Mélenchon fait une « offre fédérative » aux communistes pour la présidentielle et les législatives

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

Mélenchon fait une « offre fédérative » aux communistes pour la présidentielle et les législatives
 
 
Alors que dans plusieurs villes du pays, les maires sortants sont communistes, fleurissent des listes Insoumises de LFI risquant de faire chuter la gauche et de donner la ville à la droite, Mélenchon a proposé au PCF un accord englobant présidentielle et législatives sur la base d’un programme.
 
 
Mélenchon tente-t-il de sortir de son isolement à gauche? Lors du rassemblement de soutien au candidat à la mairie d’Argenteuil (Val-d’Oise), il a adressé une « offre fédérative » aux communistes, proposant une union aux élections présidentielle et législatives pour 2027, « parce que les deux iront ensemble ». Dans cette ville, les communistes locaux ont décidé, sans l’accord de leur fédération, de participer à une liste avec les insoumis.
 
 
S’adressant directement à Stéphane Peu, chef de file des députés GDR, présent dans la salle, mais qui n'est pas le secrétaire national du PCF, Mélenchon propose un « conseil du programme », pour mettre en commun les propositions. Il met également sur la table la création d’un « conseil politique de campagne », pour savoir comment la mener.
 
 
Selon l'Humanité, il veut préparer les législatives « pour avoir sur le terrain des députés loyaux ». « Si on gagne, on gouverne ensemble, si on perd, on s’oppose ensemble », prévient celui qui ne semble plus être prêt à un accord avec toutes les forces de gauche aux législatives, comme en 2022 et en 2024. et avec la certitude qu'il sera en position hégémonique pour faire la distribution des candidats-es.
 
 
Ainsi, Il menace les socialistes qui n’ont pas voté les motions de censure contre le gouvernement et prévient l’ensemble des forces de gauche : « Nous ne sommes pas du tout disposés à recommencer les amnisties générales du passé. ». Toujours des méthodes exécrables qui ne facilitent pas l'union. Mais peut être sont-elles voulues chez Mélenchon et les Insoumis ?
 
 
« Chaque chose en son temps »
 
 
Toujours selon l'Humanité, le dirigeant assure que, « ce qu’il faut, c’est faire un accord avec des gens loyaux qui respectent leur parole ». À l’Assemblée, insoumis et communistes, « dans 98 % des cas, on a voté ensemble », fait valoir Mélenchon. Sur les motions de censure, « nous avons tenu parole, nous les insoumis, les députés communistes (…) ont tenu parole » de s’opposer à la politique de Macron, souligne-t-il.
 
 
Le 29 novembre 2024, lors d’une conférence au siège du Parti Ouvrier Indépendant, alors qu’il se préparait à une destitution de Macron, Mélenchon avait déjà fait une « offre fédérative » à la gauche et aux écologistes, avec une candidature commune « sur la base d’un programme ». À l’époque, prenant acte des critiques contre lui, il plaçait hors de cette proposition « la droite du PS » et les communistes.
 
 
Pourquoi ce bougé de Mélenchon ?
 
 
Il y a le réel qui rejoint les rêveurs ! En effet, les quelques élections partielles récentes font la démonstration que la stratégie isolationniste et anti-unitaire ne payait pas avec des scores de 7% pour LFI, et se retournait contre eux car ils sont jugés comme les premiers responsables de la désunion à gauche et de l'élection des candidats de la droite en découlant.
 
 
La peur d'un terrible boomerang en mars aux municipales, et ensuite à la présidentielle et aux législatives, se serait donc emparé des insoumis et de leur chef ? Saisissant l'accord de la Seine Saint Denis Mélenchon tente donc de corriger le tir avec au moins les communistes alors que les Verts sont écartés, ayant choisi de participer à une primaire pour 2027. « Nous ne menaçons personne, mais nous disons que nous serons présents à l’élection présidentielle avec une candidature qui n’aura été l’objet d’aucune dispute », a prévenu Mélenchon.
 
 
Peut-être aussi vise t-il à peser sur les communistes à quelques mois de leur congrès où la question de la Présidentielle et des législatives sera à l'ordre du jour ? Espère t-il que les communistes se prononceront pour Mélenchon comme candidature unique de la gauche radicale, sans passer par une primaire à gauche dévolue à la social démocratie?
 
 
Les communistes débattront de leur rôle et de leurs choix pour la présidentielle en congrès, en juillet, une fois les municipales passées.
 
 
« Chaque chose en son temps. Notre préoccupation est de répondre aux attentes de nos concitoyens lors des municipales et d’être présents dans les luttes avec les salariés », réagit Pierre Lacaze responsable aux élections du PCF qui rajoute : « Jean-Luc Mélenchon fédérateur ? Personne n’y croit ». Il relève aussi un problème de « timing » : il « présente des listes contre de nombreux maires communistes ou de gauche. C’est un grand écart impossible ».
 

 

S'aligner derrière Mélenchon ?

 

Les communistes connaissent ce scénario traumatisant, c'est celui qu'ils ont vécu en 2012 et en 2017. En s’effaçant au profit de Mélenchon lors de ces deux derniers scrutins présidentiels, les communistes ont perdu en visibilité. C’est d’ailleurs sur cette base qu'en 20218 pour la première fois dans l’histoire de notre parti centenaire, le secrétaire national sortant, a été mis en minorité sur la base du texte alternatif "Pour un manifeste du parti communiste" qui dénonçait « l’effacement » du PCF sur la scène politique et pour les élections et adoptait les bases solides d'une reconstruction d'un parti révolutionnaire. Une orientation confirmée et enrichie lors du 39ème congrès.

 

Nos congrès ont remis en avant un souci d’ancrage spécifique dans les milieux populaires, avec un discours centré sur le monde du travail dans sa résistance aux forces du capital et la volonté de promouvoir des syndicalistes et des militants du mouvement social dans nos directions. Cette stratégie de retour aux fondamentaux prend du temps, nécessite actes de direction, formation des militants, innovation démocratique et nouvelles méthodes de direction et d'animation où le commun prend le pas sur l'individuel d'autant que la personnalisation et le poids des médias sont des obstacles confortés par la dynamique imposée par les élections et notamment la présidentielle. Rien tant au plan national qu'international ne peut donc entrainer une régression des 38ème et 39ème congrès ! Tout au contraire !

 

Rappelons-nous, en 2017, seule une faible majorité des adhérents communistes consultés (54 %) avait accordé leur soutien à la candidature de Mélenchon. Ce choix était pourtant soutenu par la direction du parti, malgré l’absence d’entente avec La France insoumise (LFI) sur le programme et les législatives suivantes, durant lesquelles les candidats du PCF durent souvent affronter ceux de LFI.

 

Aucun communiste ne souhaite revivre une telle situation de repli, d'effacement, d'abandon et de divisions !

 

Jean Chambon

 
 
 
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