraternité ».
Veillons à ne pas participer malgré soi au détournement de la vigilance face au danger principal : la montée de l’extrême droite. Celle-ci est réelle et dangereuse. Nous sommes au dangereux point de bascule. Nous en sommes prévenus quand, après ses manifestations de soutien à Quentin Deranque, ces derniers jours dans plusieurs villes, elle s’est retirée en maculant les murs de croix gammée.
A quoi joue le pouvoir quand il laisse une manifestation se dérouler, avec tous les groupuscules fascisants d’Europe ce samedi à Lyon contre l’avis du maire. A la suite de ce crime, la diabolisation de La France insoumise a repris de plus belle, avec ses amalgames, ses mensonges, ses contrevérités.
Elle n’a pour seul objectif que de rendre présentable l’extrême droite identitaires, de diviser la gauche, de stériliser une partie de l’électorat. Raison de plus de ne pas y prêter le flanc, au nom d’une indéfendable posture alors que ce mouvement ne peut être accusé de ce crime.
Il y a urgence dans toute la gauche à penser d’abord au rassemblement populaire, à la méthode démocratique, au respect du droit, au respect mutuel, à l’unité en refusant notamment de défaire ce qu’on construit d’autres forces de gauche souvent dans l’unité depuis 1977 à la tête de municipalités progressistes et démocratiques, même aux périodes ou les désaccords sur les politiques nationales et internationale n’étaient pas mince.
Je ne sais comment le dire encore et encore, comment le crier : alerte le pire approche, le pire est proche si nous n’y prenons garde.
Pensons à celles et ceux qui souffrent et ont d’abord besoin d’un projet unitaire progressiste et non de d’être soumis à l’assurance vie d’un capitalisme autoritaire et militariste. La réflexion et les discussions apaisées doivent se poursuivre dans l’intérêt général. Mettons entre les mains de nos concitoyens tous les éléments qui permettent de se faire une opinion, de juger et d’agir.
Avec mes amicales salutations.
Patrick le Hyaric
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