La diplomatie pas la guerre ! Par Francis Wurtz

Publié le par Les communistes de Pierre Bénite

La diplomatie pas la guerre ! Par Francis Wurtz
 
 
En rompant, au bout d’une seule journée, des discussions aussi cruciales que celles réunissant Américains et Iraniens pour mettre durablement fin à la guerre et à 47 années d’hostilité, Donald Trump et son équipe ont confirmé qu’à leurs yeux, "négociations" signifie "capitulation" de l’adversaire. Et vite, car l’homme à la tête de "l’armée la plus puissante du monde" est pressé.
 
 
Pourtant, le bilan de la guerre qu’il a déclenchée avec son allié israélien, le 28 février dernier -en pleines négociations, déjà, avec l’Iran…- devrait relativiser ses certitudes. Les résultats obtenus concernant les trois objectifs prioritaires aux yeux des assaillants sont, à cet égard, parlants.
 
  • Le 1er de ces objectifs fut la chute du régime iranien. Benjamin Netanyahou l'a clairement revendiqué : c'est son obsession depuis toujours. Donald Trump s'en défend aujourd'hui, mais l'assassinat du « guide suprême » et de ses proches, dont il s'est vanté, n'avait pas d'autre finalité. Résultat : non seulement les deux armadas n'ont pas réussi à faire tomber le régime, mais elles ont permis à son aile la plus radicale -les « gardiens de la révolution islamique »- de prendre la main. Pire, le pouvoir, majoritairement honni par son peuple, a pu jouer sur le sentiment national de la population face au déluge de feu subi, aux destructions des infrastructures civiles et aux menaces 
 
  • Un autre objectif majeur de Washington comme de Tel-Aviv était d'empêcher Téhéran d'accéder à l'arme nucléaire. Un objectif légitime, mais là encore, la guerre n’a rien réglé. Rappelons une fois de plus que la renonciation de l'Iran à "la bombe" était, quant à elle, réalisée en 2015, à l'issue de longues négociations internationales : l’ "Accord de Vienne" du 14 juillet 2015 fut approuvé -à l'unanimité- par le Conseil de sécurité de l'ONU, à la grande satisfaction de l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA), qui avait pu vérifier sur place le strict respect des engagements pris par Téhéran (signataire du Traité de non prolifération nucléaire, contrairement à Israël). 
 
Mais l’acquis diplomatique historique que représenta cet accord fut torpillé par Trump dès son arrivée au pouvoir en 2018, ce qui eut pour conséquences la reprise, par l'Iran, de l'enrichissement de l'uranium au-delà des limites (à usage civil) autorisées. Deuxième régression. 
 
 
  • La 3ème exigence impérative de Washington est l' "ouverture du détroit d'Ormuz". Pour l'obtenir de force, Trump alla jusqu'à menacer d'anéantir "une civilisation entière".  Sans résultat. 
 
Désormais, tandis que Téhéran déclare que le détroit est" ouvert aux navires civils", Trump recourt au blocus du détroit -un acte de guerre à haut risque !- pour tenter d'obtenir, dans le meilleur des cas...ce qui existait depuis toujours jusqu'au déclenchement de sa guerre, le 28 février dernier. Troisième régression.
 
 
La même leçon vaut pour le Liban où le criminel de guerre présumé de Tel-Aviv mène une guerre "barbare" (pour reprendre le qualificatif très approprié du Président de ce pays-martyr) : le sang versé et les humiliations ne vont pas « éradiquer » le Hezbollah, mais le renforcer.
 
 
Et maintenant ?  Verra-t-on finalement le retour à de vraies négociations (avec de vrais négociateurs américains, pas un agent immobilier et un gendre du Président) et le temps nécessaire ? Sinon, dans quelle dramatique impasse la nouvelle épreuve de force de Trump va-t-elle conduire le monde ?
 
 
La raison commande un choix clair : la diplomatie, pas la guerre !"

Publié dans Moyen Orient, Iran, Trump

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