40éme congrès du PCF. Intervention de Jean Marc Durand au CN du PCF des 28 et 29 mars

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

40éme congrès du PCF. Intervention de Jean Marc Durand au CN du PCF des 28 et 29 mars

 

  1. Bilan des Municipales

 

Je vais commencer mon intervention par la situation dans mon département. Dans la Drôme, l’abstention est importante, elle ressort même un point supérieur au niveau national.

 

Un fait à souligner : le RN ne conquiert aucune mairie pourtant il dispose de deux députés sur 4 dans le département. Il est vrai que certaines listes de droite avaient une telle porosité avec l’extrême-droite que ceci explique sans doute cela.

 

LFI plafonne à 12% et s’est présentée dans toutes les grandes villes de façon autonome refusant au premier tour le rassemblement avec les autres composantes de la gauche et donc les listes d’union. Au final, cela n’a pas changé la donne politique du département. A signaler que le score de LFI s’affaiblit rapidement dans les plus petites villes jusqu’à disparaître dans les communes rurales.

 

Le PS reste dans un étiage bas même s’il gagne deux villes Crest et St Rambert d’Albon (inférieures à 9000 habitants). Les Ecologistes ne progressent pas, ils perdent même une ville, Die.

 

Quant à nous, nous ressortons avec un nombre d’élu.e.s identique à celui de la précédente mandature, sans doute avec plus d’impliqués dans les Comcom ou Agglo et avec un renouvellement des candidat.e.s.

 

La déception vient de Portes les Valence où nous pouvions nourrir de vrais espoirs mais la droite répartie en deux listes réalise les 2 tiers des voix. Aux législatives de 2024, le RN passait les 50% sur cette ville.

 

On peut dire que la droitisation du département est confirmée par ce vote, l’élection de N Daragon à Valence avec 58% au premier tour alors qu’il avait 5 listes face à lui dont une RN, en est un reflet caractéristique.

 

Sur le fond, on constate dans le département un certain désintérêt des populations pour cette élection alors qu’elle était bien fréquentée auparavant. Le départ tardif du débat sur les projets y est sans doute pour quelque chose. Tout comme les réformes successives : Comcom, Agglo, Metro en éloignant les lieux de prise de décisions ont contribué à distendre les liens elu.e.s / citoyens et citoyennes.

 

De même que les politiques budgétaires conduites sous le sceau de l’austérité, dépossédant les élus de leur pouvoir de décision et réduisant leurs marges de manœuvre pour répondre aux besoins urgents (non programmés) participent à rendre inutile le rôle de l’élu local aux yeux des catégories d’électrices et d’électeurs les plus défavorisés.

 

C’est pourquoi lorsqu’on parle de « campagne des municipales nationaliser », il faut s’accorder sur le sens que l’on donne à ces mots. Car oui il n’y a sans doute jamais eu un lien aussi étroit entre choix politiques nationaux et mise en œuvre des politiques locales, et même entre orientations budgétaires, monétaires et territoriales européennes et le contenu des politiques budgétaires et d’aménagement territorial dans les localités. L’élu local n’est pas un magicien !

 

Pour conclure je dirai qu’au plan national, le parti tient son rang lors de cette élection et qu’il résiste bien. A tout le parti de savoir capitaliser politiquement sur cette base pour développer depuis le local une politique audacieuse donnant à voir une vraie possibilité de changement et de rassemblement à partir d’une radicalité de contenu et de projet déjouant le piège des deux gauches irréconciliables contre la droite et l’extrême-droite.

 

  1. Débat sur le projet de base commune.

 

Quelques mots sur le projet de texte de base commune. Deux remarques préalables.

 

  • L’anormale contrainte de temps imposée aux communistes pour préparer ce congrès qui laisse une drôle d’impression entre travail bâclé et passage en force. A croire qu’on ignore le travail qu’il faut mener dans les sections et les fédérations lors d’un congrès si on veut que sa préparation ne soit pas l’apanage de quelques-uns disposant du temps et des moyens pour cela.

 

  • Il semble que le besoin de pousser le débat le plus loin possible soit également très sous-estimé. Pourtant, le niveau des enjeux posés l’exige. Que ce soit :

 

  • Au plan de la situation politique en France et dans le monde par rapport à des sujets comme la paix, le climat, l’économie, la monté des droites extrêmes,

  • En termes d’exigence de compréhension des transformations d’un système capitaliste à la recherche de nouveaux chemins de domination dont la montée des impérialismes comme le développement des guerres sont des manifestations.

 

Pour en venir au texte, je me limiterai au passage sur la République qui invite à la démocratiser parlant même de nouvelles institutions. Bien mais cela pour chuter sur quoi ? Sur le besoin d’un nouveau rôle du parlement ? Oui ce besoin existe.

 

Mais comment aborder cette question sans analyser l’énorme crise de la délégation et de la démocratie représentative avec la défiance populaire comme corollaire traduisant une crise de régime sans précédent. On ne peut prétendre régler cette question par une copie de la 6ème République mélenchoniste !

 

Alors que c’est précisément là que la novation communiste devrait prendre tout son sens et toute sa dimension fondée en cela sur les 38ème et 39ème congrès dont l’esprit et la lettre semblent avoir vite été oubliés.

 

Et cette novation, elles s’incarne dans des propositions précises de nouvelles institutions engageant un nouveau développement de la démocratie - qui n’est pas un simple supplément d’âme- constitutif d’un nouvelle République faisant des citoyennes et des citoyens de véritables actrices et acteurs des gestions, du local au national, de la cité à l’entreprise dans une nouvelle articulation avec la démocratie représentative.

 

Nous disposons du matériau pour le faire. Des conférences permanentes pour l’emploi et la transformation écologique des productions en passant par le Cesel, de nouveaux droits et pouvoirs d’intervention des salariés à l’entreprise permettant d’imposer d’autres critères de gestion, par les fonds régionaux jusqu’au fonds européen pour les services publics.

 

L’absence de telles propositions rend ce texte inopérant pour répondre aux défis de la période et incarner le renouveau du PCF dont le pays a tant besoin.

 

 

 

 

 

Publié dans 40ème congrès, PCF

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