Téhéran doute des réelles intentions diplomatiques de Trump
Après un mois de bombardements sur l’Iran, le président Trump promet à Téhéran des négociations au Pakistan en vue d’un cessez-le-feu ou l'enfer. Comment sortir d'un bourbier dans lequel Trump s'est mis lui-même sous la pression de Netanyahou ? Telle est la question qui lui est posée après un mois de guerre illégale face à Etat iranien toujours debout, qui se défend bacs et ongles en utilisant les moyens qu'il possède. Alors Trump avance l'idée d'un plan de négociations en 15 points. Mais on se souvient que les deux dernières initiatives de ce type, de Trump se sont soldées par des attaques contre la République islamique en juin et en février. Vraiment de quoi douter surtout quand il annonce la venue dans le Golfe persique de 3000 G.I. Certainement pas pour enfiler des perles !
Le président des États-Unis est-il réellement prêt à un accord avec l’Iran ? Trump assure depuis lundi que des discussions ont lieu pour mettre un terme au conflit avec la République islamique. Téhéran a jusqu’à présent démenti.
Selon plusieurs médias états-uniens et israéliens, Washington aurait soumis via le Pakistan un plan de paix en 15 points à Téhéran. Comme en juin et en février, lors des pourparlers américano-iraniens, les mêmes sujets de négociation demeurent : le programme nucléaire iranien, son enrichissement, le soutien aux alliés régionaux. La nouveauté de ce plan concerne la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation.
L’obstacle israélien
L’Iran a publiquement démenti les propos de Trump sur des discussions en cours. Mais Trump insiste : « Nous sommes en négociation en ce moment », précisant que son émissaire, Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président, J. D. Vance, et le chef de la diplomatie, Marco Rubio, participaient à ces discussions.
Selon la presse israélienne, Netanyahou ne veut pas un tel compromis qui limiterait la capacité d’Israël à bombarder l’Iran. Tel-Aviv n’a jamais caché son opposition a tout accord entre Washington et Téhéran, car l’exécutif israélien a besoin de l’Iran comme menace existentielle et justifier l'économie de guerre qu'il impose à son peuple. « Avant le 28 février, la diplomatie avait permis de régler la question du nucléaire, même chose pour les proxys et il restait à négocier sur les missiles », rappelle Bernard Hourcade, directeur de recherche émérite au CNRS.
Selon Axios, les responsables iraniens ont indiqué « aux pays médiateurs (le Pakistan, l’Égypte et la Turquie) que les mouvements militaires américains » et le déploiement d’importants renforts de troupes « ont renforcé leur soupçon que sa proposition de pourparlers de paix n’était qu’une ruse ». Car l’administration iranienne a rappelé avoir été trompée « à deux reprises par le président Trump ».
En parallèle, Washington continue d’étudier une intervention terrestre. L’armée va déployer dans la région 3 000 parachutistes de la 82e division aéroportée alors que des nouveaux navires de guerre doivent rejoindre la zone.
Dans ce contexte, les autorités iraniennes auraient refusé le plan états-unien et posé des conditions préalables aux négociations : la fin des assassinats, des garanties concrètes empêchant la reprise de la guerre, la fin des attaques contre « les groupes de résistance » au Moyen-Orient, le versement de dommages, la reconnaissance de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz et la poursuite du programme de développement de missiles.
Trump prêt à “déchainer l’enfer”
Dans un geste d’ouverture, Téhéran a déclaré que les « navires non hostiles » pouvaient emprunter le détroit d’Ormuz. Le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, ancien commandant des gardiens de la révolution durant la guerre Iran-Irak a averti que les troupes américaines ne devaient pas « mettre notre détermination à l’épreuve ». Cette figure parmi les radicaux ressort après la mort de Ali Larijani comme capable de parvenir à un accord avec Washington.
Une issue diplomatique possible confirmée par le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Je pense qu’il pourrait y avoir des pourparlers ce week-end à Islamabad », a déclaré Rafael Grossi, sans donner plus de détails mais évoquant des discussions sur les missiles et « les garanties de sécurité » pour l’Iran.
Devant le refus de Téhéran de négocier sur le plan en 15 points, la porte-parole de la Maison-Blanche a adressé une forme d’ultimatum, mercredi, aux autorités iraniennes. Karoline Leavitt, a menacé si l’Iran « ne comprend pas qu’il a été vaincu militairement (…), le président Trump veillera à ce qu’il soit frappé plus durement » et à « déchaîner l’enfer ».
Pour l'instant à la vue des bombardements sur Israël qui font des dégâts considérables et de la position de force de l'armée iranienne dans le détroit d'Ormuz, cette porte-parole semble prendre ses désirs pour des réalités !
Sources : Humanité et Axios
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