Jeunes morts au travail : ce ne sont pas des accidents !
Initiative du 28 avril place Béraudier à Lyon
Quatre jeunes sont morts au travail en moins d’une semaine, les communistes, demandent l’interdiction des tâches sur des machines dangereuses pour les mineurs et des protections renforcées sur les machines et équipements à risques, la remise en place des CHSCT-E aux pouvoirs renforcés pour protéger la santé et la vie des salariés quelque soit le statut ou le contrat de travail (CDI, CDD, intérimaires, stagiaires etc).
C’est avec une profonde tristesse et une colère immense que nous avons appris cette semaine la mort de Calvin, 15 ans, stagiaire de seconde, décédé à Bagnols-sur-Cèze, sur son lieu de stage, après avoir perdu le contrôle d’un chariot élévateur. En moins d’une semaine, quatre jeunes sont morts sur leur lieu de travail, de stage ou d’apprentissage. Ils avaient entre 15 et 25 ans, provenaient d’horizons divers, mais d’une même classe sociale.
- Lycéen professionnel, décédé lors de son stage sur un chantier.
- Ouvrier intérimaire dans l'usine Lustucru de Saint Genis Laval, happé par un laminoir.
- Chauffeur laitier, tué dans un accident de la route lors d’une livraison.
- Apprentie de 20 ans, retrouvée en arrêt cardio-respiratoire à bord du véhicule de sa société.
A leurs familles, à leurs proches, à leurs camarades, nous adressons notre soutien, notre solidarité et des pensées fraternelles.
Alors que certains s’efforcent de faire l’apologie du «travail volontaire» à l’approche du 1er Mai, ces tragédies se multiplient et font rarement la une des actualités. En moins de huit mois, douze jeunes au moins, dont quatre mineurs, ont perdu la vie sur leur lieu de travail. Cette réalité est d’autant plus inacceptable qu’elle est socialement définie.
Les victimes de ces drames sont pour beaucoup issues des filières professionnelles, elles-mêmes occupées très largement par les classes populaires. Ce sont des fils d’ouvrier·es et d’employé·es, des jeunes qui n’ont pas d’autres choix que de concéder à des conditions de travail dangereuses, livrés à des logiques de rentabilité qui priment sur leur sécurité.
Toujours plus tôt
Ces accidents ne sont pas des faits divers : ils vont de pair avec la précarisation des emplois, le démantèlement des formations, la casse des droits des apprentis et la généralisation des expériences de travail dès le plus jeune âge, même mineur.
Depuis 10 ans, Emmanuel Macron n’a eu de cesse de multiplier les réformes pour faire entrer toujours plus tôt les jeunes dans le monde du travail, sans aucune garantie de formation, d’encadrement et de sécurité : précarisation de l’apprentissage, mise en place de stages - peu ou pas encadrés - dès la seconde, remplacement du temps en atelier par du travail à peine déguisé en entreprise.
Les réformes du lycée professionnel ont largement aggravé cette logique. Nicolas Sarkozy avait déjà amputé d’une année entière la scolarité des jeunes en baccalauréat professionnel, affaiblissant durablement l’enseignement professionnel et privant des centaines de milliers de jeunes de près de 400 heures d’enseignements. A sa suite, Emmanuel Macron a supprimé plus de 170 heures de cours sur les trois années restantes.
En transformant ces filières en vivier de main-d’œuvre peu chère et disponible, ils ont sacrifié la vocation émancipatrice des lycées professionnels.
Notre pays n’a donc rien d’autre à proposer à sa jeunesse qu’une réduction continue de leur formation, la promesse d’une exploitation toujours plus grande et la perspective d'une usure prématurée de la santé physique et psychique, et voire d’une mort précoce au travail ?
Société aveuglée par le profit
Les communistes interpellent le ministre du Travail et des Solidarités, et de l’Education nationale. Des mesures urgentes doivent être prises pour que cesse cette hécatombe.
- Ils demandent la suppression des stages obligatoires en seconde lorsqu’ils ne sont pas strictement encadrés et formateurs.
- Ils exigent un renforcement massif de l’Inspection du travail et de l’Education nationale et des moyens de contrôle dans les entreprises et les centres de formation d’apprentis.
- Ils demandent l’interdiction effective des tâches sur des machines dangereuses et du travail en hauteur pour les mineurs et une responsabilité pénale renforcée des employeurs en cas de manquement.
- Ils demandent le remise en place des Comités d'Hygiène et de conditions de Travail et environnemental (CHSCT-E) dans les entreprises de plus de 50 salariés avec des pouvoirs renforcés afin de protéger la santé et la vie des salariés avec le droit d'évaluation des risques tant physiques que psychosociaux par des experts indépendant choisis par le CHSCT-E et le CSE.
- Ils demandent la modification du décret du 17 avril 2015, (de François Rebsamen) afin que pour un jeune de moins de 25 ans affecté à des travaux dangereux, l’inspection du travail réalise un contrôle préalable afin de s’assurer de leur conformité, avant une éventuelle autorisation.
Plus largement, il est urgent de redonner au lycée professionnel sa vocation première : former, protéger, émanciper. Ce qui se joue ici n’est pas une série de drames. C’est le visage d’une société aveuglée par le profit et la rentabilité à tous crins, qui accepte que ses enfants, même mineurs, soient exposés aux dangers du travail, livrés à des logiques patronales qui broient des vies. Ils avaient 15 ans, 20 ans, 25 ans. A leurs familles, il ne reste aujourd’hui que le silence et l’absence.
La mort de ces jeunes met chacun face à ses responsabilités. Le gouvernement, les employeurs, la nation tout entière ne peuvent s’y soustraire.
Protégeons notre jeunesse. C’est un devoir absolu. Il en va de notre destin commun.
Sources : PCF - Syndicats
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