31 mars : lutte à Kem Saint-Fons
Ce mardi 31 mars, des salariés de l'usine Kem One agissent devant l'usine de Saint-Fons. Des salariés inquiets notamment de la dette du groupe. La CGT-Chimie alerte sur l’avenir des quelque 1 300 salariés du fabricant de PVC répartis sur plusieurs sites chimiques en France.
Ce matin, les salariés grévistes ont installé un piquet de grève, devant l'entrée de l'usine Kem One, à Saint-Fons. Un mouvement de grève à l'appel de la CGT-Chimie qui s’inquiète pour l'emploi à Kem One, deuxième producteur européen de PVC. Devant le site, les entrées sont filtrées et à l'intérieur de l'usine, la production est à l'arrêt. Ce mouvement social concerne l'ensemble des sites du groupe en France.
Le syndicat CGT alerte sur la situation de Kem One rachetée il y a cinq ans par un fonds d'investissement américain.
"Aujourd'hui, on a deux combats à mener : les investissements pour la pérennité de nos entreprises, et le combat pour ne pas avoir un repreneur qui nous reprennent dans les mêmes conditions qu'Apollo (NB : en 2021)", a expliqué Didier Chaix, délégué syndical CGT Kem One devant le piquet de grève.
"Aujourd'hui, on a un actionnaire qui financiarise notre industrie et qui n'investit rien du tout", précise ce dernier. "On a des attentes, on ne veut pas de reprise par LBO (ou rachat par endettement), c'est ce qui a plongé Kem One dans cette situation. On veut quelqu'un qui soit là pour du moyen ou long terme, quelqu'un qui amène de l'argent, qui investisse dans l'outil de travail et qui ait une vision industrielle", détaille Didier Chaix.
Le secrétaire du syndicat CGT précise que le mouvement est "préventif" : "Aujourd'hui, on préfère faire des grèves préventives. On ne veut pas attendre que la foudre nous tombe sur la tête avec des plans anti-sociaux (...) On bouge et on est dans l'action pour défendre nos emplois. Si Apollo veut partir qu'il s'en aille (...) mais qu'on ait un repreneur qui puisse investir durablement dans notre entreprise".
Maintenir l'outil de travail
Didier Chaix déplore le manque d'investissement de ces dernières années sur le site lyonnais. "Il faut que notre outil de travail soit en état et puisse produire dans de bonnes conditions. Aujourd'hui, à Saint-Fons, ça fait trop longtemps qu'il y a un sous-investissement dans notre outil de travail et on a une capacité de production qui se réduit. Aujourd'hui, la chimie française et européenne souffre mais nous devons être prêts au redémarrage de l'activité".
Les salariés avaient déjà agi le 18 décembre 2025, "pour demander des investissements pour notre usine. Là le mouvement s'est étendu à tout Kem One, dans toute la France pour défendre l'investissement et l'emploi", résume le secrétaire CGT du CSE Kem One. Le groupe chimique reste rentable, mais l'outil de production réclame des investissements, pour moderniser les usines et relever les normes de sécurité des sites classés Seveso. "On alerte en disant qu'il faut investir, pour développer l'outil et le maintenir dans de bonnes conditions de travail et de sécurité", ajoute-t-il. "À Saint-Fons, l'usine Kem One a 173 ans. Ça fait 173 ans qu'on résiste et on a bien envie de résister encore longtemps", conclut-il.
Désengagement, endettement
Les syndicats estiment que le fonds d'investissement américain Apollo Global Management, propriétaire de Kem One cherche à se désengager. "Depuis plusieurs mois, le fonds d'investissement Apollo, unique propriétaire de Kem One, cherche à se désengager après avoir profondément dégradé la situation financière de l'entreprise", assurait la fédération CGT de la Chimie dans une lettre ouverte adressée au président Macron et cosignée avec le syndicat CGT du groupe.
Si les signataires du courrier ont évoqué des niveaux d’investissement jugés insuffisants dans les usines, ils ont également pointé du doigt une dette galopante. Un endettement qui a atteint près de 700 millions d'euros. La CGT reproche notamment au propriétaire du groupe chimique un recours massif au LBO, une opération faisant peser le poids du rachat sur les revenus à venir de l'entreprise et des "choix purement financiers".
Le fonds d’investissement américain Apollo Global Management avait racheté Kem One fin 2021 à l’industriel Alain de Krassny. Apollo Global Management, géant mondial du capital-investissement, est présent dans de nombreux secteurs et fait régulièrement des incursions dans l'industrie. Lors de la reprise, la CGT avait manifesté son inquiétude craignant un "coup" financier de court ou moyen terme. L'usine de Saint-Fons emploie 260 personnes, et le groupe compte 1300 salariés.
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